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CONAKRY, le 15-06-2009.
Les forages sont-ils la solution ?
La multiplication des forages à Conakry serait-elle la
meilleure solution aux problèmes de manque d’eau ?
Facteur essentiel de vie, l’eau potable accuse sa
précellence de manière plus tangible encore sous le ciel
tropical. Au manque d’eau pendant les périodes de
sècheresse, s’ajoute son caractère combien nocif, le
tout multiplié par le fait même de la température
élevée. Au sein d’une eau fortement raréfiée déjà, la
plus part des virus, microbes et parasites trouvent les
conditions les plus favorables à leur pullulation. L’eau
joue un rôle primordial dans la multiplication des
vecteurs de maladies contagieuses, endémiques ou
épidémiques, qu’il s’agisse du paludisme, de fièvre
jaune, de bilharziose (moustiques, mouches, mollusques)
dont le cycle biologique comporte une phase aquatique
transitoire or permanente.
A Conakry, les maladies d’origine hydrique jouent un
rôle prédominant comme facteurs de létalité, 20% des
malades hospitalisés. Elles se montrent associées à
d’autres affections chez 80%. Aussi, les résultats des
laboratoires de géologie montrent la présence des
nitrates dans les eaux des puits de Conakry. Ces
composantes chimiques dans l’eau proviennent de trois
facteurs: les eaux météoriques et superficielles, de
l’océan et des roches. La teneur élevée en nitrates de
l’eau de certaines zones de Conakry à densité
démographique élevée, s’avère grave surtout chez les
enfants: ils causent la méthémoglobinémie. En
conséquence, une exploration judicieuse de tous les
enfants cyanosés afin de clarifier la part de la
méthémoglobine nitrique dans une ville où les puits sont
ou seront utilisés par environ 60% de la population,
serait nécessaire. Aussi serons-nous d’accord avec Mr.
Le Docteur Duran, lorsqu’il écrivait dans les Annales de
la santé Belge de médecine tropicale en décembre 1947 «
Les Endémies transmissibles par vecteurs ou hôtes
intermédiaires encombrent les dispensaires et forment le
fond de pathologie des indigènes »
Aujourd’hui, la capitale de la Guinée, Conakry possède
quatre sources d’eau d’alimentation: puits; eaux de
pluie, rivières, eaux de conduits et l’océan.
Le ravitaillement en eau sous conduit vient de:
1. l’ancien captage Samakouré 1913; Lamikouré 1901,
Takouré 1952, tous situés au flan du mont Kakoulima ;
2. Les eaux du barrage de Grande Chute 1960-1963 et de
Garafiri récemment ;
3. la conduite de renforcement d’eau brute à Kouria;
4. la conduite de renforcement d’eau traitée depuis
Gbessia. Face à cette histoire, je vous invite à
réfléchir sur les constatations suivantes:
A- un très mauvais état des conduites, vieilles de plus
de 70 ans pour Conakry (1); et pour Conakry (2 et 3),
1950-1955;
B- le rôle néfaste des coupures;
C- l’existence inadmissible des fissures çà et là avec
des croisements autorisés et non autorisés.
Alimentation en eau de pluie:
Pendant l’hivernage, nous voyons ça et là des seaux,
bassines, canaris se remplir d’eau de pluie. Ils se
trouvent soi en plain air ou sous les toits ou rarement
sous le feuillage touffu des arbres. Cette eau supposée
naturelle, est utilisée pour la cuisine, le lessivage,
et le lavage. Cette eau serait- elle potable pour se
permettre un tel usage? On sait que les toits servent de
déversoirs des selles des enfants, de certaines ordures
ménagères, de lieu de repos des oiseaux et leurs
excréments, lieu de refuge des insectes.
Dans cet article je parlerai seulement des puits.
Aujourd’hui, le Gouvernement Guinéen s’est lancé dans la
politique des forages dans la ville de Conakry. Ya-t-il
eu des études scientifiques préalables sur:
Les puits existants ?
Les problèmes sociaux ?
L’état des laboratoires et la formation de more
personnel pour la suivie ?
Un programme national en place ?
Les puits de Conakry sont à margelle très élevée, non ou
insuffisamment fermés, aux alentours boueux, où reposent
seaux employés pour puiser l’eau de consommation. Pire,
pendant l’hivernage, des ruisseaux y aboutissent, Pire
encore, dans notre capitale, des égouts à ciel ouvert,
coulent dans les rues et pourquoi pas dans les puits.
Les enfants jouent parmi les ordures qui ne sont jamais
ramassées, souillent le pourtour des puits de fèces ou
urine. Le crachat des chiqueurs n’y manquent pas. Là
aussi, la basse-cour se désaltère et dépose son
excrément. Un autre problème est l’influence des
latrines, fosses septiques et W.C. Les latrines et
fosses septiques sont de véritables cimetières
d’hygiène. Elles se trouvent à moins d’un mètre du
soubassement des maisons ou puits, alors que la fosse
d’aisance doit être située en aval des puits à une
distance de 30 mètres; en amont, à 45mètres
L’éducation sanitaire, est, conséquemment, l’arme
fondamentale pour Conakry cosmopolite. La population de
Conakry est religieuse et fanatique parfois. Le
Moribadjassa dans le pays Manding est vu comme prévenir
l’épidémie qui s’abattrait sur les enfants, reflet de la
colère de Mami Watta contre les femmes. La population
Soussou, n’oubliera jamais les bienfaits de Gbassicolo.
Le Gnamou des Guerzés demeure source de bonheur et de
santé. C’est dire que même à l’époque biologique
actuelle, nous demeurons sous contrôles encore des
personnes qui, sincèrement, croient que les forces
spirituelles et immatérielles sont à l’origine du
développement des maladies épidémiques. Informez-vous à
côté de tous ceux qui accompagnent un convulsant en
consultation d’urgence: la première idée causale; action
des diables ou sorciers. L’évolution de la santé
publique a connu multiples phases et péripéties, but
avec de maigres résultats:
Arrêté 2323/AG du 16 Janvier 1905, création d’un service
d’hygiène de Guinée à Conakry.
Arrêté 2322 / AG du 21 novembre 1934 réglementation de
la construction de la salubrité des maisons dans les
centres urbains de guinée.
Arrêté du13 au 7 juin 1953 création d’une taxe
d’habitation de guinée.
Arrêté 1682/ APAS parlant d’un service d’hygiène de
Guinée. Il a fallu ainsi attendre 54 ans de
subordination c’est-à-dire 6 ans avant l’indépendance
pour voir naître un tel service si important alors que
toute les sources de pollutions y étaient déjà.
L’Indépendance a servi à former un homme nouveau à
partir du colonisé qui, il y a des jours, implorait la
grâce des êtres invisibles et des incantations, source
de richesse et santé.
Le gouvernent actuel doit comprendre la difficulté de
changement de l’opinion politique laquelle ne change pas
aussi vite. A la base de tout problème de santé publique
ou individuelle, il y a un problème d’éducation. La
construction des puits et leur entretient n’échappent
pas à ce problème; faire admettre la nécessité de la
participation de chaque citoyen à l’amélioration de sa
communauté.
« L’HOMME
ET LA SANTE FONT UN, L’HOMME ET LES CONDITIONS DE
TRAVAIL FONT EGALEMENT UN. L’HOMME N’EST PAS UN ELEMENT
FLOTTANT, IL EST UN ETRE INTEGRE »
Les quelques discours du Président de la République ne
feront pas le succès des forages à long terme. Mais il
appartient à l’éducation sanitaire soutenue par un
programme étatique conséquent d’élever l’intérêt de
chaque individu pour l’hygiène physique et mentale,
d’encourager les bonnes habitudes et pratiques
sanitaires et de promouvoir un sentiment de
responsabilité collective pour la création et le
maintien de nos forages dans un milieu sain; bien que
les agents traditionnels de l’éducation sanitaire soient
des écoles et les services de santé publiques, il n’en
reste pas moins que les médecins et leurs assistants,
les infirmiers, les nutritionnistes, et les laborantins
y prennent part dans l’exercice habituel de leurs
professions.
Le ministère des affaires sociales à travers des
ateliers et centres de formations, doit enseigner
l’entretien des forages et l’hygiène hydrique. La SEG
doit recenser tous les forages en vue de la surveillance
bactériologique et microbiologique ainsi que les données
chimiques ; le service de taxations du ministère chargé
des finances aura aussi son rôle à jouer en
conditionnant une structure financière bien adaptée.
Le ministère de l’information, popularisation,
éducation, doit au moins une fois par semaine, organiser
des séances consacrées aux forages quand on sait que la
population y est beaucoup sensible. Les trois ministères
de l’Education doivent avoir leurs mots à dire. Il ne
faut pas confondre l’éducation avec l’instruction ou la
politique.
Les laboratoires d’analyses chimiques du ministère des
Mines et de la Géologie doivent être associés. Il faut
créer un service sanitaire permanent veillant sur
l’entretien des forages dans chaque localité.
Comment peut-on assumer la survie de ces forages,
alors que la majorité de nos citadins sont d’origine
rurale, habitués au public forage et à la gratuité de
l‘eau? Dans mon entendement, on peut envisager trois
modes de financement :
1. Prêts de subvention d’origine intérieure ;
2. Prêts de subvention accordés par les organismes
internationaux, un dilemme à cette période politique.
3. Financement direct des travaux d’aménagement par les
recettes des services d’eau avec un programme réalisé
par tranches annuelles. La SEG doit élaborer un
programme de participation financière des usagés. Mais,
multiples ambushes existent déjà. Ce dernier temps,
certains clients, sous prétexte de manque d’eau,
refusent d’honorer leur engagement vis à vis de la SEG.
Ces forages ne doivent pas être isolés des autres
secteurs du développement économique. Ils nécessitent
une planification, réflexion judicieuse d’exploitation.
Souvent la main de fer doit assumer leur succès. Il est
certain que l’avenir d’acquisition d’un système
d’approvisionnement de nos populations en eau potable et
nos industries, dans nos pays envoie de développement
dépendra des solutions apportées aux difficultés autant
économiques que sociales. Malgré les technologies de
plus en plus perfectionnées dont nous disposons ou
souhaiterions disposer, il faut surtout responsabiliser
nos communautés dans leur développement. Un plan
directeur d’urbanisme de Conakry, adapté aux réalités
présentes serait indispensable pour le succès des
forages. Nous devons comprendre que les forages ne sont
guère la Solution du problème d’eau à Conakry.
Aujourd’hui, beaucoup de services et des ambassades
éprouvent des difficultés dans leur fonctionnement
normal par le manque d’eau. Certains services ayant un
caractère stratégique comme la radio, la télévision, la
centrale téléphonique, l’université devraient jouir
d’une autonomie d’approvisionnement. Néanmoins, à cette
heure difficile de l’histoire notre pays, nous ne
pouvons et ne devons compter que sur nos propres forces
avant d’envisager tout progrès sensible. Il en est de
même pour l’assainissement de la ville de Conakry.
Mory Souanou Bérété
Email:morysouanou@aol.com
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