Quel violon pour l'opposition guinéenne ?

En  relançant  le dialogue politique par le report de la date des législatives et la suspension des activités de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), le Professeur Alpha Condé venait ainsi de jouer pleinement   sa partition. Quant aux  partis politiques de l’opposition, ils  ont toujours du mal à accorder leur violon.

De mémoire de Guinéen, jamais un chef d'Etat n'a fait autant  de souplesse face à l'opposition en satisfaisant à la quasi-totalité de ses revendications pour décrisper le climat politique qui avait commencé à devenir délétère.

D'abord, la libération massive des condamnés de droit commun par vagues successives sur la demande des partis politiques avec la médiation du conseil provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale ;

La rencontre du Président de la République avec les leaders des partis politiques le 15 novembre 2011 ;

Le report de la date des élections législatives qui était prévue pour le 29 décembre 2011 ;

Enfin la suspension des activités de la CENI pour que les décisions soient prises désormais de façon consensuelle.

C'est à juste titre que le ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation, Mr. Alhassane Condé, a convoqué le 29 décembre dernier, tous les acteurs politiques au Palais du peuple pour l’ouverture dudit dialogue tant souhaité par le Président de la République.

De revendications en revendications, l'opposition continue de présenter ses traditionnels numéros, tels des prestidigitateurs à l'Opéra de Paris qui sortent des lapins de couleurs différentes de leurs chapeaux où  chaque séance apporte son lot de surprises. Ces politiciens novices  qui sont sur l’orbite de l’opposition ne sont pas en manque d’inspiration en matière de revendications.

Coup sur coup, elle réclamera la restructuration de la CENI, la révision du fichier électoral, la suspension des activités de la CENI, l'annulation de la date des élections législatives, la disqualification du Comité de médiation présidé par Mon Seigneur, David Albert Gomez,  la modification de l’article 62 du code électoral qui donne  plein pouvoir au président de la CENl d’annuler les procès-verbaux litigieux des bureaux de vote, la réintégration des élus locaux qui ont été demis de leur fonction pour mauvaise gestion, l’exclusion des partis politiques centristes du dialogue? ...... La liste n’est pas exhaustive s’il vous plait.

Au regard de ces innombrables  requêtes, il est aisé de prouver à suffisance que cette opposition dite radicale, non seulement elle est  têtue, mais aussi elle  demande à la fois  une chose et son contraire.

Pour s'en convaincre, il suffit de rappeler ici qu'entre les deux tours, l'Alliance Cellou Dalein Président devenue aujourd’hui le Collectif des partis politiques, ne voulait pas entendre parler de cette question de  restructuration de la CENI. « Dans un match, on ne peut pas changer l’arbitre à la mi-temps ». Disait-elle.

S’agissant de l'article 62,  il faut savoir  qu’il a été introduit sur mesure dans le code électoral  par le Conseil National de la Transition (CNT) pour favoriser l’axe du mal. Puisque  Hadja Mariame Mam Camara à l’époque présidente de la CENI, était  très proche de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). Mais dès que Lonceny Camara a pris la tête de l’institution, le groupe de Cellou Dalein a crié au scandale. Vous connaissez la suite. Désormais il faut que cet article  saute. Car le voleur croit toujours que tout le monde est comme lui.

Savez-vous aussi que les membres du Comité de médiation que les apprentis sorciers du Collectif des partis politiques sont en train d’accuser d’être à la solde du gouvernement ont été choisis par consensus ? Le comble,  ces grandes gueules poussent l’ignominie jusqu’à douter de la sincérité d’un homme de dieu comme Mon Seigneur David Albert Gomes. Quel anathème?
Enfin pour faire semblant de prouver sa bonne volonté,  si c’en est une bien sûr, la bande à Cellou Dalein et Sidya Touré  vocifèrera  sur  tous les toits qu’elle voudrait un dialogue inclusif où chacun pourra s’exprimer librement. Mais contre toute attente, elle vient de suspendre sa participation au dialogue en cours en avançant un prétexte fallacieux : « Nous exigeons un dialogue bipartite entre l’opposition et la majorité. Les partis centristes doivent choisir l’un des deux camps ou quitter la salle, sinon nous suspendons notre participation au débat », a martelé le « fameux » porte-parole du Collectif. 

Quel amateurisme que de demander l’exclusion d’un parti politique du débat parce qu’il est du centre ? 

Ce que ces politiciens égoïstes et novices ont oublié, c’est qu’un parti politique du centre peut, lors d’un conciliabule, acquiescer certaines proposions de sortie de crise de l’un ou de l’autre camp ou les rejeter. Mais il n’est pas obligé, pendant les discussions, de choisir un camp. 

Par exemple aux Etats-Unis, il y a des petits partis politiques qui sont du centre, tels que les écologistes (Green Peace) qui sont très proches des Démocratiques et les Conservateurs qui votent toujours pour les Républicains. Là-bas, pendant les discussions politiques, ces partis du centre ne sont pas exclus ou encore moins obligés de s’aligner directement derrière  l’une de ces deux grandes formations politiques. En France, il y a le parti de François Bayrou et le parti des Verts qui défendent  le plus souvent les mêmes positions que le parti socialiste, mais ils gardent toujours leur identité.

La dernière pomme de discorde entre cette opposition radicale et la majorité présidentielle est le fichier électoral. L’une voulant sa révision et l’autre la reprise intégrale du recensement. A ce niveau, l’opposition reconnait que ce fichier n’est pas fiable, mais pour elle, au lieu de reprendre le recensement, une simple révision suffirait pour aller aux  législatives. 

Soyons sérieux. Comment un fichier électoral non fiable, qui ne reflète plus l’évolution démographique du pays,  peut-il être encore utilisé? Quand bien même que tout le monde est conscient que sur ce fichier, les morts, les mineurs et les personnes fictives y sont recensés. Pire, sur les 5 millions de Guinéens en âge de voter, il n’y a que 2,4 millions qui sont inscrits. Jugez-en !

Qu'à cela ne tienne, le Professeur-Président, soucieux du devenir de ce pays, tente toujours de trouver la potion magique pour satisfaire ces insatiables sur ce dossier. 

D'ailleurs, seront-ils contentés ? Ces affidés de l'axe du mal qui continuent d'agir comme si la pauvreté, la famine? Bref, les contingences du quotidien de la vie qu’endure le peuple de Guinée ne suffisaient pas à  démontrer leur irresponsabilité, pour ne pas dire leur malhonnêteté. Voilà que ce milieu trouble, corrompu, apatride et avide de pouvoir se livre à  un autre jeu tout aussi suicidaire que les événements douloureux qu'ils ont provoqués pendant les présidentielles de 2010 : le refus d’aller aux élections en vue de continuer à prendre ce peuple en otage.   

Feignant d’oublier que le chaos dans lequel se trouve la Guinée aujourd'hui, est davantage le fruit de leur soif démesurée du pouvoir et de leur gestion calamiteuse qui a enfoncé le pays au sous-sol de la pauvreté, de la corruption, du détournement, du clientélisme, du clanisme, de l'intimidation, de l'affairisme et de la prostitution politique que de l'absence de vraies formules de sortie de crise. 

Que l'on ne se méprenne pas. Ce n'est pas la médiation du Secrétaire  Général de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Mr. Abdou Diouf qui va dissiper cette crise artistique sciemment concoctée par les artificiers de l'axe du mal qui n’ont d'ambition que de mettre ce pays à feu et à sang. Dalleurs, la déclaration de ce dernier est sans équivoque : « Il y a un mur de blocage politique entre les deux camps? Il faut beaucoup d’efforts pour dissiper la crise?»

Qui a dit que l'opposition guinéenne était la plus bête d'Afrique ?

Autrement, comment une opposition longtemps  médusée, frustrée et privée d'un véritable « jeu politique » par les régimes précédents, peut-elle accepter de laisser échapper cette occasion,  en se contentant de quelques « scuades » qui donnent un semblant de vie politique et qui sont des rudiments, des jérémiades, des luttes byzantines « parti tiques » qui ont survécus aux dernières élections présidentielles. 

L'allure à laquelle ces ennemis du changement, amoncelés  dans le Collectif des partis politique pour la finalisation de la transition, déterminés à perpétuer ce blocage politique, sevrés de leur violon d'Ingres pour jouer les fausses notes, emballés dans les incongruités politiques, pousse les observateurs à se demander si réellement ils  veulent aller aux élections et surtout s'ils pourront réinventer une autre « aura » face à leur base déjà  effritée pour remporter les prochaines consultations électorales. La marche non suivie du 27 septembre 2011 n’est-elle pas une des meilleures illustrations  de cette débandade ? 

Trop c'est trop. Le peuple de Guinée est fatigué de cette guéguerre stéréotypée. Il ne peut plus attendre indéfiniment. Partons  aux élections le plus tôt que possible avec ou sans cette opposition qui ne sait pas ce qu'elle veut. C'est en  fixant une  date consensuelle des législatives avec les  120 autres partis politiques que  le gouvernement  montrera à l'opinion nationale et internationale sa volonté de finaliser la transition. Le cas échéant, il appartiendra à l’opposition de boycotter ou de revenir à de meilleurs sentiments en acceptant d’aller au vote sans conditions.

Dans le cas contraire, l'opposition fera  perdurer son plaisir à maintenir le statu quo en vue d'empêcher le peuple de Guinée de bénéficier de l'assistance financière des bailleurs de fonds et de maintenir en suspend la réalisation des contrats d’investissement que le Professeur est allé négocier ici et là à l'extérieur. Pour empêcher  le Collectif des partis politiques de continuer sa funeste besogne, le Président de la République et le Gouvernement de Mohamed Saïd Fofana doivent arrêter de caresser ces insensibles dans le sens du poil.

Allons aux élections sans ces ennemis du peuple. Les cas de la Côte D'Ivoire et du Gabon ne sont-ils pas prémonitoires ?  

Quoiqu'il en soit, le peuple de Guinée croit en son Président de la République et connait désormais la véritable intention de ce Collectif. Nuire au gouvernement par tous les moyens. N'est-ce pas «Un ancien chef de canton limogé, ne voudra jamais la réussite de son successeur » ? Dit un dicton du Manden. 

Autant dire que les anciens premiers ministres, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré ne veulent que l'échec du Professeur-président. Pour cela, ils utiliseront tous les moyens pour empêcher  l'Homme du 7 novembre de réussir son pari. Celui de faire de la Guinée un pays émergent d'ici la fin de l'année 2012. 

Aujourd'hui, les actes posés par le Professeur Alpha Condé pour relancer le dialogue politique  peuvent paraitre anodins aux yeux de ces  politiciens narcissiques,  mais ils procèdent de la volonté du locataire de Sékuturéya de faire de la Guinée un pays démocratique, développé et où  il fait bon vivre.
 
Bangaly Condé « Malbanga »
 
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