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SEMAINE:
25-03-2008 au 02-04-2008
L’Ultimatum
des Syndicats arrive à expiration !
Nous
amorçons le dernier virage de cette semaine du délai donné par
les syndicats au chef de l’État pour l’application correcte
des Accords. En janvier, le limogeage du ministre de la
communication, sans aucun motif connu du moins par le public,
avait servi de détonateur à une série de rencontres entre les
forces vives de la nation.
Au
finish, les syndicats avaient demandé au président de la République
d’user de toute sa force physique et intellectuelle pour
respecter la feuille de route lancée suite aux violentes et
meurtrières manifestations de janvier et février 2007. Mais
depuis, tout le monde sait que le président Lansana Conté n’a
rien fait. Malade, le général s’est replié sur lui-même dans
son village et avec lui, les affaires publiques de l’Etat.
A
Conakry, le premier ministre et son gouvernement organisent la résistance
face à ceux qui veulent vaille que vaille les évincer du
pouvoir. Même les préparatifs du cinquantenaire semblent
souffrir du manque de cohésion. Après les avoir lancés avec
fanfares et tambours l’an dernier, tout est bloqué. Pas même
un seul point de presse pour en parler. La rénovation suivie de
construction de nouveaux établissements hôteliers est abandonnée.
Le rêve pour les guinéens de voir pousser des terres, de
nouveaux logements est brisé.
Dans
la capitale guinéenne aujourd’hui, c’est la guerre froide
entre clans rivaux, gouvernement et gardiens du palais présidentiels.
Les belligérants se lancent des flèches empoisonnées. Ceux qui
sont atteints vont se
soigner avant de rejoindre la troupe au front.
Entre
la primature et le palais Sékhoutouréyah, on chasse les oiseaux
maudits à l’aide de la fronde.
Le travail de reconstruction nationale auquel les ministres
ont été commis, est relégué au second plan. Il faut se battre
pour préserver son poste surtout son pain. Le peuple, témoin
oculaire de cette belle pagaille,
a perdu l’espoir.
Alors
que se passera-t-il le 30 mars ? Les syndicats mettront-ils
à exécution leur plate- forme revendicative ? C’est donc
dans la plus grande inquiétude que les militaires vont célébrer
le pouvoir qu’ils ont pris par la force le 3 avril. Inquiétude
de voir les syndicats remuer le couteau dans la plaie. Mais aussi
et surtout, inquiétude pour eux, de voir leurs prochains
bulletins de paie amputés d’une aile pour cause de
ravitaillement en riz. Et si les bénéficiaires refusaient de
manger du riz ! L’équation serait-elle facile à résoudre ?
Sur
le plan national toujours, on note cette semaine, la célébration
du triste anniversaire de la mort du père de l’indépendance
guinéenne, Ahmed Sékou Touré. C’était le 26 mars 1984 à
Cleveland, aux États-Unis d’Amérique. Vingt- quatre ans après,
l’ombre de l’homme du 28 septembre plane toujours sur son
pays. Il a même été
réhabilité. L’actuel palais présidentiel porte son nom. Les
victimes ou les survivants de la terreur qui a marqué son règne,
dénoncent tout ce qui parle du bien de lui. Quoi de plus normal !
Autre
chose qui retient l’attention est l’expulsion de (notre
compatriote) Chantal Cole vers la France. Maintenant que les
nuages se sont dissipés sur ce cas, il faut dire que le droit
guinéen a été violé. Par conséquent, Chantal Cole a été
victime d’abus d’autorité et des pratiques arbitraires. La
Guinée s’est affichée sur la carte du monde comme étant un
pays à part où entorse peut être faite à la loi sans problème.
Serait-on au Moyen Âge ?
Heureusement
que l’Assemblée nationale a condamné cette expulsion qu’elle
qualifie de bannissement. Pour l’heure, les vrais commanditaires
de cette violation grave, ne sont pas connus. En lieu et place
d’un coupable désigné, se crée la confusion. Personne ne sait
avec exactitude l’auteur de cette pratique.
Comme
à l’accoutumée, on cite des noms qui, constitutionnellement,
n’ont pas pouvoir d’agir de la sorte. La question que l’on
se pose est de savoir si Chantal Cole a fait les frais de la lutte
des clans ? Reviendra-t-elle dans son pays ? Sous quelle
forme renaîtra la directrice de la société <<Alô>> ?
En
Guinée et dans le reste du monde, les chrétiens ont célébré
la fête pascale. Aux Etats-Unis, la communauté guinéenne a
marqué la résurrection du Christ par une messe vivante dite par
le nouveau Père Pierre Loua, ordonné en décembre dernier à
N’Zérékoré. C’était
dans la paroisse Saint Anthony de Padua de Baltimore, dans le
Maryland. Bravo aux organisateurs pour cette belle initiative de
rassembler les frères en Christ !
Bouclons
la boucle par le décès de Jean Claude Diallo en Allemagne. Cet
ancien ministre démissionnaire du premier gouvernement du Comité
militaire de redressement national (CMRN) a vécu tout le reste de
son temps en exil. Des dispositions sont entrain d’être prises
pour l’accompagner dans sa dernière demeure avec honneur.
Repose en paix Jean Claude !
Georges
Léonard SAGNO
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