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GUINEE:
CONAKRY,
le 29-07-2010.
Second tour
de la présidentielle guinéenne.
Dalein, ce nom mythique du candidat qui dérange tant.
Y-aura-t-il cette fois-ci un président peulh en Guinée ?
Depuis la nuit des temps, les électeurs guinéens n’ont
jamais porté leur choix à la magistrature suprême sur un
peulh. Ce, pour deux raisons : Premièrement parce qu’il
n’y a jamais eu un vote libre et démocratique dans notre
pays. Deuxièmement, parce que les ressortissants du
grand Fouta Djallon ont, eux-mêmes, méprisé la chose
politique préférant le commerce qui assure mieux. Autre
temps, autres mœurs. Cette fois-ci, l’engagement et la
détermination chez les peulhs sont grands. Ils veulent,
eux aussi, prouver leur capacité à gérer la chose
publique. Quoi de plus normal ! Mais pourquoi depuis que
Dalein caracole en tête du premier tour fait-il peur ou
même trop peur à certains de ses compatriotes au point à
en plus dormir ? Voyons plus en détails.
Evoquer le nom Peulh dans certains milieux en Guinée
fait frémir des gens. A tort ou à raison, on assimile
étrangement le Peulh au Juif d’Israël, à Jean Marie Le
PEN en France. Bref, on le l’assimile à tout sauf à un
bon patriote guinéen capable de bien diriger le pays. On
pense que le pouvoir politique n’est pas ou ne devrait
d’ailleurs pas passer dans ses mains ou tout au moins
tomber dans sa besace. Une grosse erreur sur toute la
ligne. Car si depuis Sékou Touré jusqu'à Dadis en
passant par Lansana Conté, la Guinée n’a pas élu ou
confié le pouvoir à un Peulh, cela ne signifie pas qu’il
n’en veut pas.
Les froussards estiment que le peulh est synonyme
d’ethnocentrisme poussé. De notre part, nous pensons que
le peulh est un travailleur, un investisseur, un
commerçant et un homme courtois et entrepreneur.
De 1958 à 2008, quel bilan avons-nous dans le cadre du
développement économique ? Négatif ! Au temps de Sékou,
on a passé le clair de notre temps à chanter les
louanges d’un homme et à danser pour un régime
oppresseur et despote. De 1984 à l’an 2008, c’était le
laisser- aller. La liberté a été confondue au
libertinage avec les conséquences qui en ont découlées.
Au seuil donc de la démocratie, disons que le meilleur
gagne et si Dalein gagne le vote de ses concitoyens, il
n’y a pas de péril en la demeure. Arrêtons alors de
diaboliser un important groupe ethnique qui, pourtant, a
des valeurs morales et religieuses très fortes. Dalein
est un homme politique issu d’un système désintégrateur
et corrompu. Le peuple aura le dernier mot au second
tour et son choix doit scrupuleusement être respecté !
Par ailleurs, le guinéen moyen attend toujours que la
date du second tour soit fixée pour aller honorablement
s’acquitter de son devoir sublime, civique et
républicain : voter pour le candidat de son choix. La
CENI, la cheville ouvrière de la machine électorale
s’active pour que dans les prochains jours, cette date
soit connue par le grand public.
En attendant, il est important de jeter un regard sur le
parcours des deux hommes en lice pour ce second tour
qui, aux yeux des observateurs, parait plus important,
plus déterminant. Jamais une élection n’a mobilisé les
guinéens que ces présentes joutes électorales.
Commençons par l’homme qui polarise l’attention des
medias et des courtisans de la chose politique, M.
Cellou Dalein Diallo, fils de la localité de Dalein dans
la préfecture de Labé, capitale pittoresque de la
deuxième région naturelle du pays : Labé ou le Fouta
Djallon. M. Diallo qui a récolté plus de 43% au premier
tour, est pur et dur produit de l’administration
guinéenne où il a une longue expérience de plus de vingt
ans. Voyons, de l’administration régionale à N’Zérékoré,
M. Diallo a fait le tour de la Guinée comme le ferait un
berger et son troupeau dans la savane arborée de la
haute guinée pour enfin se sédentariser à Conakry.
D’abord son long séjour à la Banque centrale lui a valu
l’établissement d’une kyrielle d’amitiés. A la faveur du
partage du pouvoir en juillet 1996 intervenu suite à une
sanglante mutinerie survenue plus tôt dans le courant de
la même année, M. Diallo a été nommé dans le
gouvernement de Sidya Touré alors premier ministre. Il
ira de département ministériel en département
ministériel : Transport ; Travaux publics et
Equipements; Télécommunications. Que sais-je encore ?
En 2004, M. Cellou Dalein Diallo fut nommé premier
ministre par le défunt président, le général Lansana
Conté. Du vivant de son bienfaiteur, M. Diallo tente de
montrer sa vraie couleur à celui qui le nomma quelques
mois plus tôt. Il forme un gouvernement parallèle avec
des hommes qu’il connaît et admire pour une fin de règne
du général partagée tout le long du parcours entre le
royaume de Morphée et notre monde. Se rendant compte du
forfait de son ‘’petit’’, le général sanction son jeune
ministre en le limogeant du gouvernement.
De là, l’enfant de Dalein engage une longue marche avec
des hauts et des bas. Il atterrit au sein de l’U.F.G.D
de feu Bah Mamadou Bhoye, leader charismatique et
audacieux en qualité du président d’honneur et à la mort
de celui-ci, Cellou est propulsé au sommet du parti et
débute un long chemin de croix pour lui jusqu'à
maintenant.
Si dans l’ensemble, certains le présentent comme un
bâtisseur (il fut l’homme qui érigea le pont sur la
fatala à Boffa, artisan de la route Kankan –Koulémali et
de nombreuses autres réalisations…), d’autres estiment
que Cellou est un mauvais gestionnaire.
Le verdict tombera au soir du second tour de la
présidentielle.
Dans notre prochaine édition, nous vous parlerons du
candidat Alpha Condé, leader du RPG.
Une analyse de Saliou Coumbassa pour Guineemoderne.
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