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FRANCE:
PARIS,
le 27-07-2010. Comment
sortir l’éducation africaine de sa crise ?
Auteur : Yves Mâkodia Mantseka
L’éducation ne joue pas son rôle moteur dans la société
africaine. Cette clé de l’avenir est oubliée au présent
par l’Afrique dans sa marche vers la croissance et le
développement. Ce déplorable oubli trouve sa raison dans
les choix politiques des gouvernants depuis l’aube des
indépendances. Les systèmes éducatifs jugés trop
étatiques montrent que les investissements accordés à
des écoles publiques ont entrainé la baisse du niveau
général des élèves, l’incompétence des enseignants,
l’échec scolaire. Quelles sont les causes de l’échec en
Afrique et quelles en sont les solutions ?
Le constat du désastre éducatif africain
Ces dernières années, sur 100 élèves ayant présenté un
examen, près de 75 en moyenne ont échoué. Les taux
d’abandon scolaire restent très élevés. Aujourd’hui
pourtant, malgré les efforts considérables déployés pour
garantir ce droit, la réalité est telle que plus de 100
millions d’enfants et d’innombrables adultes n’achèvent
pas le cycle éducatif de base qu’ils ont entamé ; des
millions d’autres le poursuivent jusqu’à son terme sans
acquérir le niveau de connaissances et de compétences
indispensables. En outre, les deux tiers de 110 millions
d’enfants qui ne vont pas à l’école sont des filles. Un
suivi de tous les 100 élèves qui ont entrés à l’école en
1999, a montré que seuls 25 ont atteint la septième en
2006. Au Kenya 84% des élèves ont atteint la septième.
En Tanzanie cette proportion s’élevait à 81% et au
Rwanda à 74%.
Par ailleurs, le taux d'alphabétisation des adultes en
Afrique est parmi les plus faibles au monde. « Sur les
10 pays qui affichent les plus faibles taux
d'alphabétisation du monde chez les adultes (15 ans et
plus), sept se trouvent en Afrique de l'Ouest : le Bénin
(40%), le Burkina Faso (26%), la Côté d'Ivoire (49%), la
Guinée Conakry (29%), le Mali (23%), le Niger (29%), le
Sénégal (42%) et la Sierra Leone (27%) », indique une
récente étude intitulée « From closed books to open
doors - West Africa's literacy challenge » (Des livres
fermés aux portes ouvertes - Le défi de
l'alphabétisation en Afrique de l'Ouest). Mais, selon la
même étude, deux pays dépassent la barre des 50%, à
savoir : le Cap-Vert (83%) et le Ghana (64%). A
l'échelle de l'Afrique de l'Ouest, ils sont 65 millions
d'adultes (soit 40%) qui ne sa¬vent ni lire ni écrire,
selon le même rapport.
Les causes des problèmes d’éducation en Afrique
L’Afrique souffre d’une hypercentralisation des
décisions pédagogiques. On observe une forte
standardisation des formations. L’État Y entretient une
bureaucratie rampante et alimente le favoritisme. Les
investissements sont mal gérés, entrainant un gaspillage
financier énorme. Ensuite, on constate des formations
inadaptées qui ne coïncident pas avec les besoins
spécifiques de l’élève. En outre, l’Afrique est
fortement touchée par le problème des incitations des
enseignants et des chefs d’établissement. Il n’y a pas
de véritable politique de liberté et d’indépendance du
corps enseignant dans le choix des programmes et de
prise des décisions favorables au développement de
l’éducation.
Au regard de ce qui vient d’être souligné, le
chèque-éducation, dont l’expérience a été concluante
dans de nombreux pays, peut-il représenter une solution
au désastre éducatif Africain ?
Le chèque-éducation : la solution ?
Le chèque-éducation est un système qui permet aux
parents de financer directement l'école dans laquelle
leur enfant sera scolarisé. Il est donné par
l’administration, et les parents financent avec l'école
de leur choix directement et non forcément l'école que
leur aurait été imposée. Ainsi subventionne-t-on
directement l’élève au lieu de subventionner
l’établissement. Ce système de démonopolisation de
l’école favorise une extension de la démocratie dans
l’enseignement même et une réduction des inégalités
sociales, en facilitant la mixité des couches et des
classes sociales.
Ce faisant, la décentralisation de la gestion s’impose
pour pallier les insuffisances et résoudre les problèmes
qui minent l’éducation en Afrique.
En redonnant à l’élève et à la famille la liberté de
choix de son école, on oblige les établissements à
adapter leur offre à la demande. Ce système accroît
ainsi nettement la responsabilisation des chefs
d’établissement pour qu’ils rendent des comptes sur
leurs politiques pédagogiques, le recrutement de
l’équipe pédagogique et les résultats scolaires. Est
ainsi créée une émulation entre les différents
établissements pour améliorer la qualité de l’offre.
Des exemples
L’exemple remarquable de l’Inde a droit de cité dans le
programme de ce désormais fameux « voucher ».
Aujourd’hui, une grande partie du système éducatif est
financé par les entreprises qui s’engagent à former les
élèves et dans les campagnes une école sur quatre est
privée. L’étude récente de la Banque Mondiale sur les
Vouchers dans les pays du Tiers Monde souligne les
résultats satisfaisants (Chili, Colombie, Thaïlande,
Philippine). Les Etats-Unis restent le pionnier de ce
modèle insufflé par Milton Friedman en 1962. En Floride,
sur 1000 vouchers, 61% sont accordés aux enfants noirs
et 30% aux enfants d’origine Hispanique. En Europe
divers pays ont expérimenté ce modèle. Les écoles
appliquant ce système sont d’une qualité meilleure grâce
à l’incitation compétitive engendrée. Aux Pays-Bas 76%
des enfants choisissent l’école privée grâce aux
Vouchers. En Finlande et en Grande Bretagne près de 8000
euros sont octroyés aux parents pour choisir leur école.
En Suède les vouchers ont été généralisés (80% de
bénéficiaires).
En somme, l’Afrique, secouée par les problèmes de
l’éducation, se doit de mettre en application les
chèques éducation ou « vouchers » comme solution de
sortie de crise. Ce système de démonopolisation entraine
la baisse de l’illettrisme et des mauvais résultats des
enfants pauvres et aisés. C’est un programme favorable à
tous et essentiel pour mettre fin au désastre éducatif.
Yves Mâkodia Mantseka est critique littéraire.
Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org
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