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GUINEE: CONAKRY, le 25-01-2010.  Les gouvernements progressistes du Sud VS la politique des grandes puissances.

Le Président Moussa Dadis Camara de la République de Guinée, rentre dans le club des présidents en exercice mais, déclarés personnes non grattas sur leurs propres territoires (les cas des Présidents Jean Bertrand Aristide du Haïti et Manuel Zélaya de Honduras respectivement en 2004 et en 2009.

Le séjour obligé du Président Moussa Dadis Camara, bloqué á Ouagadougou depuis sa sortie de l´hôpital Royal du Maroc, le 12 janvier dernier, est sans équivoque une réponse impérialiste contre ses projets nationalistes.  L´accord de Ouagadougou signé le jeudi 15 janvier 2010 entre le Président Dadis et son ministre de défense, le général Sekouba Konaté, sous la médiation du Président Blaise Compaoré, n´est qu´une fiction juridique visant á blanchir l´ingérence des puissances étrangères dans les affaires internes de la Guinée. A leur tour, les deux présidents latino américains déjà mentionnés, ont eu le courage de dénoncer cette ingérence, mais malheureusement, le novice Dadis a signé un accord qui lui a été imposé. De surcroît, il a été contraint de lire un discours monté par d´autres personnes. Convalescence oblige. Les pros Dadis ont réclamé le retour de leur Président durant des jours ; mais, en vain.


Port au Principe a vécu les mêmes scénarios en 2004 quand le Président Jean Bertrand Aristide avait été obligé d´abandonner le pouvoir en Haïti et trouver exile en Centrafrique.


Depuis son arrestation puis son expulsion sur Costa Rica, le 29 juin dernier les partisans du président Manuel Zélaya de Honduras continuent de réclamer son retour au pouvoir. Malgré sa présence au pays, le Président Manuel Zelaya reste sans pouvoir et réfugié á l´ambassade du Brésil á Tegucigalpa. En avril 2002, le bouillant président Hugo Chavez du Venezuela avait évité de justesse un coup de ce genre á cause de sa vision progressiste et anti-impérialiste.


Nous savons comment le médiateur d´aujourd´hui a liquidé son ami, le charismatique et panafricaniste jeune capitaine Thomas Sankara, alors Président de la terre des hommes intègres, en ce petit matin du 15 octobre 1987 ; (Voir la révélation de l´ancien chef rebelle du Libéria, le général Prince Jonhson, devant la Commission vérité et réconciliation du Liberia, le 29 août 2008).


La nouvelle génération africaine doit éviter des manipulations de ce genre au risque de compromettre nos indépendances, acquises au prix du sang de nos martyrs. Tant que nos peuples et nos dirigeants ne favorisent pas la coopération Sud Sud, nos indépendances resteront bafouées par les règles de la mondialisation et nos Etats sans souveraineté.


Aujourd´hui, le concept de « dictateur » n´est attribué qu´aux dirigeants progressistes, conséquence de la politique de « Celui qui n´est pas avec nous et contre nous ». Oú va le monde, les plans néo-colonialistes ou les manipulations impérialistes sont- il en phase de transformer le mensonge en vérité á cause de leur éternel projet de domination.


Qui a condamné les invasions des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan ?


Quelle voix s´est levé pour condamner la main noire des français dans le génocide rwandais ou tout près de nous, le bombardement de l´aviation militaire ivoirien par les soldats français ?


Le silence français devant la succession monarchique des défunts président Gna Sengbé Eyadema et Omar Bongo par leurs fils en 2005 et en 2009 respectivement au Togo et au Gabon, n´est il pas un exemple vivant de la fausseté de la politique française ?


L´Afrique a besoin de nouveaux leaders á vision nationaliste et panafricaniste, sinon nos indépendances des années soixante resteront comme des déclarations politiques sans effet. Solution africaine aux problèmes africains, sans aucune ingérence étrangère ni corruption d´un quelconque cadre africain. Nos organisations régionales et sous régionales doivent chercher leur autonomie financière pour éviter que l´aide extérieure influence le normal fonctionnement de nos institutions dans la prise des décisions.


Aujourd´hui, l´exemple Dadis loin d´être oublié, doit nous servir d´idéologie dans nos luttes pour la défense de notre dignité.


La vision Dadis est une manifestation expresse de l´amour pour la patrie. Certes, son style n´a pas plus á certains, mais ; la Guinée retiendra son nom comme un grand patriote.


Reconnaissons que l´ère Dadis vient de commencer, sans un capitaine Dadis aux commandes, mais un peuple guinéen dadifié pour un changement radical dans le fonctionnement de nos institutions et l´administration d´Etat. Rien ne sera plus comme avant.


La réalité est que l´état de santé du Président Camara ne lui permet plus d´être actif ; alors son maintien au pouvoir serait un moyen pour certains de salir son image á travers des pratiques destructives. Dadis a lutté pour le progrès de notre nation, s´il s´est trompé, c´est aussi á cause de la Guinée.


Freiner á sec le narcotrafic et démasquer toutes les fraudes institutionnelles, c´est un pas important dans la prise de conscience du peuple de Guinée. Tous les regards sont tournés aujourd´hui vers ceux qui auront la charge de diriger l´Etat guinéen. Prions l´éternel Allah, pour que nos futurs dirigeants axent leur gestion sur l´intérêt supérieur de la nation.
Défendons l´intérêt national et non celui de nos ethnies, ou nos régions, car nous ne pouvons plus vivre comme des peuples séparés sinon un seul peuple condamné á vivre comme une nation unie et indivisible, un seul Etat, la chose publique de Guinée.


Que Dieu bénisse l´Etat guinée, comme une nation unie et prospère.

Depuis La Havane, un commentaire du Dr Théa Cécé Victorien Junior
Juriste, Spécialiste en Droit International et linguiste.
Junior_thea@yahoo.fr


 

 
   

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