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GUINEE:
CONAKRY, le
08-02-2010.
Une vérité
sur les événements de N’zérékoré
Dites
la vérité et rien que la vérité, aimez la vérité et la
vérité vous libérera.
Comme par
hasard, j’ai appelé un ami ce samedi
à
N’zérékoré. Je lui demande comme d’accoutumée comment ça
va? Il me répond que ça ne va pas très bien. Il y a eu
des affrontements entre des gendarmes et des musulmans
le vendredi dernier et ce samedi même une cargaison de
militaire est arrivée de Conakry pour calmer la
situation. Pour plus d’information, j’appelle encore
à
N’zérékoré pendant qu’il est 7h là-bas. Une autre
personne me dit qu’une importante délégation d’autorités
religieuses formée d’Imams et de l’Archevêque de Conakry
est arrivée samedi nuit
à
N’zérékoré pour initier un dialogue et calmer la
situation.
Que
s’est-ils vraiment passé pour qu’on arrive
à
une telle situation?
Nous avons
droit de savoir la vérité et rien que la vérité, parce
que sur certains sites déjà, des informations très
tronquées circulent déjà. Eh oui, comme ces sorciers ou
apprentis journalistes pensent toujours que l’Internet
est aujourd’hui le lieu privilégié pour transformer les
vérités en mensonges et les mensonges en vérités. On
peut se peindre aujourd’hui des politiciens et des
autorités administratives guinéens et surtout des
militaires pour des raisons que nous connaissons tous.
Mais que peut-on dire de la société guinéenne
elle-même?
Pour revenir
à
notre sujet, le vendredi 29 Janvier 2010, une
commerçante Toma quitte le grand marché de N’zérékoré
pour se rendre
à
son domicile. Son itinéraire la conduit par la route qui
passe devant la mairie non loin de la zone communément
appelé Foret, ancienne gare de Kankan. Pas loin de la
route ou se trouve une mosquée et un centre de santé
dénommé Centre de Sante de Gonia. Pour ceux qui
connaissent Nzérékoré, c’est facile de se retrouver.
Arrivé
à
ce niveau, avec un charretier qui portait les bagages de
la commerçante, la femme constate que la voie de
circulation n'était pas encore bloquée mais il y avait
un mouvement de personnes vers la mosquée. La dame et le
charretier essaient de passer avant le début de la
prière. C’est alors qu’un homme habillé comme un
policier communal les empêchent de passer. Dans la
discussion, certains musulmans quittent vers le bâtiment
de la mosquée pour s’impliquer directement dans la
discussion, ce qui déclencha automatiquement un
incident. Ces musulmans s’attaquent
à
la femme,
la battent, la blessent, dispersant ses bagages et
s’emparent de l’argent qu’elle avait sur elle. La femme
a été hospitalisée et ses proches ont porté une plainte
à
la gendarmerie contre les agresseurs. Les autorités de
la gendarmeries ont donné tort aux musulmans agresseurs
en leur signifiant qu’ils n’ont pas le droit de barrer
la voie public. On leur a demandé de rembourser les
marchandises de la dame ainsi que la somme de 2 millions
de francs guinéens qu’elle avait avant l’agression. On
les a aussi exigé qu’ils prennent en charge les frais
médicaux de la victime. Tous ces points ont été
satisfaits et les agresseurs se sont acquittés. Apres
cela, aucun cas de violence lié
à
ce drame n’a été signale.
D’ou alors est venu le problème ou encore la violence et
les affrontements qui font l’objet de la principale
nouvelle de la ville Zalikole?
Apres que
la situation ai été réglée par les forces de l’ordre,
c’est
à
dire par la gendarmerie, il a été clairement notifié aux
musulmans de la mosquée de Gonia de ne plus jamais
bloquer la voie publique pendant les vendredis. Ces
musulmans de la mosquée de Gonia n’ont pas rendu de la
même oreille que les gendarmes. C’est ainsi que le
vendredi suivant c’est
à
dire le 5 Février, ils ont commencé
à
bloquer la voie publique dès 12h, alors que la prière
c'est
à
13h. Aussitôt informés, les gendarmes arrivent, mais il
est trop tard parce que ces musulmans avaient déjà
bloqué la voie et dès qu'ils ont vu les gendarmes, ils
ont commencé
à lancer les
pierres contre eux.
De
plusieurs sources concordantes, certains de ces fideles
musulmans étaient armés et ont commencé
à
tirer, pas avec des fusils de chasse. Vous comprenez ce
que je veux dire. C’est ainsi que les gendarmes ont fuit
pour aller s’armer et revenir pour riposter. C’est ainsi
qu’il y a eu des échanges de tirs entre les gendarmes et
les fideles musulmans de Gonia.
D’ou
viennent ces armes? A quoi servaient-ils avant cet
incident? Dans quelles intentions ces personnes les
détenaient-ils dans leurs maisons ou sur eux?
Malheureusement,
la rumeur a tout de suite fait le tour de la ville comme
quoi, les Malinkés (
à
préciser Maninka Mori) se sont soulevés contre les
Kpelle, ce qui était archi faux. Néanmoins, ceux qui
attendaient pour saisir cette occasion afin d’opposer
les deux ethnies ne l’ont pas manquée. Voila les raisons
qui ont fait venir des militarise et cette importante
délégation d’autorité religieuse de Conakry
pour
N’zérékoré dans la nuit du samedi 6 février.
Désormais,
il serait mieux que chaque mosquée soit clôturée. Et que
les priants n’occupent pas les espaces publics sauf au
cas ou cela fait l’objet d’une annonce officiel
à
la ration et
à
la télé, quelques jours avant.
En 1998, suite
à
des rumeurs que des armes étaient gardées dans une
mosquée
à
Dorota, les militaires y avaient fait une descente de
surprise et avaient effectivement trouvé des armes de
guerre. La provenance ainsi que les noms des détenteurs
de ces armes n’avaient pas été rendus public. L’affaire
a été réglé par les autorités administratives et
militaires.
Il est temps que les habitudes de bloquer les voies
publiques cessent, car on doit tenir compte des autres
dans la pratique de sa foi. Au fait, il est souvent
fréquent que dans beaucoup de quartiers
à
N'zérékoré, les musulmans bloquent les voies publiques
les jours de fêtes de Ramadan ou de Tabaski.
Nous devons cultiver la tolérance religieuse et le
respect surtout de ceux qui ne partagent pas la même foi
que nous. D’ailleurs,
à
N’zérékoré, on trouve au sein de certaines familles des
chrétiens comme des musulmans qui vivent en parfaite
harmonie. Si nous ne pratiquons pas notre religion dans
la tolérance et le respect des autres, on nous posera la
question de savoir de quel genre de Dieu nous prions.
La tolérance religieuse passe par le reconnaissance de
la neutralité des espaces publics. Pour l'illustrer, il
y avait une mosquée en construction au sein même de la
gare routière de N’zérékoré. Il a fallu la diligence de
certains jeunes de N’zérékoré pour demander qu’on arrête
la construction de cette mosquée par ce que cet espace
était un lieu public. On ne peut y construire ni une
église, ni une mosquée. Jusqu’a présent, la construction
inachevée de la mosquée y demeure.
Chers frères Guinéens, l’Islam et le Christianisme sont
venus nous trouver en Guinée. Nous étions et nous le
sommes d’abord Guinéens avant d’être musulman ou
chrétien. Si une quelconque religion nous divise, elle
ne vaut pas la peine d’être pratiquer. La pratique de
toute religion devrait contribuer
à
la paix, aux respects des autres et
à
l’harmonie sociale. Si cela manque, c’est que nous
comprenons très mal les messages et les enseignements de
nos religions (musulman, chrétienne, ou religion
traditionnelle africaine).
Que ce qui
s’est reproduit
à
N’zérékoré ne se reproduise plus dans une ville ou un
village que ce soitde la Guinée. A retenir qu’au départ,
il n’était pas question de Malinké (Manika Mory) contre
les Kpelle. De surcroit, la rumeur des Konia contre les
Kpelle est archi fausse.
Que les
diviseurs aillent semer leurs mauvaise graines ailleurs,
pas à
N’zérékoré.
Fassou Bienvenu LOUA.
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