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En décembre 1990, la Loi fondamentale fut proposée au peuple de
Guinée. Par un référendum, ce même peuple l’adopta sans trop en
savoir les raisons. Dans les villages les plus reculés de la
capitale Conakry, les habitants, par manque d’information (ce
fut une stratégie du pouvoir militaire de se sauver la face…)
ont cru que ce vote du dimanche, 24 décembre était un scrutin
pour confirmer ou infirmer le régime du Général Lansana Conté.
C’est ainsi que les populations votèrent massivement cette loi
dite << La Loi fondamentale>>.
Dans mon village Soulouta où je me trouvais pour les congés de
Noël, je fus l’un des rares sinon le seul à voter <<Non>>. Motif
invoqué, je ne suis pas informé du contenu de cette Loi. Après
avoir voté non, mon ami et complice du lycée Joachim Loua
craignait pour ma sécurité. Il me disait alors ceci :<< mon
cher, tu es le seul qui a voté non…si le sous-préfet se rend
compte, tu risques d’avoir des problèmes>>. En réponse, je lui
disais :<< en tant qu’élève de la 11ème année Sciences
sociales, j’ai le droit de voter oui ou non pour cette loi dont
le contenu m’échappe. Ici au village, les parents ont voté en
disant président Conté vous avez mis fin à nos souffrances.
Grâce à vous, nous ne payons plus de normes à l’Etat. Nous vous
soutenons contre vos opposants. >>
Au décompte final, le peuple de Guinée adopta massivement la Loi
fondamentale qui devint une sorte de bible pour la république.
Hommes politiques et simples citoyens s’y réfèrent. D’où la
création sur le terrain des partis politiques. Parmi eux,
l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) de l’honorable Jean
Marie Doré, le Rassemblement du Peuple de Guinée de l’honorable
Alpha Condé, Dyama de l’homme d’affaires Mansour Kaba, le Parti
du Regroupement national (PRN) de Mariam Béavogui, ministre de
la Santé et de l’hygiène publique, le Parti démocratique de
Guinée (PDG) du nostalgique El Hadj Oumar Ghussein, l’Union pour
la Nouvelle République du doyen des opposants Bah Mamadou Bhoye.
Ce parti a disparu sur |
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la scène politique pour laisser place à UFDG l’Union des Forces Démocratiques de Guinée. En fait l’UNR,
après avoir affronté sans succès le régime Conté et après que
son leader ait connu les affres de la prison en mars 1998, s’est
métamorphosée donnant une fraîche naissance à l’UFDG que pilote
l’ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo en quête de
popularité.
Dans le souci de combler un vide et surtout cicatriser les
plaies causées par le régime dictatorial de Sékou Touré pendant
26 ans, des cadres guinéens, toute tendance confondue, se
retrouvèrent à Mamou, en Moyenne Guinée, pour créer le Parti de
l’Unité et du Progrès (PUP). Il sera dirigé par El Hadj Biro
Diallo qui sera élu en 1995 premier président de l’Assemblée
nationale.
Dans la foulée, La Cause Commune (LCC) du jeune Facinet Sankhon
est crée. Viendront s’ajouter à cette liste, beaucoup d’autres
partis tels que l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Bakary
Goyo Zoumanigui, ancien maire de Macenta, Parti du Renouveau et
du Progrès (PRP) de feu Siradiou Diallo. Ce parti a connu aussi
des mutations et des soubresauts graves. Après avoir trébuché
deux fois aux élections présidentielles de 1993 et 1998, son
leader d’alors décida de le rebaptiser Union pour le Progrès de
la Guinée (UPR) etc…
Si dans l’ensemble, l’objectif de ces partis reste et demeure
la conquête du pouvoir, il faut cependant noter que chacun d’eux
a développé et continue à développer sa stratégie pour détrôner
tôt ou tard, le PUP, le parti présidentiel.
Voyons le cas de l’UPG. En 1993, Jean Marie Doré, leader de ce
parti centriste guinéen faisait son entrée politique à Donka,
siège de son parti. Devant un parterre d’étudiants, d’hommes et
de femmes de tous bords, cet homme exposa son projet de société.
La jeunesse et beaucoup d’intellectuels voyaient en lui, l’homme
qu’il faut pour la Guinée. Conscient et fort du soutien de ses
militants, le patron de l’UPG se présenta aux présidentielles
de 1993 et de 1998 que le PUP a toujours gagnées. Ces victoires
ont souvent été renforcées par des coups de canons tirés
nuitamment dans les grandes villes du pays surtout dans la
capitale Conakry. Mais le combat politique ne s’arrête pas
seulement aux élections présidentielles. C’est pourquoi, Jean
Marie Doré s’est retrouvé à l’Assemblée nationale comme député
mandaté par l’Etat major de son parti. C’est justement à
l’hémicycle que l’ancien fonctionnaire du BIT (Bureau
international du travail) s’est affirmé que dire, c’est à ce
niveau qu’il a montré son gabarit de grand dirigeant politique
soucieux du devenir de sa nation et de la vie des citoyens qui
la composent.
En 1995, alors que les travaux de l’Assemblée nationale étaient
suivis en direct pour la première fois à la radio et à la
télévision d’Etat, Jean Marie Doré s’était penché sur les
conditions de vie misérables des militaires dans les garnisons.
Mal payés, mal nourris, mal logés, les soldats guinéens étaient,
en quelle que sorte, devenus des lassés pour compte. Ceux qui
avaient même combattu au Liberia et en Sierra Leone ne
parvenaient pas à recevoir correctement leur prime. Il a fallu
le leader de l’UPG pour percer l’abcès.
En 1996, les militaires du camp Alpha Yaya se mutinèrent. La
suite, on la connaît. En Guinée, certains politiques ont vite
fait d’indexer le député Doré comme étant le « présumé
coupable » des troubles. Sans renoncer à sa vocation de grand
leader, Jean Marie dénonça le manque des infrastructures à
l’intérieur du pays. Le manque d’écoles, d’hôpitaux, est aussi
dénoncé avec véhémence. Aujourd’hui, les résultats sont visibles
sur le terrain : le pont sur le fleuve Diani a été construit, le
tronçon routier qui relie Sérédou à N’Zérékoré a été bitumé. Le
Pont sur la Fatala à Boffa a été construit de même que la route
qui relie la Guinée au Mali à partir de Kankan. A Conakry, le
CHU Donka a été agrandi et rénové.
Aujourd’hui, l’UPG offre à la Guinée deux talentueux ministres
connus pour leur rigueur : Papa Koly Kourouma qui a longtemps
travaillé à la compagnie aérienne panafricaine ‘’Air Afrique’’,
occupe le poste de ministre du Développement durable et de
l’Environnement. Ce brillant jeune sorti de l’université
guinéenne, est aussi connu dans le domaine du showbiz. La
plupart des artistes guinéens ont bénéficié de son soutien à
travers l’agence de production Magic Production qu’il a mise sur
pieds. A côté de cela, il faut noter son agence de voyages ‘’Maa Gbokou International’’. Il a aussi investi dans la presse. Il
fut le bailleur de fonds du journal ‘’Top Info’’ dont la
direction de publication était assurée par ma modeste personne.
Sa résidence dorée de Sangoyah au bord de la mer est une preuve
suffisante de son dévouement pour la nation. Aly Gilbert Iffono,
professeur émérite et homme de culture, il fut longtemps
professeur d’histoire à la Faculté des Lettres et Sciences
Humaines de l’université de Conakry avant de devenir en 1993,
Directeur du premier cycle. M. Iffono est ministre de la
culture :<< l’homme qu’il faut à la place qu’il faut !>> dit
l’adage.
C’est donc un véritable don que l’UPG a offert au gouvernement
du premier ministre Ahmed Souaré pour sortir la Guinée de la
misère.
Cette stratégie de l’UPG qui accepte la politique de la main
tendue pour participer au développement de la nation, a fait
tâche d’huile en Afrique. Notamment au Sénégal où Me Abdoulaye
Wade du PDS avait accepté le poste de ministre d’Etat sous le
règne du président Abdou Diouf du PS. Depuis l’an 2000,
Abdoulaye Wade et son parti sont au pouvoir dans le pays de la
Téranga. Au Kenya, le charismatique opposant Raila Odinga,
leader du parti Orange, est le premier ministre actuel sous la
présidence de Moi Kibaki.
Ailleurs dans le monde, Vladmir Poutine a quitté le Kremlin
pour devenir premier ministre du nouveau président Dimitri
Medvedev. Il faut bien servir son pays.
En Guinée, il faut tenter l’expérience. L’UPG, l’UPR, le PRN
et les autres ont donné le ton. L’enseignement que l’on tire
c’est que, pour combattre une dictature, il vaut mieux être à
ses côtés.
Georges Léonard SAGNO |