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AFRIQUE
DU SUD:
PRETORIA, le
18-02-2010.
Soutenir les entreprises, moteur de la croissance
Auteur : Jasson Urbach
Selon le
ministre des Finances sud-africain, Pravin Gordhan,
l'ensemble des besoins de financement de dépenses
publiques par l’emprunt pour l’année fiscale 2009/10 est
estimé à 285 milliards de rands, ce qui équivaut à 11,8%
du PIB. Par comparaison à l'an dernier, les besoins de
financement des dépenses publiques étaient juste de 89
milliards de rands. Sur la base de ces projections la
part de la dette dans le PIB augmentera de 23% en Mars
de l'année dernière à … 41% en Mars 2013. Les intérêts
sur la dette publique passeront de 54 milliards de rands
à près de 100 milliards de rands en 2013. M. Gordhan
déclarait que le gouvernement Sud-Africain allait lever
quelques 640 milliards de rands sous forme d’emprunts
sur quatre ans. Sans surprise le niveau de la dette
augmentera et les coûts du service de la dette avec. M.
Gordhan a déclaré que, « Accroître l’endettement est la
chose à faire ces temps-ci ». Mais est-ce vrai?
La raison simple pour laquelle les dépenses publiques
échouent à mettre fin aux récessions est que chaque rand
que le gouvernement "injecte" dans l'économie doit
d'abord être taxé ou emprunté à l'économie. En réalité
aucun nouveau revenu et donc aucune nouvelle demande
pour les biens et les services ne sont créés. L'argent
est simplement redistribué des secteurs productifs de
l'économie vers les secteurs non productifs. Le
gouvernement ne peut pas créer de nouveau pouvoir
d'achat à partir de rien. Ce n'est pas le gouvernement
mais les entreprises qui créent des richesses et qui
sont donc les moteurs de la croissance économique.
L'opinion erronée selon laquelle la relance budgétaire
est utile persiste parce que nous pouvons réellement
voir les gens se mettre à travailler grâce aux fonds
publics. Ce que nous ne pouvons pas voir ce sont les
emplois qui auraient été créés ailleurs dans l'économie
avec cet argent s’il n'avait pas été taxé ou emprunté
par le gouvernement.
Considérant les taux élevés de pauvreté et de chômage de
l’Afrique du Sud, certains peuvent se demander : «
Comment le gouvernement soutiendra-t-il les 13 millions
d'individus qui profitent actuellement des fruits du
travail des autres ? » Le meilleur moyen d'améliorer les
conditions de vie des pauvres n'est pas de taxer ceux
qui produisent la richesse et de redistribuer tout
simplement les recettes, mais de permettre aux gens de
travailler, et mener ainsi des politiques qui favorisent
la croissance économique. Comme l’a souligné le regretté
Dr. Adrian Rogers : « Vous ne pouvez pas multiplier la
richesse en la divisant ». En Afrique du Sud, quand on
combine tous les impôts, beaucoup de gens paient plus de
40%. Cela signifie que durant les cinq premiers mois de
l'année, ils travaillent réellement pour soutenir
quelqu'un d'autre. C’est seulement après le mois de mai
qu’ils commencent à gagner un revenu pour subvenir à
leurs besoins.
Des taux d'imposition marginaux élevés réduisent les
incitations pour les entrepreneurs à risquer leur
capital ou à sacrifier leur temps et leur énergie pour
gagner des revenus plus élevés. Ils nuisent également à
la capacité des individus à poursuivre leurs objectifs
car ils conduisent à moins de revenus disponibles. Moins
de revenu disponible signifie moins d'épargne ; moins
d'épargne signifie moins de formation de capital ; moins
de formation de capital est synonyme de baisse de la
productivité du travail, et une moindre productivité du
travail signifie une baisse des salaires réels.
Dans ce climat économique, le gouvernement comme les
entreprises devraient se concentrer sur leurs activités
fondamentales. Une partie des fonctions fondamentales du
gouvernement est de s'assurer qu'il existe suffisamment
de police, que les tribunaux sont impartiaux et
efficaces, et que règne l’état de droit. La protection
des droits de propriété est essentielle pour la
croissance économique. Si les individus savent que leurs
terres et leurs biens sont protégés, ils ont une
incitation économique à s’activer et gagner leur vie.
Des taux élevés de criminalité augmentent le coût de
faire des affaires de manière significative, car les
entreprises sont obligées de consacrer des ressources
pour protéger leurs employés et leurs biens. Ce genre
d’« investissement » est pratiquement une perte sèche
pour la société. Voilà de l'argent qui pourrait être
investi de manière plus féconde pour accroître la
productivité des entreprises et du pays. La criminalité
dégrade également la qualité de vie de tous. Elle
effraie les immigrants qualifiés et force certains
travailleurs à quitter leur emploi, leur maison et leur
pays pour s'installer ailleurs où il est plus sûr de
vivre. En portant atteinte à la mobilité des individus,
la criminalité décourage l'accumulation de capital
humain et diminue ainsi les compétences disponibles du
pays.
La protection du gouvernement est donc essentielle pour
les individus et pour la création d'un environnement
propice où les entreprises, grandes et petites, peuvent
opérer. La redistribution de la richesse existante en
taxant lourdement les individus productifs et les
entreprises réduit toute incitation à produire des biens
et services, et retarde la croissance. Le discours sur
le budget va révéler si le gouvernement choisira de voir
la redistribution ou la croissance économique comme sa
principale priorité. L'histoire a démontré que c'est la
croissance économique qui est la clé pour réduire la
pauvreté.
Par Jasson Urbach est économiste à la Free Market
Foundation. Cet article a
été publié originellement par
<http://www.AfricanExecutive.com>
Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org
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