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EDITORIAL - JUILLET2008

 

 

   

Guinée : Le cas Sia Tolno!

La semaine qui finit aura été marquée par un grand événement culturel sans précédent  à Libreville, au Gabon. Dans ce petit pays d’Afrique centrale dont la relative prospérité économique attire les immigrants ouest africains, s’est tenue la première édition d’Africa Stars, podium culturel panafricain géré par des talents africains et occidentaux. Porté à la face du monde par les grands médias tels que la RFI, Africa numéro un…, cet événement a regroupé des artistes venus entre autres du Gabon, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée etc... Notre pays a été représenté par Sia Tolno alias Withney Houston. Son talent et sa prouesse l’ont emmenée à la phase finale. Mais à la surprise générale, Sia Tolno a perdu cette finale qui était pourtant à sa portée.

 Le déshonneur et la honte ne couvrent pas seulement  miss Sia, mais la nation guinéenne. En premier lieu, le gouvernement du premier ministre Souaré. Puisque son gouvernement a été constitué le 19 juin et l’événement a eu lieu le 28 du même mois, il devrait, à travers le ministère de la Culture,  saisir cette grosse opportunité pour faire son baptême de feu. Oui, en soutenant Sia Tolno qui aurait certainement gagné le trophée pour la Guinée, le tout nouveau ministre de la Culture M. Aly Gilbert Iffono aurait engrangé des points pour son département et amorcé un renouveau culturel. Mais hélas ! Sia a perdu et le pays aussi.

 Au-delà  de l’émotion, posons-nous la question pourquoi une telle défaite ? Pourquoi abandonner une star de la trempe de Sia Tolno polyglotte de surcroît (elle parle le kissié, le français, l’anglais….) sur la scène continentale ? Est-ce par dédain pour sa personne, son origine, son genre ou tout simplement par égoïsme ? Certains accusent  le manque d’électricité ou de battage médiatique, le coût onéreux de la communication, car il fallait ce 28 juin, appeler pour voter Sia Tolno. Soit !

La vérité est qu’il y a eu une négligence. Les membres du nouveau gouvernement ont préféré casser le champagne à Conakry au lieu de sauver l’honneur national. Appelons les choses par leurs noms. Ce fut une trahison ! La pilule est difficile à avaler. Mais c’est cela la réalité. On a pensé humilier Sia dont les déhanchements dérangent certains amoureux. Mais en clair, c’est un pays qui a été chanté, discrédité. Ce fut une insulte à la Guinée  et sa culture autrefois citée en exemple sur le continent. De retour au pays, Sia Tolno continuera sa carrière jusqu’à ce qu’un jour, des personnes de bonne volonté parviennent à l’aider. Bravo Sia !

Toujours en Afrique, les rideaux sont tombés sur le sommet de l’Union africaine à Sharmai Sheick, en Egypte. Cette kermesse a été dominée par les élections présidentielles au Zimbabwé où Gabriel Robert Mugabé règne sans partage depuis 1980, année de l’accession du pays à l’indépendance. Les dirigeants de l’UA ont appelé le dictateur de Hararé au partage du pouvoir. Mais, Mugabé dit n’avoir pas de leçons à recevoir de ses pairs. En dehors de ce dossier brûlant, il a été question du gouvernement de l’Union et du développement économique de l’Afrique.

Par ailleurs, aux USA, les américains ont soufflé la 232ème bougie sous fond de crise économique. Le 4 juillet de cette année n’a pas drainé beaucoup de monde à Washington, comme de par le passé. La cause du refus d’effectuer le traditionnel pèlerinage au pied du Monument de George Washington est simple : le dollar se fait rare dans les poches, le prix du carburant à la pompe est insupportable et la menace de nombreux licenciements dans les services, plane sur les têtes. Malgré tout, les USA ont fêté. Dans les familles, on s’est résumé au barbecue. Ceux qui avaient la possibilité de se déplacer, ont assisté à 21 heures locales, à l’explosion des feux d’artifices. Joyeux anniversaire Oncle Sam!

Terminons par la Colombie où les rebelles du FARC ont libéré une dizaine d’otages dont Engrid Betancourt. La sénatrice franco-colombienne, ancienne candidate aux élections présidentielles colombiennes a été faite prisonnière en 2002 par les rebelles. Après donc six ans de captivité et d’avilissement de toute sorte, Mme Betancourt a été libérée. Cette libération marque un tournant décisif dans les négociations entre le pouvoir de Bogota et les rebelles. La communauté internationale apprécie l’acte posé par les FARC et les incite davantage à l’élargissement du reste des détenus. Les FARC apprécieront !

   

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