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GUINEE:
CONAKRY,
le 06-07-2010.
La
démocratie à l’épreuve en Guinée!
Encore une fois notre évolution vers la démocratie
traverse une phase critique. Si les nombreuses voix qui
se lèvent actuellement confirment que la Commission
électorale nationale indépendante (CENI) a éliminé le
candidat de l’UFR par voie électronique, alors la menace
aurait eu raison de la démocratie. Dans cette
circonstance, aucune raison acceptable ne peut justifier
que l’on choisisse de sacrifier un candidat sur l’hôtel
de l’accommodement ethnique. Nous aurions alors raté un
virage important de notre entrée en démocratie, à moins
que la cours suprême se décide à dire le droit pour
l’intérêt suprême de tous les Guinéens.
S’il y a un dénominateur commun que l’ensemble des
partis partagent c’est que cette élection a brillé par
son manque de transparence. Il ressemble à une grande
mascarade électorale dans laquelle le choix du peuple
est loin d’occuper une place importante. Devrions nous
nous résigner au fait que le président qui administrera
le destin des Guinéens ne soit pas réellement issu de la
volonté du peuple? La menace ethnique doit-elle prendre
le pas sur la démocratie? Tous les Guinéens clairvoyants
doivent dire non à une telle logique si elle est avérée,
car si l’on n’y prend garde, cela nous mènera à l’abîme.
Une telle logique, si elle existait, se singulariserait
aussi par un manque de discernement notoire. Si le
dessein est de permettre qu’un second tour se fasse
entre les partis ethniquement plus représentés et non
selon le choix des Guinéens, rien ne garantit que même
dans ce scénario le parti qui perdra les élections se
conformera aux résultats déjà préfabriqués. Puisque la
logique de la menace peut désormais faire recette, le
perdant du second tour tentera de l’utiliser en sachant
que c’est une méthode qui marche. Comme disait un
illustre penseur : « Une injustice ouvre toujours la
voie à la suivante ». Au nom de ce principe, il serait
stratégiquement très illusoire de penser que nous
pouvons enraciner durablement la démocratie en Guinée en
la fondant sur la soustraction à priori d’un candidat
issu de la volonté populaire.
Ainsi, il est important que la cours suprême, garant de
la stabilité de nos institutions, veille au grain pour
refuser une démocratie à coquille vide. Si les
tractations actuelles se confirment, la classe
dirigeante actuelle aura failli à sa mission car on ne
peut en aucun cas corriger une injustice par une autre.
Par le passé la mainmise des militaires a été
dévastatrice pour notre évolution comme nation; la voie
des combines malveillantes peut être pire.
Il est temps que tous les Guinéens veillent à ce qu’une
vraie démocratie s’installe car c’est au prix de longues
luttes que nous sommes arrivés à ce stade. Tous les
Guinéens y ont participé au prix de leur vie et nous ne
devrions pas accepter que les règles du jeu nous soient
fixées de manière non compréhensible. Au nom de tous ces
sacrifices il serait non admissible que de pareilles
combines antidémocratiques soient instaurées comme règle
dans notre combat démocratique.
Mouctar Diaby, Montréal
Administrateur économique et social
mfdiaby@hotmail.fr
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