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CONAKRY, le 04-06-2009.
A quand une chambre froide
L’une des premières sources de consternation des
nouveaux dirigeants guinéens a été d’avoir le corps du
Président Conté sous la main sans chambre froide. Les
climatiseurs de la Présidence n’ont pas suffit à éviter
le pire, “la désintégration du corps”. Pourtant, cette
situation pourrait être évitée. Les ministères de
l’Education et de la Santé Publique en sont
responsables.
En effet, aujourd’hui, on est en droit de se demander si
ce manque de chambre froide est le prix d’une négligence
or d’un sabotage. Quoiqu’il en soit, ces deux
institutions, à savoir, le ministère de la Santé et
celui de l’Enseignement Supérieur de la deuxième
République, doivent répondre. Chaque ministre
individuellement pris est responsable de son temps de
fonctionnement.
Je suis le produit de la première promotion de la
faculté de médecine de Conakry. Cette école ouverte en
1967, était bien équipée, ce malgré les difficultés
économiques de l’heure et les pressions de l’Europe
contre la jeune République.
1/ Une chambre froide, hémicycle de l’anatomopathologie,
médecine opératoire, histologie, etc.
2/ Une chaine de froid de biochimie, chimie et autres
laboratoires utilisés par la pharmacie ;
3/ une chambre de froid a la morgue de Donka et Ignace
Dean.
Toutes ces institutions étaient entretenues
soigneusement par des techniciens guinéens dans les
hôpitaux et par des techniciens contractuels venus des
pays de l’Est pour la faculté de médecine et pharmacie.
Est-il nécessaire de rappeler que le Doyen de la faculté
de Médecine est responsable direct de la maintenance des
matériels didactiques. Le ministère de l’Education
assume la responsabilité morale et administrative.
Ainsi, pendant plus de vingt ans de 1967 à 1987, le
contenu de l’enseignement répondait parfaitement aux
exigences internationales et nationales de l’éducation
des cadres supérieurs de la santé:
Un enseignement préclinique (physiologie, anatomie,
biochimie, physiologie, médecine opératoire, avec sa
chaine de froid (morgue, frigidaires).
Une éducation clinique dans les centres
hospitalo-universitaires de Donka et Ignace Dean, avec
la pratique dans les morgues.
Pharma guinée servait de centre d’entrainement pour la
faculté de Pharmacie et l’école nationale de santé
Mafory Bangoura pour la formation des techniciens de
laboratoire et pharmacie.
Comment expliquer aujourd’hui que cette faculté de
Médecine manque ces laboratoires et chambres froides.
Pourtant l’enseignement médical continue. Pourtant les
deux ministères, celui de la Santé et de l’Education
continuent à parler de la bonne qualité de
l’enseignement dispensé à la faculté de Médecine. Ces
paroles sont une manifestation de la démagogie. La
première République n’était pas plus riche que la
seconde.
La première République a connu des ministres de la Santé
de formations diverses: des médecins, vétérinaires,
infirmiers, et même des administrateurs civiles… Les
chambres froides n’ont pas disparu. Mais elles se sont
mutilées. Les plans triennal et quinquennal ont crée:
six hôpitaux de première catégorie et près de trente de
seconde catégorie avec leurs centres de pharmacie de
vente.
Sous la deuxième République, tous les Ministres de la
Santé étaient des médecins, avec malheureusement un
bilan regrettable dans le domaine de l’éducation et de
la gestion. En conséquence, on en droit de demander à
chacun d’eux de rendre des comptes :
a)- la faculté de Médecine avec ses institutions
détruites y compris la chaine froide ;
b)- les deux hôpitaux de Conakry qui, dans leur
réfection, les responsables n’ont pas inséré les morgues
pourtant nécessaires pour la formation des futurs et
actuels travailleurs ;
c)- pourquoi, par exemple, Donka a exclu dans son plan
de réfection, la reconstruction de sa morgue?
Mes condoléances au Peuple de Guinée pour la disparition
de notre Président, Lansana Conté. Mais, sa mort a
réveillé le problème de l’insuffisance des matériels
autodidactiques de grande valeur, indispensables pour la
formation de nos cadres de la santé. Imaginez une
faculté de médecine sans bibliothèque, sans chambre
froide, sans chaine de froid pour ses laboratoires, un
pays ou le cadavre ne peut pas être gardé pour plus d’un
jour y compris celui du Président de la République.
Enfin, la présence d’un médecin à la tête du ministère
de la santé pendant 24 ans sous la deuxième République
n’a fait que détruire le progrès de la médecine en
Guinée: pas de nouveaux hôpitaux construits, échec total
dans la réfection de Donka, du moins dans sa conception,
sans administration, une faculté de médecine sans
laboratoire pour le premier cycle, une institution sans
règlement codifié. Pire, les facultés de médecine
privées poussent partout sans loi ni éthique médicale
définie.
Par conséquent, je lance un appel aux ministères de la
santé, de l’éducation, de la justice et de la Sécurité
pour une médecine légale. Je demande à ces ministères
d’élaborer un projet de loi ou décret pour définir les
conditions de la pratique de la médecine en Guinée. Le
conseiller à la présidence sera chargé de la création de
la Commission de reforme en Guinée et une loi définitive
sera votée par la nouvelle Assemblée Nationale qui sera
élue à la fin de la transition.
Dr.
Mory Souanou Bérété
Docteur en Medecine
Obstétrique et Gynécologie
Ph.D, Docteur es science médicale
Master public Health (Maîtrise en santé publique)
Pédagogie et éducation dans les écoles de santé
Membre de la Fédération Internationale des
Gynécologues-accoucheurs d’expression française
Membre correspondant du Collège Français des
Gynécologues-accoucheurs.
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