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GUINEE:
CONAKRY,
le 26-07-2010.
Une
démocratie sans paix durable est sans fondement
Il est vrai que nous consentons légitimer le pouvoir
de nos dirigeants à travers un vote libre, crédible et
transparent, or l’élection du 27 juin 2010 a été libre
mais pas transparent vu que les citoyens guinéens se
sont massivement mobilisés dans la discipline bravant le
soleil et la pluie pour aller choisir leur futur
magistrat suprême de la République de Guinée.
Malheureusement, à l’annonce des résultats provisoires
le 2 juillet 2010, les candidats à l’élection
présidentielle se sont rendus compte que ce scrutin a
été entaché de fraudes massives et généralisées et ont
déposé des recours auprès de la cour suprême.
Cette cour suprême a rendu son verdict le mardi, 20
juillet 2010 en confirmant les deux candidats connus
après la proclamation des résultats provisoires du
premier tour. Comme une fois n’est pas coutume, selon
certains observateurs, c’est la politique qui a été dite
à la place du droit car près de 50% des voix exprimées
ont été annulées prétextant la non transmission des
procès verbaux alors que le président avait la
possibilité de les réclamer avant et pendant l’examen
des dossiers.
Pis, selon un juriste, spécialiste en droit privé, le
président de la cour suprême ignorerait certaines de ses
attributions au point qu’il a rejeté une demande
d’indemnisation d’un des candidats malheureux au motif
que ce contentieux électoral ne relevait pas de ses
compétences.
Toutes ces situations font qu’aujourd’hui, j’éprouve un
sentiment d’inquiétude pour l’avenir de mon pays puisque
la consolidation de la démocratie dépendra de : la
justice sociale, la paix durable, la stabilité
politique, de l’unité nationale, de la satisfaction des
besoins essentiels des populations, du renforcement des
institutions Républicaines et de l’indépendance du
pouvoir judiciaire.
Alors que la Guinée se trouve à la croisée des chemins
de son histoire, les informations qui nous parviennent
font état de manœuvres dilatoires et machiavéliques de
la part de certains acteurs de la transition à la place
de clairvoyance au sens patriotique, ce qui pourrait
rendre le pays post électoral ingérable avec pour
conséquence de compromettre le processus de
démocratisation.
Les cinq années de mandat du président qui sera
démocratiquement élu serviront au processus de
transition puisque la période de transition actuelle
sous la houlette du Général de brigade Sékouba KONATE
n’aura pas permis de poser les bases solides de façon
rationnelle, cohérente, productive en vue d’amorcer un
véritable changement.
Il semblerait qu’en Guinée: le clientélisme,
l’ethnocentrisme, le régionalisme triomphent sur la
méritocratie. Dans ces conditions, tous les ingrédients
sont en train d’être réunis pour que si rien n’est fait
pour rectifier le tir, le pays connaisse des
débordements avec des conséquences incalculables. Que «
Dieu » nous en garde!
Le fait que nos compatriotes se contiennent pour ne pas
entraver le processus de transition, ne signifie pas
qu’il y a paix tant les frustrations sont énormes et
s’accumulent au jour le jour et sans justice sociale, la
consolidation de la paix restera hypothétique et
aléatoire en l’absence de laquelle, point de démocratie
ni développement.
Chers compatriotes,
La situation critique que traverse notre pays doit nous
interpeller pour prévenir les conflits en posant des
bases concrètes de réconciliation nationale au lieu de
rafistoler avec pour conséquence le déplacement des
problèmes.
Je ne saurais terminer cette réflexion sans féliciter
nos deux candidats : El hadji Cellou Dalein DIALLO et le
professeur Alpha CONDE en lice pour le deuxième tour de
l’élection présidentielle 2010. Que celui qui sortira la
Guinée du bourbier dans lequel elle se trouve en
transcendant les clivages ethniques et régionaux pour
privilégier l’intérêt national gagne. Amen !
Le 23 juillet 2010
Vive l’unité nationale !
Que « Dieu » bénisse notre beau pays. Amen!
Marie José YOMBOUNO
Présidente de l4AGFDH
http://www.agfdh.org
France
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