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Ce témoignage est un éclaircissement sur la mort prématurée de
ce jeune journaliste. Cette déclaration pourra être considérée
par beaucoup comme une révélation et pour d´autres une
indiscrétion ; je ne sais quoi encore… Pour ma part, je
considère comme un devoir de tout citoyen de dire la vérité sur
un évènement vécu personnellement de façon tragique á cause de
la négligence des vrais décideurs et surtout une conséquence du
formalisme bureaucratique trop exagéré de madame l´ambassadeur.
Notre administration doit changer de méthode de travail pour
éviter la répétition des erreurs de ce genre. Les exemples ne
manquent pas, certains hauts cadres guinéens qui ont effectué
des séjours sanitaires á La Havane dans ces derniers temps ne
diront pas le contraire. Le cas Amara Touré « Pélé », le
récent accident de circulation du jeune Soumah entre autres
sont des exemples vivants.
Arrivée á La Havane le mardi 20 mai dernier comme membre de la
délégation guinéenne qui a participé au Cuba-Disco 2008 ,
monsieur Mara présentait déjà des signes de fatigues suivies de
céphalées, de fièvre et de vomissement. Moi personnellement je
l´ai vu pour la première fois le jeudi 22 mai au bureau de notre
conseiller politique dans un état critique. Aussitôt, j´ai couru
sous l´ordre de ce dernier á la pharmacie la plus proche pour
lui trouver du Panadol dans le but de soulager ses maux, après
consultation d´un médecin par téléphone. Au moment de notre
séparation, il m´avait demandé de lui trouver une puce pour
communiquer. Mais déjà il vomissait dans la voiture qui
transportait la délégation guinéenne á la résidence de notre
ambassadeur.
Cependant, aucune disposition n´avait été prise pour son
hospitalisation malgré cet état de santé. Selon certains, la
peur de le voir être mis en quarantaine par les autorités
sanitaires cubaines. Mais quant á moi la raison essentielle est
la peur de payer les frais d´hospitalisation d´un jeune qui
n´est ni proche ni parent de « la dame de fer ». Donc la
stratégie était l´automédication jusqu´á son retour au pays sans
consulter un médecin pour connaître les vrais diagnostics. Mara
était resté presque abandonné dans sa chambre d´hôtel.
Lors de ma visite á l´hôtel le samedi 24 mai aux environs de
16heure, les travailleurs de cette installation m´ont accueilli
avec ses mots « Gracias por venir, el señor de la habitación
3 esta muy mal y no hay nadie para cuidarlo, estuvimos dandole
masaje para aliviar sus dolores. » Traduit, «heureusement
que tu es venu, le monsieur qui occupe la chambre numéro 3 est
dans un état très critique et il n´y a personne á côté de lui,
nous étions obligés de lui donner un peu de massage pour alléger
ses douleurs ». Pendant ce temps, son chef de délégation
docteur Dioubaté se reposait tranquillement en face dans la
chambre numéro 4.
A deux dans sa chambre Mara et moi avons reçu un coup de
téléphone du chargé des relations internationales du ministère
cubain de la culture déjà alerté par les travailleurs de l´hôtel
« el Laguito ». Mon ami fatigué et aussi limité par la langue,
m´a chargé de répondre á l´appel. Au cours de cet entretien, le
fonctionnaire cubain me demandait de le convaincre pour qu´il
aille á l´hôpital, car il parait qu´il avait peur d´y aller á
cause de la décision de l´ambassadeur. Je leur ai demandé de me
donner cinq minutes pour causer avec lui. Mara m´a dit d´aviser
l´ambassade et non son chef de délégation, car selon lui, ce
dernier se réjouissait de son mal ; et aussitôt,
j´appela le consul, monsieur Kaba. Avant son arrivée á 16h
30mn, les cubains avaient déjà envoyé une voiture pour son
évacuation dans un centre hospitalier « CIMEQ ».
Mais á cause de la rigueur de la hiérarchie imposée ici,
monsieur Kaba s´est rendu á la résidence pour aviser madame
l´ambassadeur, quand á mon ami et moi, nous étions obligés
d´attendre jusqu´a 20h 30 pour que l´ambassadeur autorise
monsieur Seck, son conseiller politique qui est venu nous
accompagner á l´hôpital, pendant ce temps le chauffeur du taxi
du ministère de la culture dormait dans la voiture après plus
de 4 heures d´attente.
C´est prudent de signaler qu´à la résidence toutes ces pertes de
temps était dues á la recherche d´un bouc émissaire entre
l´ambassadeur et ses fonctionnaires, pour connaître la personne
qui a avisé le ministère de la culture sur la maladie de
monsieur Mara contrairement á leur plan ou stratégie cité plus
haut ; au lieu de prendre des mesures d´urgence pour sauver la
vie de ce jeune délégué. Finalement c´étais moi le coupable
éventuel pour le simple fait d´assister á un ami malade sans
être diplomate, selon les reproches du conseiller politique á
son arrivée quand il s´est adressé á moi en ces termes :
« mais qui a avisé les cubains ? L´ambassadeur est très énervée
par ce que ce ministère connaît le téléphone de l´ambassade,
donc il ne devrait pas envoyer un véhicule sans son
consentement. Même toi, elle cherche á savoir qui t´a autorisé
de venir ici, mais je lui ai dit que vous êtes des amis de
longue date...» Ma réaction n´a pas tardé. Je voulais
savoir ce que l´ambassadeur veut ; son titre ou sauver la vie
de ce compatriote ?
Sous ce choque, nous nous sommes déplacés á trois accompagnés
d´un guide cubain pour l´hôpital aux environs de 21h. C´était la
première visite médicale de monsieur Mara. L´observation et les
études ont duré plus de trois heures. A notre retour le médecin
de garde avait suspendu l´automédication tout en nous demandant
de revenir le dimanche pour son hospitalisation et les études
pour la recherche du vrai diagnostic avant d´ajouter « Vous
pouvez revenir cette même nuit au cas ou le patient continuait
sa crise ».
A trois nous avons déposé Moussa Mara et personnellement je
l´ai accompagné dans sa chambre d´hôtel. Aussitôt j´ai cherché
á rejoindre la maison car il faisait tard.
Le dimanche 25 mai, aux environs de 14h je l´ai joins au
téléphone pour savoir s´il était déjà á l´hôpital. A ma grande
surprise il se trouvait encore á l´hôtel tout en me demandant de
venir vite á ses côtés en ces mots « Viens vite, ne tardes
plus... ». A cause des difficultés de déplacement, je suis
arrivée vers 16h et je l´ai vu dans un état très alarmant. Sans
plus tarder, j´ai appelé directement notre consul, monsieur Kaba
pour lui dire de venir rapidement et entre temps, l´un des
chauffeurs de l´ambassade est arrivé dans le but de le chercher
et le déposer á la résidence. Mais vu son état, j ´ai demandé au
chauffeur d´aller dire á l´ambassadeur que le lieu idéal de Mara
en ce moment n´est ni une chambre d´hôtel ni une résidence de
luxe ; mais plutôt, un lit d´hôpital. Néanmoins, J´ai habillé
monsieur Mara tout en lui demandant de se lever pour joindre la
résidence, mais son état ne lui permettait pas. C´est ainsi que
le chauffeur lui même a pris le téléphone pour dire á monsieur
Kaba de venir rapidement.
A son arrivée d´abord il a été très impressionné par l´état de
santé de Mara; mais, je pense qu´il s´est méfié á cause de son
expérience vécue lors du cas d´Amara Touré « Pélé », quand il
m´a dit « …Cécé, tu sais que tu risques d´avoir des problèmes
dans cette affaire ? Docteur Dioubaté, le chef de la délégation
se demande de quoi tu te mêles et d´ailleurs il m´adit de
t´aviser que tu es convoqué á la résidence ce soir » En
réponse, je lui ai dit que ma priorité c´est de sauver la vie de
Moussa Mara et après j´irai les voir á l´ambassade. Sous le
coup, Monsieur Kaba a téléphoné á l´ambassadeur, mais après leur
entretien je l´ai vu très dégoûté, son visage résumait tout ;
c´est ainsi qu´il a appelé monsieur Seick, car il était chargé
d´accompagner cette même soirée un guinéen qui était au point
d´être expulsé de Cuba. Monsieur Seick á son tour a puis
joindre l´ambassadeur qui l´a autorisé d´accompagner Mara á
l´hôpital. Je suis allé avec lui, mais tellement qu´il avait
peur d´avoir des problèmes avec l´ambassadeur á cause de son
opposition contre ma présence á côté du malade, monsieur Seick
m´a dit d´aller á moto et non dans sa voiture. Ce second et
dernier déplacement s´est déroulé dans ces conditions de
méfiance totale... Nous sommes arrivé á l´hôpital CIMEQ á trois
vers 18h óu les médecins ont pris toutes les dispositions pour
sauver Mara sans protocole. Après quatre heures d´assistance, le
corps médical de ce centre a décidé de transférer le malade dans
une ambulance á l´Institut de la médecine tropicale de La
Havane. Mais malheureusement, le temps avait déjà joué sur leur
compétence. C´est ainsi que dès notre arrivée á IPK, en dépit de
toutes les techniques de réanimation, monsieur Mara a rendu
l´âme á 22h 30 devant nos regards impuissants sans recevoir les
premiers soins de ce centre. Sous le coup j´ai été mis en
observation pour contrôler ma pression qui était 140 sur 85,
car l´expérience vécue m´a vraiment traumatisé. Je me suis
retourné avec les larmes aux yeux quand monsieur Seck cherchait
á joindre par téléphone l´ambassadeur et le chef de la
délégation guinéenne au Cuba-disco 2008 qui se trouvaient dans
une activité á Guanabacoa.
Retenez surtout que ni l´ambassadeur, ni docteur Dioubaté en sa
qualité de chef de la délégation, et au plus forte raison les
autres membres de la délégation guinéenne nous ont assisté á
l´hôpital durant ces deux jours, les deux premiers á cause de
leur négligence et formalisme bureaucratique et les autres, le
fait de ne pas être bien informés sur la gravité de la maladie
de leur collègue Mara par les premiers.
A cause de ma patrie et notre amitié, j´ai accompagné Moussa
Mara jusqu´au dernier moment, mais contre toute attente, j´ai
été mal vu pour mes gestes. Même le dépôt du germe de fleur
que j´ai apporté pour rendre hommage á la dépouille mortelle de
Mara a été questionné par l´ambassadeur .Vraiment, je suis
paniqué et traumatisé par les reproches de son excellence et
docteur Dioubaté. Je prie donc le peuple de Guinée de nous
juger, car jusque là je me demande les raisons de la prise de
position de son excellence Hadiatou Show contre moi pour mon
assistance á Moussa Mara. J´ai donc commis une erreur ou j´ai
usurpé á madame Hadiatou Show son titre d´ambassadeur ?
Alors, j´ai décidé de suivre cette affaire jusqu´á la dernière
conséquence. Même s´il faut payer avec ma vie et je suis prêt á
répondre avec preuve cette déclaration devant qui de droit.
J´ai été á l´ambassade pour répondre á leur convocation le
jeudi 29 mai dernier, mais le consul qui m´avait transmis la
convocation m´a dit de renoncer á ma démarche Jusqu´à
l´évacuation du corps de notre regretté.
L´humanisme n´est il pas une limite au formalisme ?
A VOUS DE JUGER…
J´ai été témoin oculaire de tous ces faits, aucune personne ne
peut dire le contraire et de surcroît j´ai des preuves et
témoins partout. Je vous confirme que vu la gravité de ses maux
dans la journée du dimanche 25 mai, dans sa chambre d´hôtel,
Moussa Mara a prié quelqu´un de dire la vérité á ses parents et
au peuple de Guinée sur les circonstances de sa mort. C´est ça
la dernière volonté de notre regretté Mara, et son peuple doit
la connaître. Nous ne pouvons pas avoir peur aux personnes á
cause de leur titre et oser Dieu.
C´est vrai que le destin est inévitable ; mais la négligence
d´un tier indispensable peut être á l´origine d´une telle
fatalité.
Pour masquer leur négligence, ils sont fait croire á tout un
peuple que Moussa Mara est mort des suites d´un arrêt cardiaque,
comme une mort subite; cependant les médecins cubains du CIMEQ
ont diagnostiqué le paludisme. Les résultats de l´autopsie
confirment ce diagnostic. Ce montage n´est - il pas une preuve
de leur mauvaise foi ?
Si Moussa vivait aujourd´hui, ceux qui s´illustrent en héros
répondraient pour leur négligence coupable.
NB : le retard de cette publication est dû á beaucoup de
facteurs, certains m´ont prié de me taire et d´autres ont tenté
de m´intimider, mais moi, je suis un croyant et j´ai été très
touché dans ma conscience par la lettre de remerciement que la
maman de Moussa Mara a adressée á l´ambassadeur. Leur geste
après la mort ne mérite pas un remerciement, car c´est une
obligation. On pouvait les remercier s´ils avaient fait au
moment opportun leur devoir de sauver la vie á Moussa Mara. Mon
silence serait une complicité et surtout une trahison á la
dernière volonté de mon ami quand il me disait quelques heures
avant sa mort : « Mon ami, j´ai peur, tu es l´unique témoin
oculaire de ce qui peut m´arriver ici...je suis vraiment déçu
de notre chef de délégation…je respecte le Cuba pour sa
médecine…».
Mon cher Mara, je me souviendrai toujours de tes derniers mots
et je contribuerai pour que ta volonté soit faite.
Moussa Mara, repose toi en paix, ton peuple te pleur. Le
seigneur rendra justice…
Depuis La Havane, un témoignage de Cécé Théa Victorien Junior,
l´un des rares guinéens qui ont vécu les dernières heures de
Moussa Mara sans être diplomates,ni autorisé par son excellence
madame Hadiatou Show.
Junior_thea@yahoo.fr
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