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EDITORIAL - JUILLET2008

 

 

   

Mois: JANVIER2009 .    Dadis, Wade, Cedeao et Nous !

Dans cette revue de l’actualité guinéenne, commençons par le sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu samedi à Abuja, au Nigeria. Au cours de ce sommet, un seul point était à l’ordre du jour : l’avènement du CNDD au pouvoir. Pour la CEDEAO la Guinée qui a beaucoup œuvré dans la création de cette communauté économique en 1975, devrait être suspendue jusqu’à un retour à l’ordre constitutionnel. Soit ! Les principes sacro-saints de l’institution sous-régionale sont connus.

Mais aux yeux des observateurs, l’attitude de la CEDEAO dont le président de la Commission exécutive, le ghanéen Mohamed Ibn Chambas, a récemment salué à Conakry la prise du pouvoir par l’armée devant la presse nationale et internationale, est controversée. Car, selon les mêmes observateurs, la CEDEAO ne peut pas saluer un acte et se retourner, deux semaines plus tard, contre ce même acte.
Alors que s’est-il passé entre temps ? Qui est derrière ce jeu qui n’honore pas la CEDEAO qui, il faut bien le préciser, s’est souvent appuyée sur la Guinée, membre important, pour résoudre des crises ?

De la mission de l’ Ecomog( sa branche armée) au Libéria et en Sierra Léone jusqu’à l’éclatement des crises politiques en Guinée Bissau et en Côte d’Ivoire, la Guinée a toujours joué un rôle important même très important. N’eût été la Guinée (elle a souvent servi de base à la CEDEAO pour lancer des attaques militaires contre les bandits et autres rebelles qui avaient semé la terreur à Monrovia et à Freetown), les crises dans la sous région auraient perduré.

Pour terminer ce paragraphe sur la CEDEAO, nous lui disons qu’entre deux maux, on choisit le moindre. Les Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur ont accueilli avec joie l’avènement du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) au pouvoir à Conakry.

Le destin d’un peuple ne se gère pas par des communiqués distillés çà et là, il est plutôt entre les mains de ce même peuple. Quand le feu président Lansana Conté s’était taillé une constitution pour enfin exercer son pouvoir d’une main de fer sur la Guinée ; quand il a recruté des mercenaires chez son ami Nino de Bissau pour massacrer les populations lors des grèves de janvier et février 2007, la CEDEAO n’a pas brossé mots. Elle avait résumé sa capacité par des voyages et missions de bons offices à Conakry. Maintenant que le dictateur n’est plus et que le pays retrouve la liberté, la CEDEAO suspend la Guinée de toutes ses activités. En attendant, le CNDD continue de bénéficier du soutien des grands pays tels que : le Sénégal, la Libye, la France, l’Allemagne, l’Organisation de la Francophonie etc… <<Dieu ne laisse jamais mourir les oiseaux du ciel à plus forte raison les hommes sur terre>>, dit un vieil adage.

Autre chose qui a marqué les esprits en Guinée, c’est justement la visite d’amitié qu’a effectuée à Conakry, le président Abdoulaye Wade du Sénégal. Plus qu’une simple visite, ce fut la confirmation et la consolidation d’une prise de position favorable au nouveau régime guinéen depuis le 26 décembre 2008.

En provenance d’Accra où il a assisté à l’investiture du tout nouveau président ghanéen John Atta Mills, Me Wade a félicité le Capitaine président Moussa Dadis Camara pour avoir évité à la Guinée des conflits suite au décès de Conté. Pour Me Wade qui est revenu maintes fois sur la sincérité de l’homme du 24 décembre, il n’est pas question et ne saurait être question de sanctions à l’égard de la Guinée. Il invite son <<fils>> a marqué l’histoire africaine en organisant des élections libres, transparentes et démocratiques dans un délai requis.

Pour sa part, le président de la République a fait siennes toutes les recommandations faites par son <<père>> et lui a promis de respecter ses engagements pris devant la nation guinéenne au lendemain de son arrivée au pouvoir. Pour le Capitaine président, par élections, on entend des conditions logistiques, matérielles et humaines. << Si ces conditions, disait-il, sont réunies, nous pouvons même organiser des élections dans six mois>>, a déclaré le chef de l’Etat guinéen.
Par ailleurs, le président Camara a conféré avec ses frères d’armes vendredi au camp Alpha Yaya Diallo, siège provisoire du CNDD donc de la présidence de la République. Au cours de cette importante rencontre intervenue après la prise de fonctions des chefs d’états major particuliers de l’armée. Le chef de l’Etat, chef suprême des formes armées s’est voulu rassurant des promesses faites à la nation. Selon le président Camara, la prise du pouvoir par l’armée met fin aux pratiques obscurantistes qui ont gangrené l’Etat guinéen. Celui ou celle qui essaye des les ressusciter, devra être dénoncé avec vigueur et d’ajouter, les compétences seront reconnues et appréciées.

Ce langage de vérité reste le bréviaire du nouvel homme fort de Conakry qui promet de quitter l’armée et s’il le faut, le pays une fois qu’il aura restauré l’autorité de l’Etat et organisé des scrutins ouverts à tous. Avec le président Moussa Dadis Camara (MDC), la Guinée amorce le dernier virage de son développement. L’espoir est permis. Le CNDD en a le secret car les derniers actes posés illustrent bien la bonne volonté du nouveau chef de l’Etat ! Un seul conseil tout de même. Le chef de l’Etat doit barrer la route aux troubadours qui ont chaque fois fabriqué les tyrans pour la Guinée.


Georges Léonard SAGNO
 

   

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