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GUINEE:
CONAKRY, le
10-02-2010.
Justice
guinéenne et l’affaire des chinois détenus
Quand des novices dans la presse tentent de commenter la
loi qu’ils ne maîtrisent pas !
Quelle différence y a-t-il entre la Cour d’Appel et le
Tribunal de première instance ?
Qu’appelle-t-on Ministère Public?
Que signifie parodie de justice ?
Pour commencer notre article, nous vous invitons a
lire un article publier sur le net ce mercredi….et qui
parle de parodie de justice dans le fameux dossier des
chinois interpellés l’année dernière pour cause de
produits pharmaceutiques contrefaits.
Selon l’auteur de cet article, M. Doura Chérif,
président de la Cour d’Appel de Conakry, aurait remis
les détenus chinois au ministère public. Ce qui aurait,
d’après lui, causé une indignation de la part de
certains de nos compatriotes. Voyons un peu.
D’abord, il y a parodie de justice quand un jugement a
été rendu de façon inique. Autrement dit quand le
verdict ne satisfait pas les besoins des plaignants ou
du grand public. Dans le cas présent, il n’en est pas
un.
Ensuite, M. Doura Chérif en sa qualité de président de
la Cour d’Appel peut ordonner la mise en liberté
provisoire de tout prévenu moyennant effectivement le
paiement d’une caution. Cet argent payé ne va pas dans
la poche du président mais dans les caisses de
l’institution, donc de l’Etat. La liberté provisoire
intervient généralement quand il y a des enquêtes
supplémentaires à mener.
Quand toutes les pièces à conviction devant permettre au
magistrat de juger ne sont pas au complet. Donc le
paiement de caution n’est ni de la corruption ni
l’absence de justice. Il est d’ailleurs pratiqué dans
des pays occidentaux comme les USA.
La différence entre la Cour d’Appel et le Tribunal de
première instance c’est que la Cour d’Appel est la plus
grande juridiction qui coiffe les tribunaux. Elle joue
un rôle capital dans l’établissement de la justice.
Comme son nom l’indique, elle fait appel des jugements
mal rendus au Tribunal de première instance. La Cour
d’Appel comporte des chambres et elle a la capacité et
le droit de casser un jugement rendu en première
instance. Dans ce cas, elle doit tout faire pour rendre
équitablement justice. Si elle faillit, les plaignants
font recours à la Cour suprême qui est, sur le plan
national, l’institution suprême.
Le Tribunal de première instance est aussi une
importante juridiction qui juge en premier. Il est
compétent pour les matières civiles et
correctionnelles…. Il est pourvu de magistrats outillés
et bien formés. Mais l’erreur étant humaine, ils peuvent
faire de mauvais travaux.
Le Ministère public ou le parquet n’est autre que les
magistrats debout par opposition à ceux du siège qui,
eux, sont inamovibles.
Ils sont des fonctionnaires de l’Etat. Ils exercent
l’action publique pour des infractions causant des
troubles à l’ordre public. Le ministère public a le
droit de poursuite ou pas.
Rappelez-vous le grand procès des gangs de 1995 à
Conakry sous la conduite éclairée de M. Doura Chérif.
En définitive, dans le cas des chinois interpellés, il
n’y a pas lieu de parler de corruption ou de parodie de
justice.
Cependant, nous demandons à la justice guinéenne de ne
jamais être complaisante à l’égard de qui que se soit.
La loi est impersonnelle. Elle n’a ni de père ni de
mère. Elle gouverne. M. Doura Chérif qui est un
magistrat chevronné pourra rendre justice dans cette
affaire des chinois et de produits contrefaits dont les
conséquences sont graves pour les populations : ‘’Dura
lex. Sed lex’’. La loi est dure mais elle reste la loi.
Les néophytes journalistes qui veulent informer
devraient d’abord se former avant de se jeter dans la
profession. Sinon ils véhiculeront des ragots et
épilogueront sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas.
Saliou Coumbassa depuis Conakry pour Guineemoderne
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