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GUINEE: CONAKRY, le 05-02-2010.  Et si l'on prenait l'exemple du Président Gnèlèkè ?


Dans la culture Guerzé, le premier fils est Cécé, le second Nyakoye; comme je ne me souviens plus de mes leçons, je ne peux vous dire avec précision le rang de Gnèlèkè. Lors de son passage à N'Zérékoré en compagnie de Sékou Touré, Il a été symboliquement admis comme un Guerzé.


Ce président dans un moment critique de l'histoire de son pays, a fait une déclaration publique qui a forcé mon admiration.


Avant de vous dévoiler son vrai nom et son geste, voici, histoire de faire languir un peu ceux qui ne l'on pas reconnu, et de mieux comprendre ses propos, quelques faits et l’analyse que j’en fais !

Les Faits:


1)
Assis devant ma télé, après une semaine hyper-chargée, je ne rêvais que de repos, sans trop me prendre la tête, quand le téléphone sonna. Un parent forestier dans tous ses états, voulait savoir si j'avais écouté les déclarations révoltantes de Bernard Kouchner sur la Guinée. Non, je ne savais rien et mon esprit ne voulait que du repos. Alors j'ai écouté sans rien dire, et écourté la conversation. Quelques instants plus tard, c'est au tour d'un ami suisse de me joindre pour m'exprimer son indignation face au gouvernement de son pays qui a présenté des excuses à Kadhafi pour les désagréments causés à son fils. Simple coïncidence ? En fin de journée, c'est mon ami et collègue de travail qui m’exprimait sa surprise d'apprendre qu'au moment de l'attentat du 11 septembre, des membres de la famille Ben Laden étaient aux USA et que le gouvernement avait affrété un avion et libéré un couloir aérien pour les faire sortir du pays.

2)
La décision du CNDD ( Conseil National pour la Démocratie et le dévéloppement) de s'attaquer aux contrats miniers mal ficelés sans aucune forme de négociations.

3)
Nos rapports avec la France et tous les commentaires que j'ai lus sur le net.

Voici mon analyse à la lumière de ces quelques faits :

Ma formation de base qui est l'administration économique et sociale (Université de Montpellier en France), me permet de constater que l'élément de réponse que je peux donner aux indignations de mes amis est: Les finances.
En 1997 par exemple, les banques de Genève détenaient 40% de la réserve mondiale ce qui est d'une importance capitale dans l'économie Suisse. Alors Kadhafi vexé par le traitement subi par son fils en Suisse, a commencé a utilisé son avoir dans la Confédération Helvétique, pour ébranler l'économie Suisse. Comme on dit en France, il faut savoir mettre son orgueil dans sa poche pour faire sa famille, le gouvernement Helvétique a préféré présenter des excuses pour sauvegarder ses intérêts.

Il ne fallait pas faire l'amalgame, la famille Ben Laden fort riche a directement ou indirectement investi aux USA, n'a rien avoir avec le poseur de bombe. Il y a des ports chez l'oncle Sam qui appartiennent à la finance Saoudienne qu'il faut coûte que coûte préserver pour éviter une bataille financière.

Quand le gouvernement anglais a froissé les susceptibilités du sultan de Brunei, ce dernier à tout simplement décidé de transférer ses finances ailleurs ce qui aurait causé un tremblement de terre financier à la bourse de Londres ! Bref. La première Ministre de l'époque, « la Dame de fer », a préféré mettre « des gants de velours » et donner une molle poignet de mains. D'où que l'on vienne ou quelle que soit sa position, l'on ne peut pas s'attaquer à une puissance financière sans s'attendre à un « retour de bâtons ». C'est comme ça.

L'Etat, c'est la continuité, ce que nous oublions souvent chez nous. Les contrats signés sous l'ancien régime restent valables dans le nouveau régime donc il faut, soit les laisser aller à terme soit les renégocier dans des termes convenables aux deux parties. Fermer unilatéralement une compagnie minière est non seulement néfaste pour l'économie du pays mais attire la foudre des puissances financières. A mon avis un tel acte est un suicide politique.
Ces contrats sont mal ficelés parce que signés de gré à gré donc à l'avantage d'un groupe d'hommes (Le paradoxe est que le CNDD a fait de même).

En 1958, la France de De Gaule a mal digéré le « non » de Sékou Touré, mais la France de Giscard a bien fait la paix avec nous et la coopération est devenue telle que la France est aujourd'hui le premier bailleur de fond de la Guinée. C'est parce que la France nous tient financièrement que Bernard Kouchner monte au créneau pour faire des déclarations fracassantes.. Loin de moi l'idée de défendre ou supporter la France; comme pour les autres cas quand les intérêts d'une puissance financières sont menacées; il y aura toujours quelqu'un pour tenir ce genre de discours. Aujourd'hui c'est Kouchner, demain ce sera Dupont de la Rivière et après demain la Mère Soulier. C'est ainsi ! Peut être que si Kouchner n'en fait pas trop pour montrer qu'il mérite son poste, les puissances financières demanderont à Sarkozy de le faire tomber et si ce dernier refuse, elles le feront tomber en ne finançant pas sa campagne, par exemple.
Si vous vous attaquez à un pétrolier battant pavillon Libérien, en pensant vous attaquer à ce petit Etat d'Afrique, vous serez surpris de voir des Grecs, des Américains, et que sais-je encore, vous mettre au pas. Les puissants de ce monde ne sont pas toujours ceux qui ont des cortèges devant.

A chacun de nos échecs, nous cherchons des coupables et nous pointons toujours un doigt accusateur vers l'impérialisme, vers la France, vers la Communauté Internationale, etc... Etc...
Il est démontré qu'il y a une forte corrélation entre la corruption et la pauvreté, donc, plus notre système est corrompu, plus la misère est criarde et plus nous demandons de l'aide aux organismes de développement ( qui en fait ne sont pas des aides); les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts !,Plus notre gestion est déficiente , plus nous nous endettons auprès des puissances ou organismes financiers, plus nous sommes dépendants d'eux et plus l'on nous dicte ce que nous devons faire !

Les violences politiques de 1958 jusqu’à celles du 3 décembre 2009 en passant par le 28 septembre 2009, ont toujours plongé notre pays dans des crises politiques et financières et en fin de compte poussées nos dirigeants à demander plus d'aides pour repartir sur de bonnes bases. Pour preuve, aujourd’hui nous demandons le financement des futures élections.

Sans plus tarder, voici le premier président << Guerzé>> que ses compatriotes appellent affectueusement « le professeur » et qui porte le nom de Julius Kambarage Nyerere. Président de la Tanzanie de 1961 à 1985. Le vieux Guerzé qui avaient du mal à prononcer son nom, a décrété qu'il était le fils d'un d'un guerzé parti il y a bien longtemps, et qui a européanisé son nom. NYERERE à été baptisé Gnèlèkè.


Cet Homme d'Etat respecté est sortit un jour de sa retraite dorée, sans contrainte, à la surprise générale pour déclarer ce qui suit à la télé :
« A l'indépendance de notre pays, j'avais le choix entre le capitalisme et le socialisme; j'ai choisi le socialisme par conviction, nous avons nationalisé les entreprises, etc.... En fin de compte, les résultats économiques montrent que je me suis trompé. Je demande pardon au peuple. »


Et si l'on prenait l'exemple de ce grand homme pour enfin reconnaître individuellement et collectivement nos fautes dans la gestion calamiteuse de notre économie afin de ne pas commettre les mêmes erreurs ?
Monsieur le Président Gnèlèkè que votre âme repose en paix et que votre exemple nous serve de leçons.

 

Paul THEA
paulthea@yahoo.com


 

 
   

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