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GUINEE:
CONAKRY,
le 06-07-2010.
Déclaration
de la NGR sur les élections présidentielles du 27 juin
2010
La NGR prend acte des efforts fournis par le peuple
de Guinée qui s’est acquitté de son devoir civique le 27
Juin 2010. Elle remercie la Communauté Internationale
pour le soutien et le rôle d’observateur qu’elle a eu à
jouer lors du scrutin. Elle félicite les autorités de la
transition d’avoir respecté leurs engagements en
organisant les élections à la date indiquée.
L’élection qui vient de se dérouler était souhaitée par
tous les guinéens et voulue transparente, juste et
acceptable pour tous.
Malheureusement, c’est avec consternation que la NGR a
constaté des nombreuses fraudes qui sèment le doute sur
le résultat et ternissent l’image de la transition.
C’est pourquoi, elle profite de l’occasion pour attirer
l’attention des autorités de la transition et la
communauté internationale sur ces nombreux cas de
fraudes déjà enregistrés, dénoncés d’ailleurs par
l’ensemble des candidats et explicitement reconnu par la
CENI elle-même, et les met en garde contre toute
appréciation hâtive.
Après plusieurs sacrifices consentis par le peuple, nous
avons besoin aujourd’hui d’un climat de confiance totale
pour permettre au pays de continuer sa marche dans la
sérénité. C’est pourquoi nous exigeons de la CENI de
tenir ses engagements d’organiser une élection crédible
acceptable par tous.
Le caractère responsable de la NGR engage ses dirigeants
et militants à revendiquer, dans les limites de la loi,
le respect de leurs droits. Nous tenons cependant à
préciser que notre détermination ne souffrira d’aucune
faille.
Les irrégularités suivantes jettent aujourd’hui le doute
sur la crédibilité des résultats :
- 172 cas de fraudes dans des bureaux de vote à Ratoma
seulement et environs 150 autres à Matoto. On signale
des cas de fraudes à Faranah, Matam, Dinguiraye, Kindia,
Siguiri, Fria, Boké et Labé. Ces cas compromettent ainsi
des centaines de milliers de votes.
- Les procès-verbaux remis à des commissions
administratives de centralisation étaient certains dans
des enveloppes non-scellées, d’autres non enveloppés,
d’autres encore dans des enveloppes scellées puis
ouvertes suite à falsification.
- La disparition d’urnes dans multiples bureaux de vote
à Kindia et dans d’autres circonscriptions.
- Des citoyens des bureaux de vote entiers ont été
déniés de leur droit de vote par manque d’urnes, de
cartes d’électeurs et de bulletins.
- La saisie de plusieurs cartes d’électeurs
contrefaites.
- L’existence de bureaux de vote parallèles.
Ces irrégularités sur toute l’étendue du territoire
national interpellent tous les guinéens et entravent
notre marche vers la démocratie. La période de
transition que nous traversons appelle à un traitement
de choc qui est l’annulation des resultats du vote pour
tous les partis impliqués dans l’usage de faux.
Le manque de volonté de mener ces élections à bon port
ne sera point toléré. Les embuches déjà semées sur notre
chemin, accentuées par la division que crée le
mécontentement général doivent être éliminées et non
multipliées.
Nous appelons les uns et les autres à définir l’esquisse
d’un futur gouvernement exemplaire auquel, convenons-en,
nous n’y arriverons qu’avec un maximum de détermination.
Pour cela, il faudrait exiger certaines règles aux
responsables en imposant la tolérance zéro à tout cas de
fraude. Faisons de sorte que ces problèmes sérieux et
pressants soient traités aussi vite que possible.
La roue du processus électoral n’est pas à réinventer.
Il nous suffit simplement de meilleures initiatives que
celles jusqu’ici posées. La mouvance politique actuelle
nous engage à nous mobiliser et partager certains
principes, qui subséquemment mèneront au changement
positif du processus des élections. Il est urgent de
revaloriser le pouvoir politique en redonnant à la
justice sa place, en contrôlant les instruments de vote
et en encourageant l’esprit de transparence.
Conakry le 1er juillet 2010
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