Ce lundi, 20
juillet, une poignée de Guinéens réunie au sein de ce qu’on
appelle ‘’Forces vives’’ a décidé de mener une marche pacifique
de protestation contre la gestion du CNDD dans
la capitale américaine. En fait le nœud ou du
moins la racine principale de leur marche est le
non respect du chronogramme jadis approuvé par
le pouvoir de Conakry, la violation des droits
de l’homme etc.…. Cette brochette de
revendications, si elle est aux yeux du guinéen
moyen, une bonne chose ; la plupart des
observateurs de la vie politique nationale et
même des compatriotes vivant à l’extérieur,
réfutent une telle démarche. Selon des guinéens
que nous avons interrogés, la marche de
Washington n’est plus d’actualité et pour cause.
Le groupe de Contact international sur la
Guinée, composé de la CEDEAO, de l’UA et de l’UE
vient de boucler sa cinquième visite de travail
dans notre pays. Au cours de cette visite, le
gouvernement, le CNDD et le président de la
République ont fait l’état des lieux du
chronogramme sur la transition. A en croire les
autorités de Conakry, ce chronogramme sera
respecté. Ce qui veut dire que les élections
législatives et présidentielles auront lieu
d’ici la fin d’année. Prenons donc le Conseil
National pour la Démocratie et le Développement
(CNDD) aux mots. Le Capitaine président Moussa
Dadis Camara et son gouvernement seront, au
finish, jugés par le peuple. Car, l’homme c’est
sa parole donnée. La Communauté internationale
suit de près la gestion de la transition qu’elle
veut paisible et apaisée.
Pour M. Saliou Diallo, président de l’importante
communauté guinéenne dans la région
métropolitaine de Washington, DC, la marche est
caduque et n’a plus sa raison d’être. Si hier,
dit-il, le CNDD cassait des maisons appartenant
a des particuliers aux motifs qu’elles ont été
construites arbitrairement dans les domaines de
l’Etat, aujourd’hui, cela relève du passé car il
n’y a plus de casse depuis. Et d’ajouter :<<Au
moment ou les cassaient avaient commencé, c’est
en ce moment-la qu’il fallait organiser une
marche de protestation. Ce n’est pas
maintenant.( Ecouter ci-contre son interview
audio.)
Pour Dr Edouard K. Zoutomou, leader du tout
nouveau parti Union Démocratique pour le
Renouveau et le Progrès (UDRP), le droit de
marcher est garanti pour tous les citoyens
américains. Cependant, il faut faire la part des
choses. Car, selon lui beaucoup d’efforts sont
faits sur le terrain par le CNDD, il ne faudrait
donc pas occulter la réalité en ignorant
sciemment les progrès accomplis sur le terrain.
Il va plus loin et s’attaque aux racines du maux
:<< s’il y a eu des bâtisses dans les domaines
réservés a l’Etat, c’est que des agents de
l’Etat du régime défunt ont été associés ou
directement impliqués dans la vente des
parcelles>>’ a-t-il souligné avant d’apprécier a
sa juste valeur les grands progrès enregistres
jusqu’ ici. En plus selon lui, on assiste à un
acharnement de la communauté internationale
contre le pouvoir de Conakry. Pour Dr Zoutomou,
il faut organiser des élections. Mais avant
tout, il y a des préalables à régler tels que :
la mise en place du Conseil National transitoire
(CNT), le nettoyage du fichier électoral et
l’obtention des fonds (écouter son interview
audio ci-contre)
Enfin, pour Kabinet magassouba résident a
Seattle dans l’Etat de Washington, les
déclarations du Commandant Moussa Keita a N’Zerekore
lesquelles disaient ‘’Dadis ou la mort’’ font
croire a plus d’un guinéen que le CNDD n’a pas
envie de quitter le pouvoir. D’ où la nécessité
de marcher pour rappeler aux autorités
guinéennes qu’elles doivent tout faire pour
organiser les élections en décembre. Par
ailleurs, M. Magassouba demande au président
Dadis de respecter sa parole (écouter
l’interview audio).
De tout ce qui précède et vu l’engagement du
pouvoir de Conakry d’aller aux élections en
décembre de cette année, ne devrait plus être un
vain mot. Le président de la République doit
dégager les mesures d’accompagnement que sont
l’ameublement du CNT, le bouclage du nettoyage
du fichier électoral, la révision de la Loi
fondamentale, la libre circulation des leaders
politiques, l’organisation d’un referendum en
septembre suivie des législatives et enfin les
présidentielles. Avec le temps imparti, est-il
techniquement et financièrement possible
d’organiser des élections crédibles en Guinée ?
Georges Leonard SAGNO