Quelques jours après l’avènement du CNDD au
pouvoir en Guinée, nous avons cru bon de lui
apporter, de façon solennelle et splendide,
notre soutien indéfectible. Mardi, 23 décembre
2008 à 7h30 TU alors que la dépouille mortelle
du général président Lansana Conté était gardée
dans la chambre froide (…), un communiqué
laconique était lu sur les antennes de la radio
nationale guinéenne.
De par la voix inhabituelle du capitaine Moussa
Dadis Camara, les Guinéens apprennent la
dissolution de tout : Gouvernement et
Institutions républicaine (Assemblée nationale,
Cour suprême, Conseil national de la
communication et Conseil économique et social).
La Constitution quant à elle, est suspendue.
La Guinée se trouve alors à un tournant. Elle
fait face à deux hypothèses : La première et la
plus plausible est la volonté de changement et
la seconde- la moins chanceuse certes- est la
perpétuation de la dictature du despote
président qui vient de tirer sa révérence. Les
jeunes soldats, sous la clairvoyance du
capitaine qui était jusque-là inconnu du grand
public, multiplient les déclarations et
présentent le Conseil national pour la
démocratie et le développement (CNDD) au peuple
de Guinée.
Le lendemain, toute la Guinée salue dans la plus
grande allégresse la prise du pouvoir par le
jeune capitaine Moussa Dadis Camara, président
de la république, chef de l’Etat. Pour
matérialiser ce nouveau pouvoir très adulé, le
capitaine Moussa Dadis Camara, jeune officier
aux allures du révolutionnaire feu Thomas
Sankara alors président de la république du
Burkina Faso, improvise un bain de foule. Tout
Conakry sort pour l’acclamer. Ce fut l’apothéose
! Rappelez-vous la rentrée triomphale de Jésus à
Galilée !
Une semaine après le changement du régime sans
effusion de sang, les premiers actes posés par
le nouvel homme fort de Guinée sont
impressionnants et rassurants. Les vieux
généraux à la barbe blanche et aux cheveux
griffonnés (ils sont au nombre de vingt- et
deux) qui constituaient le socle du pouvoir
Conté, sont mis à la retraite. Le nouveau chef
de l’Etat promet une transition pacifique mais
rigoureuse basée sur des principes fondamentaux
de la démocratie.
En clair, le CNDD prévoit l’organisation en fin
2010, des élections présidentielles. Ceci est
salutaire. Car, il dénote de la bonne volonté de
son excellence Moussa Dadis Camara à trouver
enfin La Solution aux maux qui ont gangrené le
pays pendant les cinquante ans de notre
souveraineté.
Pour gagner ce pari, il doit se débarrasser des
stéréotypes et doit mettre hors d’état de nuire
tous ceux qui pourraient lui porter ombrages et
causer des préjudices irréparables à la Guinée.
Il doit absolument sécuriser les frontières et
éviter de pactiser avec le diable de Bissau.
Maintenant que le Premier ministre chef du
gouvernement est nommé, il faut faire recours
á la
révision de la Constitution avant la fin du
premier trimestre de 2009 et la poursuite des
auteurs de crimes économiques et de crimes
contre l’humanité devant les tribunaux, le
rapatriement des fonds volés par les dignitaires
de l’ancien régime Conté, sont le gage certain
de la réussite de l’homme du 24 décembre. Papa
Noël pour les gosses.
Pour ce faire, le sauveur de la Guinée a plus
que besoin de l’apport de tous les Guinéens sans
exclusive, des organisations sous régionales et
internationales. L’ONU, l’UE en particulier.
Nous ne pouvons pas finir la partie sans
souligner le soutien de Me Abdoulaye Wade,
président de la République du Sénégal à son
homologue de Conakry. C’est dire qu’entre deux
maux, on choisit le moindre. La Guinée et les
Guinéens ont tranché à la face du monde.
‘’Kookoi Moussa ! Ekaaluhu la guinèTömu ! Yala ë
epulu kpini ! Amina’’ !
Vive le CNDD et vive le changement dans la
liberté !
Georges Léonard SAGNO
Directeur de la Rédaction
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