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SEMAINE:
10-02-2008
au 17-02-2008
En
marche vers le cinquantenaire!
Nous
voici à huit mois francs de la célébration du cinquantenaire de
notre cher pays, la République de Guinée. 2 Octobre 1958- 2
Octobre 2008, la Guinée aura 50 ans. Dans la vie d`une nation
libre et souveraine,
cela mérite qu`on s`y arrête un moment. C`est en fait l`heure
des bilans et des évaluations des actes de développement économiques
que les fils de la république et les différents chefs d`Etat ont
posés.
A
partir de maintenant, votre site www.guineemoderne.com
va s`atteler à cette difficile tâche. Nous jetterons un regard
sur le passé depuis l`historique palais du 25 août où le
premier président Ahmed Sékou Touré dit “NON” au général
De Gaulle, jusqu`à l`actuelle présidence de la république via
le QG du CMRN, en 1984.
Pour
l`efficacité du travail que nous avons à accomplir, votre apport
et vos contributions sont importants. N`hésitez donc pas à
nous envoyer vos récits, témoignages, analyses et opinions sur
l`histoire de la Guinée qui a besoin d`être écrite pour les
futures générations. Passeront sous nos projecteurs, les
glorieux symboles de souveraineté, les acquis de l`indépendance,
les progrès socio-économiques et culturels. La gestion de
l`Etat, des deniers publics et des ressources tant naturelles
qu`humaines. Notre rédaction initiera une sous- rubrique spéciale
intitulée “En
marche vers le cinquantenaire”.
Elle sera logée dans la rubrique principale “Société”. Sa
vie prendra fin le 3 Octobre 2008, au lendemain de la célébration
de la fête de l`indépendance.
D`ailleurs,
il y a un peu plus de deux semaines, nous avions
fait un jet en parlant de ces symboles de souveraineté qui
disparaissent les uns après les autres dans la ville de N`Zérékoré.
Cet avant goût a aiguisé vos appétits et éveillé vos
souvenirs. Voilà pourquoi, nous avons décidé de continuer. Nous
ferons des enquêtes sur l`implantation, le fonctionnement et la décadence
des grandes usines du premier régime. Nous sommes convaincus que
le Comité militaire de redressement national (CMRN) en
prenant le pouvoir par la force en 1984, avait
trouvé sur place un lourd et précieux héritage. La
gestion de cet héritage fut-elle chaotique ou non, mérite d`être
appréciée.
Après
l`indépendance, le pouvoir central de Conakry avait initié
des projets de grandes envergures dans chaque région
administrative (les fameux CGR- Commissariats généraux de la Révolution
ou de la Région-). Le but de ces éléphants blancs était de
montrer à la face du monde que la jeune nation guinéenne a pris
son destin en mains et est capable de se développer à l’image
des grandes nations du monde.
A
Kankan, on notait à l`époque la présence de l`usine de jus de
fruits, l`huilerie de Dabola dans cette même région et le
barrage hydro électrique sur le fleuve Tinkisso. Toujours dans
cette partie de la Guinée, le train Conakry-Niger avait une gare.
Faranah, la ville natale de feu Ahmed Sékou Touré affichait la
fierté d’avoir un aéroport international dans la savane arborée.
Pita, le coeur du Fouta Djallon abrite le barrage hydro-électrique
de Kinkong.
A
Mamou, la ville carréfour, à cheval entre le Fouta et la Basse
Guinée, fut implantée une conserverie. A Kindia, la SBK (Société
des Bauxites de Kindia) vit à Débélé. A Conakry, sur la route
de Coyah, trônait l`usine de textile de Sanoyah, et l’usine
militaire de tannerie. A Fria, la première usine d`alumine en
terre africaine (Friguia-Kimbo) existe toujours. Un peu plus loin
au nord, la CBG (Compagnie des Bauxites de Guinée) exploite le
minerai rouge à Sangarédi. A Kassa, dans les îles de Loos situées
au large de Conakry, existait une usine d`extraction du minérai.
A Macenta, l`usine du thé fonctionnait etc….. Mais de nos
jours, plus rien. Le CMRN a tout bradé. S’il en existe encore,
elles sont mal entretenues et elles ne marchent plus.
Les
grands tomes et autres livres qui pouvaient encore servir aux étudiants
ont été brûlés. Les arrivistes ont ainsi consumé la mémoire
collective de tout un peuple au cri d’une libération qui est
plutôt devenue un chemin de croix.
En marche vers le cinquantenaire, ces questions ci-après hantent
notre esprit: que sont devenues ces usines et industries
construites sous l`ancien régime pendant 26 ans de pouvoir?
Où sont celles léguées par
le CMRN, le CTRN et son corollaire de PUP durant leur 24 ans
destruction?
En
1998, un opposant guinéen au régime actuel alors invité d`une
radio française avait posé ces mêmes questions à son
excellence Ibrahima Sylla, ancien ambassadeur de Guinée en
France. Visiblement très gêné par les pertinentes questions que
cet opposant lui avait posées, M. Sylla était rentré dans une
colère noire qui brouilla la piste des réponses que tout le
monde attendait.
A
ce jour, les dirigeants anciens ou présents ont le devoir de dire
la vérité sur la longue et douloureuse marche du peuple de Guinée
vers le progrès, la démocratie. Disons-la pour l`amour de la
patrie, de notre cher pays. Comme le dit l`adage, “les oreilles
ont trop entendu. Les yeux veulent voir”. Qu`avons-nous fait
durant les cinquante années d`indépendance?
Voici
venu le temps du procès de deux régimes et de deux hommes. Eux,
qui ont donné la liberté au peuple par la main gauche pour
ensuite la lui arracher par la main droite parfois au prix du sang
versé.
Georges
Léonard SAGNO
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