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ISRAEL :
JERUSALEM, le
24-02-2010.
Conflit
israélo-palestinien : le libre-échange facteur de paix ?
Auteur : Adam R. Green
L’Autorité palestinienne (AP) cherche à devenir membre
de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le
cadre d'un effort pour construire la prospérité et les
bases d'un État, mais l'administration Obama et Israël
bloquent l'offre.
L'OMC pourrait être « un moteur pour la réforme et un
moteur de la construction d'un État », a déclaré
l'ancien ministre de l'Économie Basim Khoury à la
Conférence des Nations Unies sur le commerce et le
développement en octobre, après une discussion avec le
chef de l'OMC Pascal Lamy et des diplomates de l'Europe,
des États-Unis, de la Chine et du Japon.
L'Autorité palestinienne — dont le parti Fatah gouverne
le territoire palestinien principal, la Cisjordanie,
alors que les militants rivaux du Hamas gouvernent la
bande de Gaza — demande à être provisoirement en statut
« d’observation », ce qui lui permettrait de s'adapter
aux conditions de l'OMC. L'Autorité palestinienne
pourrait parvenir à l'adhésion dans cinq ans même si
elle n'a pas encore d’État (on compte notamment au rang
des membres sans État Hong Kong, Taiwan et Macao).
L'Arabie saoudite, l'Égypte et la Jordanie sont toutes
membres et entretiennent toutes des relations stables
avec l'occident et Israël, contrairement à l'Iran qui
reste à l’extérieur de l'OMC. Mais quelles améliorations
peuvent apporter sur le terrain l'adhésion des
Palestiniens dans un proche avenir ? En vérité, très
peu.
L'OMC n'a pas le pouvoir de résoudre les principaux
obstacles au commerce palestinien : le mur de sécurité
autour de la Cisjordanie, les 600 et quelques points de
contrôle militaires, les barrages routiers et des
barrières en Cisjordanie et le blocus de Gaza. Ces
mesures, pour empêcher les attentats-suicide comme
pendant la deuxième Intifada de 2000, entravent
considérablement la liberté de mouvement et donc des
échanges, mais sont exclues des conditions de l'OMC
parce qu'elles sont des mesures de sécurité.
Les véhicules mettent jusqu'à quatre heures pour passer
à travers chaque point de contrôle, ajoutant au coût de
transport. Les marchandises sont souvent détériorées
quand elles sont déchargées et rechargées pour les
contrôles. La Nassar Stone Investment Company – un
producteur de pierre et de marbre qui exporte vers les
États-Unis, en Europe et en Extrême-Orient – doit
laisser assez d'espace dans ses véhicules afin de
permettre l'accès aux chiens renifleurs, réduisant la
quantité de marchandises par voyage. Beaucoup
d'entreprises trouvent leur journée de travail limitée
par les
horaires d'ouverture des points de contrôle.
Les négociations de l'OMC semblent être dénuées de sens
au milieu de ces contraintes. Ce qui manque à l’AP n'est
pas le cadre juridique du libre-échange — Israël est
conforme aux règles de l'OMC et représente la plupart
des échanges commerciaux palestiniens —, mais la
capacité d'accéder à de nouveaux marchés. Pour ce faire,
il lui faut un secteur privé qui soit mobile et fiable,
ce que les points de contrôles entravent.
Dans son discours de politique étrangère à la nation en
juin, le premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré
au peuple israélien qu'il voulait « renforcer la partie
modérée de l'économie palestinienne en donnant une
croissance rapide à ces zones. » Une meilleure sécurité
en Cisjordanie a été obtenue… avec un dégel léger dans
la sécurité. Les horaires d'ouverture ont déjà été
étendus à Naplouse, Ramallah, Qalqiliya et Jéricho par
exemple, et quelques postes de contrôle ont été
démantelés. Le commerce à Ramallah et à Naplouse est en
hausse, bien que l'Organisation internationale du
travail affirme qu'il n'y a aucune augmentation de
l'emploi pour le moment.
En novembre, Netanyahou avait annoncé un gel de la
colonisation de dix mois en vue d'entamer les
pourparlers de paix. Le gel était partiel et ne
s'appliquait pas à Jérusalem-Est ou aux projets déjà
entamés en Cisjordanie, mais pourrait prévenir de
nouvelles incursions pour le moment.
Une amélioration dans les échanges permettrait aux
entreprises et au commerce de croître : un secteur privé
florissant augmente l'emploi et la sécurité, et diminue
donc la nécessité d’un archipel de miradors, ce qui
permet à son tour d’améliorer encore le flux des
affaires.
Les USA ont un rôle à jouer et doivent adopter une
position cohérente. C'est l'administration Bush qui a
promis l'adhésion de l'OMC à l'AP dès 2005, mais
l'administration Obama bloque l'offre actuelle de l'OMC
tout en échouant aussi à parvenir à un gel complet de la
colonisation. C'est l'un des plus graves échecs d'Obama
à ce jour au Moyen-Orient, renforçant la perception que
les USA sont un allié non-critique d'Israël ou pire
encore, un simple spectateur.
Adam R. Green est éditeur en chef de Exploration and
Production: Oil and Gas
Review, un journal international indépendant publié à
Londres.
Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org
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