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GUINEE: CONAKRY le 07-07-2008La stratégie des partis politiques guinéens!
En décembre 1990, la Loi fondamentale fut proposée au peuple de Guinée. Par un référendum, ce même peuple l’adopta sans trop en savoir les raisons. Dans les villages les plus reculés de la capitale Conakry, les habitants, par manque d’information (ce fut une stratégie du pouvoir militaire de se sauver la face…) ont cru que ce vote du dimanche, 24 décembre était un scrutin pour confirmer ou infirmer le régime du Général Lansana Conté. C’est ainsi que les populations votèrent massivement cette loi dite << La Loi fondamentale>>. 

Dans mon village Soulouta où je me trouvais pour les congés de Noël, je fus l’un des rares sinon le seul à voter <<Non>>. Motif invoqué, je ne suis pas informé du contenu de cette Loi. Après avoir voté non, mon ami et complice du lycée Joachim Loua craignait pour ma sécurité. Il me disait alors ceci :<< mon cher, tu es le seul qui a voté non…si le sous-préfet se rend compte, tu risques d’avoir des problèmes>>.  En réponse, je lui disais :<<  en tant qu’élève de la 11ème année Sciences sociales, j’ai le droit de voter oui ou non pour cette loi dont le contenu m’échappe. Ici au village, les parents ont voté en disant président Conté vous avez mis fin à nos souffrances. Grâce à vous, nous ne payons plus de normes à l’Etat. Nous vous soutenons contre vos opposants. >>   

Au décompte final, le peuple de Guinée adopta massivement la Loi fondamentale qui devint une sorte de bible pour la république. Hommes politiques et simples citoyens s’y réfèrent. D’où la création sur le terrain des partis politiques. Parmi eux, l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) de l’honorable Jean Marie Doré, le Rassemblement du Peuple de Guinée de l’honorable Alpha Condé, Dyama de l’homme d’affaires Mansour Kaba, le Parti du Regroupement national (PRN) de Mariam Béavogui, ministre de la Santé et de l’hygiène publique, le Parti démocratique de Guinée (PDG) du nostalgique El Hadj Oumar Ghussein, l’Union pour la Nouvelle République du doyen des opposants  Bah Mamadou Bhoye. Ce parti a disparu sur

 la scène politique pour laisser place à UFDG l’Union des Forces Démocratiques de Guinée. En fait l’UNR, après avoir affronté sans succès le régime Conté et après que son leader ait connu les affres de la prison en mars 1998, s’est métamorphosée donnant une fraîche naissance à l’UFDG que pilote l’ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo en quête de popularité.  

Dans le souci de combler un vide et surtout cicatriser les plaies causées par le régime dictatorial de Sékou Touré pendant 26 ans, des cadres guinéens, toute tendance confondue, se retrouvèrent à Mamou, en Moyenne Guinée, pour créer le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP). Il sera dirigé par El Hadj Biro Diallo qui sera  élu en 1995 premier président de l’Assemblée nationale.  

Dans la foulée, La Cause Commune (LCC) du jeune  Facinet Sankhon est  crée. Viendront s’ajouter à cette liste, beaucoup d’autres partis tels que l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Bakary Goyo Zoumanigui, ancien maire de Macenta, Parti du Renouveau et du Progrès (PRP) de feu Siradiou Diallo. Ce parti a connu aussi des mutations et des soubresauts graves. Après avoir trébuché deux fois aux élections présidentielles de 1993 et 1998, son leader d’alors décida de le rebaptiser Union pour le Progrès de la Guinée (UPR) etc… 

 Si dans l’ensemble, l’objectif de ces partis reste et demeure la conquête du pouvoir, il faut cependant noter que chacun d’eux a développé et continue à développer sa stratégie pour détrôner tôt ou tard, le PUP, le parti présidentiel.  

Voyons le cas de l’UPG.  En 1993, Jean Marie Doré, leader de ce parti centriste guinéen faisait son entrée politique à Donka, siège de son parti. Devant un parterre d’étudiants, d’hommes et de femmes de tous bords, cet homme exposa son projet de société. La jeunesse et beaucoup d’intellectuels voyaient en lui, l’homme qu’il faut pour la Guinée. Conscient et fort du soutien de ses militants, le patron de l’UPG  se présenta aux présidentielles de 1993 et de 1998 que le PUP a toujours gagnées. Ces victoires ont souvent été renforcées par des coups de canons tirés nuitamment dans les grandes villes du pays surtout dans la capitale Conakry. Mais le combat politique ne s’arrête pas seulement aux élections présidentielles. C’est pourquoi, Jean Marie Doré s’est retrouvé à l’Assemblée nationale comme député mandaté par l’Etat major de son parti. C’est justement à l’hémicycle que l’ancien fonctionnaire  du BIT (Bureau international du travail) s’est affirmé que dire, c’est à ce niveau qu’il a montré son gabarit de grand dirigeant politique soucieux du devenir de sa nation et de la vie des citoyens qui la composent.  

En 1995, alors que les travaux de l’Assemblée nationale étaient suivis en direct pour la première fois à la radio et à la télévision d’Etat, Jean Marie Doré s’était penché sur les conditions de vie misérables des militaires dans les garnisons. Mal payés, mal nourris, mal logés, les soldats guinéens étaient, en quelle que sorte, devenus  des lassés pour compte. Ceux qui avaient même combattu au Liberia et en Sierra Leone ne parvenaient  pas à recevoir correctement leur prime. Il a fallu le leader de l’UPG pour percer l’abcès.  

En 1996, les militaires du camp Alpha Yaya se mutinèrent. La suite, on la connaît. En Guinée, certains politiques ont vite fait d’indexer le député Doré comme étant le « présumé coupable » des troubles. Sans renoncer à sa vocation de grand leader, Jean Marie dénonça le manque des infrastructures à l’intérieur du pays. Le manque d’écoles, d’hôpitaux, est aussi dénoncé avec véhémence. Aujourd’hui, les résultats sont visibles sur le terrain : le pont sur le fleuve Diani a été construit, le tronçon routier qui relie Sérédou à N’Zérékoré a été bitumé. Le Pont sur la Fatala à Boffa a été construit de même que la route qui relie la Guinée au Mali à partir de Kankan. A Conakry, le CHU Donka a été agrandi et rénové.   

Aujourd’hui, l’UPG offre à la Guinée deux talentueux ministres connus pour leur rigueur : Papa Koly Kourouma qui a longtemps travaillé à la compagnie aérienne panafricaine ‘’Air Afrique’’,  occupe le poste de ministre  du Développement durable et de l’Environnement. Ce  brillant jeune sorti de l’université guinéenne, est aussi connu dans le domaine du showbiz. La plupart des artistes guinéens ont bénéficié de son soutien à travers l’agence de production Magic Production qu’il a mise sur pieds. A côté de cela, il faut noter son agence de voyages ‘’Maa Gbokou International’’. Il a aussi investi dans la presse. Il fut le bailleur de fonds du journal ‘’Top Info’’ dont la direction de publication était assurée par ma modeste personne.  Sa résidence dorée de Sangoyah au bord de la mer est une preuve suffisante de son dévouement pour la nation. Aly Gilbert Iffono, professeur émérite et homme de culture, il fut longtemps professeur d’histoire à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’université de Conakry avant de devenir en 1993, Directeur du premier cycle. M. Iffono est ministre de la culture :<< l’homme qu’il faut à la place qu’il faut !>> dit l’adage. 

 C’est donc un véritable don que l’UPG a offert au gouvernement du premier ministre Ahmed Souaré pour sortir la Guinée de la misère.

 Cette stratégie de l’UPG qui accepte la politique de la main tendue pour participer au développement de la nation,  a fait tâche d’huile en Afrique. Notamment au Sénégal où  Me Abdoulaye Wade du PDS avait accepté le poste de ministre d’Etat sous le règne du président Abdou Diouf du PS. Depuis l’an 2000, Abdoulaye Wade et son parti sont au pouvoir dans le pays de la Téranga. Au Kenya, le charismatique opposant Raila Odinga, leader du parti Orange, est le premier ministre actuel sous la présidence de Moi Kibaki. 

 Ailleurs dans le monde, Vladmir Poutine a quitté le Kremlin pour devenir premier ministre du nouveau président Dimitri Medvedev. Il faut bien servir son pays. 

  En Guinée, il faut tenter l’expérience. L’UPG, l’UPR, le PRN et les autres ont donné le ton. L’enseignement que l’on tire c’est que, pour combattre une dictature, il vaut mieux être à ses côtés.

Georges Léonard SAGNO

   

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