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CONAKRY, le 02-07-2009.
Guinée
: Le futur de l’économie nationale
Avec une dotation compacte en ressources naturelles,
le tableau récapitulatif de la performance économique de
la Guinée est ahurissant. Les gouvernements antérieurs
n'ont pas été en mesure d'assurer une croissance
durable, pendant qu’une vigoureuse politique pourrait
être mise en œuvre pour transformer l’environnement
économique. Nos potentialités dans les domaines de
l'agriculture et de l'exploitation minière, notamment la
bauxite, le fer, de minerai, d'or et de diamants sont
des atouts inestimables pour atteindre un niveau de
développement essentiellement supérieur à celui de nos
jours. Et pourtant si de bonnes initiatives de
développement économique durable avaient été élaborées
tout en luttant contre la corruption, la Guinée aurait
dépassé son niveau actuel et même devancé des pays de la
sous région Ouest Afrique, non exportateurs du pétrole.
Malgré ces échecs, sous la conduite des autorités
d’alors, la Guinée a mené une politique monétaire plus
souple et mieux adaptée à la croissance, qui incluait
fondamentalement une stratégie de réforme axée sur le
développement du secteur privé et un ensemble de rigueur
assurant la bonne gestion gouvernementale de l'économie
nationale. Ces réformes nous ont permis d’être admis au
programme des pays pauvres très endettés (PPTE) en
Novembre 2000. Il y a lieu de reconnaitre les efforts
déployés par l’ancien régime dans ce cadre.
Selon les donnees statistiques de FMI, la croissance du
PIB réel avait atteint le taux de 3,6% en 2001 alors
qu’elle était environ 2,1% en 2000, soit une
augmentation annuelle de 1,5%. Le taux d'inflation moyen
a baissé à 5,4% en 2001, passant de 6,8% en 2000, soit
une baisse annuelle de 1.4%.
Certes la guidance d’une gestion gouvernementale solide,
d’un contrôle interne efficace visant à rendre très
représentative l’élaboration des budgets et le suivi des
activités financières, plus la prudence de restriction
de l’offre monétaire pour financer le déficit fiscal
comme on le fait souvent constituent l’une des causes de
succès de cette maitrise d’inflation y compris la
production agricole dont l’effet a positivement
influencé les prix des produits alimentaires.
Un revirement spectaculaire a pris cours en 2003, où la
performance économique s’est considérablement dégradée
et a atteint un niveau qui est opposé à l'espoir de
parvenir à la réduction de la pauvreté que nous ciblons.
Malgré l’immense potentiel de développement dont est
dotée la Guinée, elle a connu une crise économique
caractérisée par un ralentissement de croissance, une
forte hausse de l'inflation, des difficultés avec le
paiement de sa dette, la restriction des financements
extérieurs et d'une augmentation considérable de la
pauvreté. Les causes sont bien connues : la mauvaise
gestion macroéconomique, le manque de transparence dans
la gestion des ressources, l'impunité encouragée et la
corruption généralisée qui ont favorisé le détournement
de fonds publics, les effets non négligeable de
l'élection présidentielle tenue en décembre 2003, etc...
Le taux de croissance économique passe de 4,2% en 2002 à
1.2% en 2003, une baisse remarquable de la croissance de
3%. De même les taux d’inflation varient de 5 à 14.8 en
pourcentage. L’économie prend un souffle pour accroitre
l’année suivante à 2,7% puis à 3,3% en 2005 pour
recommencer la chute en 2006 autour de 2,2%. A la même
année, le taux d’inflation s’élève à près de 35% et les
revenues domestiques, une composante réelle du budget
gouvernemental, passe de 14% à moins (1,3%) du PIB.
En se saisissant de ces données macroéconomiques, nous
nous rendons compte qu’il faut éliminer les politiques
économiques tordues, assainir les finances publiques,
éviter de fortes augmentations de la masse monétaire
pour financer le déficit, lutter contre la corruption,
renforcer le système d’information statistique pour une
meilleure présentation et d’évaluation de la taille de
notre déficit fiscal. Il y a toujours besoin d’accomplir
des progrès significatifs dans les reformes
structurelles notamment dans les domaines monétaires et
de finances publiques. La prospérité de notre économie
en dépend.
Le mystère est que nos années de croissance n’ont pas eu
assez d’impact remarquable sur le niveau de
développement. Universellement une période de croissance
conduit à un taux d’épargne raisonnable pour permettre
de réels investissements dans les infrastructures telles
que les routes, les hôpitaux, les écoles, l’énergie,
l’adduction d’eau potable, les télécommunication, etc.…
Mais non des projets fantômes irréalisables et des
programmes fantaisistes ou imaginaires pour attribuer
les fonds aux individus dépourvus de toute moralité
saine. Les allocations des ressources sont, dans la plus
part des cas, suspicieuses et beaucoup plus théoriques
par rapport au plan officiel et malheureusement réelles
par rapport au plan officieux. En conséquence, la
capacité de fonctionnement correct des services publics
diminue de période en période et tout cela constitue un
ensemble de facteurs contrariant la réalisation du
développement économique et social que nous visons.
Avec une croissance remarquable comme indiquée ci haut,
la Guinée pourrait au moins s’investir dans le domaine
le plus important qui réside dans la planification du
développement du secteur de l'énergie et d’eau potable
dans la mesure où l'électrification contribue à la
croissance économique elle-même, en soutenant les
industriels, semi-industriel, commercial, activités
agricoles,… bref tous les secteurs d’activités
économiques. Il est facile, pour les agences de
développement, de nous accompagner dans cet élan si le
gouvernement élabore un plan ordinairement crédible en
ayant réalisé des résultats économiques satisfaisants.
On ne doit pas échouer là où nos voisins, moins riches
que nous comme le Mali et le Burkina Faso, ont réussi.
L’honnêteté et la sincérité des chefs, la lutte contre
la corruption et l’impunité doivent devenir, même après
le Président Dadis et le CNDD, inévitables pour assurer
une gestion administrative plus efficace : la
gouvernance économique et financière.
En 2003, l'aide financière provenant usuellement des
partenaires de développement comme le FMI, la Banque
mondiale, la Banque africaine de développement, les
membres du Club de Paris, etc.… a été suspendu en raison
des mauvais résultats macroéconomiques et des
irrégularités fiscales. Il faudrait maintenant exploiter
des perspectives de développement et créer des
conditions pour modifier le rythme de la croissance vers
une plus grande stabilité macroéconomique comme celui
qui avait conduit à l’obtention d'un nouvel accord
triennal avec le FMI en décembre 2007. Par exemple on
peut choisir le model approprié des pays en
développement -c'est-à-dire- promouvoir un espace
politique et institutionnel qui soutient la prospérité
du secteur privé et qui le permet d'agir comme un
véritable souffle de croissance. Le but est d’inciter
l'activité du secteur privé qui est supposé créer de
bons emplois intérieurement pour générer des revenus
plus denses afin de constituer une rentabilité
satisfaisante des biens vendus sur place.
Nous avons assez appris de nos échecs et il est temps de
concevoir un programme rigoureux et des mesures
suffisamment efficaces pour établir les équilibres
macroéconomiques visant le retour à une croissance
durable, atteindre le point d’achèvement de l’initiative
PPTE, réduire la pauvreté et limiter les effets des
chocs exogènes liés à la crise mondiale. Voilà nos
défis. Ils sont réels et il nous faut de solutions
réelles pour les aborder. Que le meilleur des candidats
soit élu en décembre 2009 pour atteindre ces objectifs.
Vive la Guinée
Vive la jeunesse
Mamoudou kouyaté
New York
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