Mois: JANVIER2009 . Dadis,
Wade, Cedeao et Nous !
Dans cette revue de l’actualité guinéenne, commençons par le
sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu samedi à Abuja, au
Nigeria. Au cours de ce sommet, un seul point était à l’ordre du
jour : l’avènement du CNDD au pouvoir. Pour la CEDEAO la Guinée
qui a beaucoup œuvré dans la création de cette communauté
économique en 1975, devrait être suspendue jusqu’à un retour à
l’ordre constitutionnel. Soit ! Les principes sacro-saints de
l’institution sous-régionale sont connus.
Mais aux yeux des observateurs, l’attitude de la CEDEAO dont le
président de la Commission exécutive, le ghanéen Mohamed Ibn
Chambas, a récemment salué à Conakry la prise du pouvoir par
l’armée devant la presse nationale et internationale, est
controversée. Car, selon les mêmes observateurs, la CEDEAO ne
peut pas saluer un acte et se retourner, deux semaines plus
tard, contre ce même acte.
Alors que s’est-il passé entre temps ? Qui est derrière ce jeu
qui n’honore pas la CEDEAO qui, il faut bien le préciser, s’est
souvent appuyée sur la Guinée, membre important, pour résoudre
des crises ?
De la mission de l’ Ecomog( sa branche armée) au Libéria et en
Sierra Léone jusqu’à l’éclatement des crises politiques en
Guinée Bissau et en Côte d’Ivoire, la Guinée a toujours joué un
rôle important même très important. N’eût été la Guinée (elle a
souvent servi de base à la CEDEAO pour lancer des attaques
militaires contre les bandits et autres rebelles qui avaient
semé la terreur à Monrovia et à Freetown), les crises dans la
sous région auraient perduré.
Pour terminer ce paragraphe sur la CEDEAO, nous lui disons
qu’entre deux maux, on choisit le moindre. Les Guinéens de
l’intérieur et de l’extérieur ont accueilli avec joie
l’avènement du Conseil national pour la démocratie et le
développement (CNDD) au pouvoir à Conakry.
Le destin d’un peuple ne se gère pas par des communiqués
distillés çà et là, il est plutôt entre les mains de ce même
peuple. Quand le feu président Lansana Conté s’était taillé une
constitution pour enfin exercer son pouvoir d’une main de fer
sur la Guinée ; quand il a recruté des mercenaires chez son ami
Nino de Bissau pour massacrer les populations lors des grèves de
janvier et février 2007, la CEDEAO n’a pas brossé mots. Elle
avait résumé sa capacité par des voyages et missions de bons
offices à Conakry. Maintenant que le dictateur n’est plus et que
le pays retrouve la liberté, la CEDEAO suspend la Guinée de
toutes ses activités. En attendant, le CNDD continue de
bénéficier du soutien des grands pays tels que : le Sénégal, la
Libye, la France, l’Allemagne, l’Organisation de la Francophonie
etc… <<Dieu ne laisse jamais mourir les oiseaux du ciel à plus
forte raison les hommes sur terre>>, dit un vieil adage.
Autre chose qui a marqué les esprits en Guinée, c’est justement
la visite d’amitié qu’a effectuée à Conakry, le président
Abdoulaye Wade du Sénégal. Plus qu’une simple visite, ce fut la
confirmation et la consolidation d’une prise de position
favorable au nouveau régime guinéen depuis le 26 décembre 2008.
En provenance d’Accra où il a assisté à l’investiture du tout
nouveau président ghanéen John Atta Mills, Me Wade a félicité le
Capitaine président Moussa Dadis Camara pour avoir évité à la
Guinée des conflits suite au décès de Conté. Pour Me Wade qui
est revenu maintes fois sur la sincérité de l’homme du 24
décembre, il n’est pas question et ne saurait être question de
sanctions à l’égard de la Guinée. Il invite son <<fils>> a
marqué l’histoire africaine en organisant des élections libres,
transparentes et démocratiques dans un délai requis.
Pour sa part, le président de la République a fait siennes
toutes les recommandations faites par son <<père>> et lui a
promis de respecter ses engagements pris devant la nation
guinéenne au lendemain de son arrivée au pouvoir. Pour le
Capitaine président, par élections, on entend des conditions
logistiques, matérielles et humaines. << Si ces conditions,
disait-il, sont réunies, nous pouvons même organiser des
élections dans six mois>>, a déclaré le chef de l’Etat guinéen.
Par ailleurs, le président Camara a conféré avec ses frères
d’armes vendredi au camp Alpha Yaya Diallo, siège provisoire du
CNDD donc de la présidence de la République. Au cours de cette
importante rencontre intervenue après la prise de fonctions des
chefs d’états major particuliers de l’armée. Le chef de l’Etat,
chef suprême des formes armées s’est voulu rassurant des
promesses faites à la nation. Selon le président Camara, la
prise du pouvoir par l’armée met fin aux pratiques
obscurantistes qui ont gangrené l’Etat guinéen. Celui ou celle
qui essaye des les ressusciter, devra être dénoncé avec vigueur
et d’ajouter, les compétences seront reconnues et appréciées.
Ce langage de vérité reste le bréviaire du nouvel homme fort de
Conakry qui promet de quitter l’armée et s’il le faut, le pays
une fois qu’il aura restauré l’autorité de l’Etat et organisé
des scrutins ouverts à tous. Avec le président Moussa Dadis
Camara (MDC), la Guinée amorce le dernier virage de son
développement. L’espoir est permis. Le CNDD en a le secret car
les derniers actes posés illustrent bien la bonne volonté du
nouveau chef de l’Etat ! Un seul conseil tout de même. Le chef
de l’Etat doit barrer la route aux troubadours qui ont chaque
fois fabriqué les tyrans pour la Guinée.