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EDITORIAL - JUILLET2008 |
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SEPTEMBRE2008 . Le cinquantenaire et le quotidien des Guinéens! Le 2 Octobre 2008, le peuple de Guinée soufflera les 50 bougies de son indépendance. C’est une évidence ! Mais ce même peuple reste dépendant économiquement de l’extérieur. Il demeure un peuple malade, miséreux et mal entretenu par le pouvoir politique. Voici les données techniques de la vie au quotidien à Conakry. Tenez le transport urbain coûte 1.300GNF par taxi et par tronçon tandis que le minibus charge 1.000GNF. Les bus du gouvernement obtenus par le gouvernement de consensus de l’ex- premier ministre Lansana Kouyaté, chargent 1.000GNF à 1.500GNF par tronçon. Quant aux élèves et étudiants, les conducteurs leur demandent le paiement de la somme de 500GNF. Sur les marchés de la capitale, un sac de riz de 50kg se vend à 210.000GNF. Mais à cause du Ramadan qui a débuté cette semaine en Guinée, les commerçants ont accepté de vendre au rabais les 50kg de riz. Il se négocie sur les marchés de Conakry à 175.000GNF, selon du moins nos sources sur le terrain. Et en région ? Faut-il qualifier le geste des commerçants de cadeau d’anniversaire ou la recherche d’une bénédiction divine ? Si nous jetons un regard dans le rétroviseur et examinons minutieusement notre souveraineté proclamée du haut des montagnes et des cocotiers du littoral qui embellissent le paysage guinéen, nous sommes stupéfaits des résultats obtenus. Malgré la présence dans le sol et le sous-sol des ressources naturelles et minières, la Guinée et les Guinéens ne sont pas sortis de l’auberge. Dans la vie d’une nation, cinquante ans, c’est l’âge d’or ou le golden age. A l’orée de cet âge, notre pays se cherche toujours. Le gouvernail du bateau bouge mais dans la mauvaise direction. Le chef de l’Etat, bien que souffrant d’une leucémie grave qui affecte dangereusement ses facultés physiques et mentales, s’accroche au pouvoir dont le vrai contenu et les circonvolutions lui échappent à longueur de journée. Les cadres de son cabinet, les clans et la famille présidentielle font et défont les cadres de l’administration publique. Plus de trois mois après la nomination d’un nouveau premier ministre en la personne de Ahmed Tidiane Souaré, le pays n’arrive pas à imprimer ses marques dans le concert des nations du monde. La Guinée est presque absente aux grands rendez-vous de la planète. Le vieux général soucieux de son état de santé dégradant, s’est replié sur lui-même dans son village de Gbantama. Les populations broient du noir : Pas d’eau, pas d’électricité, pas de boulot, le système sanitaire national est éprouvant etc… Sur le plan agricole, les jeunes ont fui les terres fertiles des villages pour venir tenter leur chance à Conakry qui les repousse hélas ! C’est du genre ‘’je t’aime, moi, non plus’’ ! Les paysans peinent à cultiver avec le manque ou du moins le coût trop élevé de l’engrais. Le 2 Octobre prochain, nous célébrerons à la guinéenne, les festivités marquant le cinquantenaire de l’accession de notre pays à l’indépendance. Un cinquantenaire mal préparé par les dirigeants actuels. Ne soyez pas étonnés, la Guinée est une nation singulière. Elle l’est dans son histoire politique et religieuse. En 1958, nous avons été les premiers à demander l’indépendance. De 1960 à 1984, le premier régime a massacré tous les grands intellectuels du pays. Le 3 avril 1984, l’armée qui a pris le pouvoir par la force, a détruit tous les édifices publics qui sentaient l’odeur de Sékou Touré, le premier président guinéen. Les 2 et 3 février, cette même armée a bombardé le palais des nations, fruit des efforts de toutes les nations africaines. En 2000, la Guinée a inauguré le fameux projet hydro-électrique de Garafiri. Un barrage dont la construction a été dénoncée par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Dans le temps, ces institutions financières avaient refusé d’accompagner la Guinée sous prétexte que ce projet n’était pas porteur ou bénéfique. Aujourd’hui, le manque de courant en Guinée donne raison à ces bailleurs de fonds. Au cours du premier trimestre de l’année 2007, un soulèvement populaire contre le régime a été réprimé dans le sang. Les enquêtes n’ont jamais eu lieu. La commission d’enquêtes a baissé le rideau. Le souci des Guinéens n’est même plus à ce niveau. Les efforts fournis au cours de la grève ont été une grosse peine perdue. Quel dommage ! De nos jours, les mêmes personnes que les grévistes avaient délogées, retournent en force aux affaires. Ainsi va la Guinée ! ‘’Chassez au naturel, il revient au galop’’, dit l’adage. Sur le plan international, les regards sont tournés vers les USA où la convention (congrès) des républicains se tient à Saint-Paul, État de Minnesota dans le nord. Le candidat John MacCain, après avoir trop hésité, a finalement porté son choix sur Mme Sarah Palin, gouverneur d’Alaska. En changeant son fusil d’épaule alors que tout le monde s’attendait à Mitt Romney ou Mike Huckebie, MacCain semble ouvrir la voie à la victoire démocrate en Novembre. Sa colistière est une grande inconnue du monde politique américain. Bien que gouverneur, certains observateurs estiment qu’elle n’est pas le meilleur choix. Quoi qu’il en soit, Sarah Palin, 45 ans, mère de 5 enfants, pourra refaire sa vie politique plus tard si toutefois, son parti ne gagne pas les élections de Novembre. Côté démocrate, Barack Obama et son colistier Jo Biden ont été officiellement investis la semaine dernière à Denver, dans l’Etat du Colorado. A Denver, une page de l’histoire américaine a été écrite. Car, c’est pour la première fois qu’un américain d’origine africaine est investi candidat de l’un des plus grands partis des USA. C’est déjà la fête avant la Maison Blanche pour les noirs américains. Eux qui, des années durant, ont été relégués au second plan dans tous les secteurs de la vie. Surtout en politique. L’acte posé par Barack Obama, est la confirmation du rêve américain que fit Dr Martin Luther King, quarante cinq ans plus tôt. Comme le dirait l’autre :<<Barack Obama a vraiment la Baraka !>> Georges Léonard SAGNO
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