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GUINEE:
CONAKRY, le
27-01-2010.
Le discours d'investiture de Jean Marie Doré
Hier mardi
le 26 janvier, dans la salle de congrès du palais du
peuple
à Conakry, a eu lieu cet évènement historique de
notre pays, l'investiture de Jean Marie Doré premier
ministre choisi par l'opposition. Devant un monde plein
d'espoir et tous les diplomates accrédités en Guinée,
monsieur Kabinet Komara désormais ancien premier
ministre a confié les affaires du gouvernement
à
Jean Marie Doré premier ministre entrant.
Voici le discours du
nouveau locataire de la primature:
Comme vous le voyez, mon prédécesseur, lui, avait un
bilan à présenter. C’est pourquoi il avait été un peu
long. Moi, je me garderai bien de le faire. Donc, je
viens pour vous saluer pour que physiquement nous
fassions connaissance. Il a plu au Général Sékouba
Konaté de bien vouloir ratifier le choix consensuel de
mes amis des Forces Vives de faire de moi le Premier
ministre. Je voudrais ici le remercier infiniment. Je
voudrais également au moment où je prends la parole,
prier chacun d’entre vous avec moi d’avoir une pensée
émue pour mon frère, Moussa Dadis Camara, qui est loin
de nous aujourd’hui.
Mesdames et Messieurs, le pays traverse en effet une
crise très grave, crise qui vient de s’articuler à la
profonde détresse de notre peuple qui vit dans des
conditions pour le moins difficiles dans le cadre de
l’habitat, qu’à celui de la santé, de l’éducation, et
des considérations d’ordre sécuritaires. Il s’agit donc
pour le gouvernement que je veux diriger, non pas de
faire des projections dans le long terme mais de poser
des actes où vont s’articuler les actions du futur
gouvernement qui sortira des élections que tous nous
espérons libres, transparentes et crédibles. Parce qu’en
effet, c’est le passage obligé pour notre pays de
renouer avec la stabilité, sans laquelle il n’est pas
possible d’envisager que d’autres Etats acceptent de
déposer leurs ressources financières dans notre pays,
quelque soit par ailleurs l’attrait extérieur les
potentialités économiques de notre pays, il faut la
stabilité.
C’est pourquoi la charge principale de notre
gouvernement sera d’organiser des élections mais en même
temps d’aider le chef de l’Etat, avec l’appui structuré
de la communauté internationale, d’aider donc à
restructurer et à réorganiser notre armée, qui est une
grande armée. Parce qu’elle a un passé glorieux en
Afrique, elle a contribué au prix de son sang à faire
libérer d’autres Etats africains, mais une certaine
gouvernance a de façon insidieuse contribuer par le
laxisme à créer une situation dans l’armée que chacun
déplore. L’armée n’est donc pas seule responsable de
tous ces problèmes, c’est l’abandon à elle- même, les
mauvais exemples qui l’ont conduit à cet état. Il
faudrait donc qu’ensemble la population, je veux dire
notre peuple, les structures politiques, sociales et
économiques, les institutions d’Etat donnent l’appui
inconditionnel au Général Sékouba Konaté, pour qu’au
sortir de la transition nous ayons une armée qui soit le
véritable instrument de la stabilité pour que la Guinée
reste entière.
Car le maintien de son intégrité territoriale par la
paix et l’intangibilité de ses frontières, c’est ça. Ce
sont les deux fonctions principales de mon gouvernement.
Il faudrait trouver d’appuis qui puissent rendre
possible la gestion de l’économie dans le futur, en
créant les conditions que le Premier ministre Komara a
bien voulu énumérer et qui sont l’une des conditions de
notre décollage. C’es pourquoi, tous les discours ont
été dits, il faut qu’on ait un effort pour qu’à la
table, qu’on serre la ceinture, et que le gouvernement
se mette au travail, avec le soutien de la presse, de la
jeunesse, des femmes qui m’ont demandé de faire un
gouvernement à dominance féminine. Bon, la politique est
l’art du possible, pardonnez- moi….
Monsieur le Premier ministre sortant, mon frère, je vous
promets avec votre aide, je crois qu’on finira par
suivre la ligne que vous avez tracée. Et je voudrais
ajouter un petit mot, sur vous. Votre caractère, vous ne
l’avez pas bien défini, je le conçois comme un caractère
fondé sur le stoïcisme. Parce que c’est cela qui vous a
permis de traverser des périodes difficiles. Vous allez
rester avec nous pour mettre en œuvre ce que le Général
Sékouba Konaté a dit, c’est-à-dire animer le comité de
suivi que nous allons créer peut- être plus tard afin
que la société civile, les syndicats et les partis
politiques, je veux dire les forces vives et les autres
structures politiques que je ne nomme pas, soit maintenu
dans le cadre des accords de Ouagadougou pour qu’on
accélère les pas afin de sortir des ténèbres du
crépuscule.
Je vous remercie".
Décryptage, Saliou Coumbassa depuis Conakry
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