Analyses

Guinée: Il font taire la voix du peuple...

Le gouvernement peut ne pas être coupable mais, au nom de la chaine hiérarchique de la responsabilité, il doit être le premier sur le Banc des accusés à répondre de l’absence d’une Assemblée Nationale en république de Guinée depuis les élections de 2010. Le pouvoir n’est il pas guidé par la responsabilité ?
L’instrument le plus manifeste de la démocratie, l’institution qui confère tout son sens au pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple est bien celui que nous appellerons: le Forum Romanum.  L’Assemblée nationale, c'est-à-dire, la « vox populi » peut elle ne pas se faire entendre sous un quelconque prétexte après plus d’une année dans un pays qui a résolument opté de choisir la démocratie comme art de gouvernement ? A la tête d’un Etat se trouve un régime, une administration centrale qui a en charge le bon fonctionnement des affaires de cet Etat, la

bonne marche de ses institutions etc... La souveraine c’est d’abord et surtout une promesse, un engagement, un serment par lequel le peuple accepte déléguer ses moyens et son essence à des institutions. Si une de ces institutions majeures, en occurrence, ici, l’Assemblée nationale, est inexistante, si elle n’est pas opérationnelle le peuple se tournera, et c’est son droit légitime d’ailleurs, vers l’autorité suprême aux fins de lui mettre au devant de ses devoirs et de ses promesses explicites et implicites. Et nous le savions depuis Auguste Compte que nulle personne ou nulle institution n’a d’autre droit que celui de toujours faire son devoir.
Alors donc, nous soutenons avec la force de l’argumentaire ci-dessus et sans circonlocutions que le pouvoir démocratiquement élu en Guinée n’a pas encore rempli, et ce n’est pas à son honneur, une partie importante du contrat social à lui confié lors du referendum dernier par la souveraine puissance.
Tout peut être dit de cette opposition, tous les qualificatifs peu élogieux la définissent à merveille. Elle se trouve dans un tourbillon de revendications incessantes, incohérentes et franchement de mauvaise foi. Elle peut être qualifiée d’obstructionniste, d’opposition qui s’oppose pour se poser en victime, en lumière évanescente, en sémaphore qui dirige la Guinée à travers la chimère de la chaussée imbibée à distance sous un soleil de plomb. Mais elle a le bon rôle de ne pas être le pouvoir, elle n’est pas tenu de justifier les balbutiements de son adversaire classique. L’opposition, pour brouiller les pistes de son inconsistance, peut acculer le gouvernement et paraitre comme La solution aux yeux de l’opinion nationale. C’est cela aussi une stratégie, vaincre sans combat.
L’idéal pour un pays et dans le meilleur des mondes possibles est que le gouvernement et l’opposition doivent travailler pour le bonheur de leurs citoyens. L’opposition se doit d’être le guetteur, le surveillant des actions du pouvoir, les dénoncer quand elles sont en deçà de nos espoirs, les corriger quand elles sont erronées et les encourager quand elles ont le mérite de  satisfaire les objectifs de nos citoyens. Les deux (pouvoir et opposition), comme la contradiction des traits se résout en l’harmonie du visage, forment la quintessence de la chose démocratique. Ultimement, de la confrontation des idées, de leur compétition et de leur entrelacement jaillit inéluctablement la lueur salvatrice, la troisième voie qui justifie la théorie de la sociologie Saint Simonienne qui repose, elle-même, sur le principe que « tout système politique » puise sa force dans les services qu’il rend à la société c'est-à-dire à la masse la plus démunie   
Il n’y aura pas de marivaudage entre le gouvernement et son opposition, en tout cas chez nous, pour bien longtemps. Notre culture du pouvoir, notre conception de la chose publique en sont les principales causes.                                                                                                                          Le peuple a élu Mr Alpha CONDE pour un quinquennat, il lui est redevable. Il se doit de mettre le pays sur la voie qui l’a échappée depuis trop longtemps. Mr le président vous qui êtes cet érudit de la loi, ce sera une insulte que de vous rappeler que l’Etat détient le monopole de la violence légale. La démocratie s’est imposée par la violence de la loi, par la violence de la pureté, par la violence de l’intransigeance. Il vous faudra, pour la marche de la Guinée, pour le bonheur de l’Homme guinéen faire ce que la loi vous commande, ce que l’espoir de ce peuple vous exige. Finalement, vous serez surtout jugé par ce que vous aurez failli que parce que vous aurez accompli par cette opposition. Devriez vous les accommoder quand ils vous tiennent pour seul responsable de la non tenue de ces élections législatives pour des raisons politiciennes ? Aucune élection n’étant parfaite car aucun système politique n’étant parfait. Attendre plus longtemps sera donné de l’eau au moulin des pécheurs en eaux troubles.                                                                                                                                          A la fin de la journée, la Haute Cour de justice qu’est l’histoire ne retiendra que l’essentiel à léguer aux générations aux travers des livres et de la mémoire. Les différents chapitres qui y figureront seront marqués à l’encre indélébile de votre nom. Mr le Président, il sera écrit que pendant votre magistère il n’y pas eu d’Assemblée nationale pendant X nombres de mois pas à l’opposition, Mr le Président, il sera écrit que vous avez manqué à l’ancrage démocratique pendant cette période exaltante pour la Guinée pas à l’opposition. Il vous faut Professeur, avec les attributs qui vous sont dévolus, faire asseoir cette chambre de législation au plus pressé, l’opposition n’a pas cette « chance ». Il vous faut par l’obligation du devoir vous atteler à accomplir ce dont on attend de l’Etat de droit : la primauté du droit. L’opposition apprendra a ses dépends que la politique de la chaise vide, la politique du Tout ou du Rien ne sauraient être une arme de marchandage dans un pays ou le radicalisme ne sert aucun des intérêts vitaux de la nation. Si l’opposition s’abstient de la sanction du peuple c’est à dire de participer à l’échéance capitale qui a été tant retardée comme elle le menace, l’histoire en sera jure et nous en tirerons les conséquences, toutes les conséquences.
Mr le Président parlant avec la voix de la raison, Nicolas Machiavel nous instruisait que le choix en politique est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal. Y a t-il une question de savoir ou se trouve le moindre mal ici? Il est temps de sortir de cette transition sans fin.
 
Chérif HAIDARA.

Source: ivoirescoop.net

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