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ZIMBABWE: ARHARE LIBREVILLE, le 08-06-2009.
L'ONU confrontée aux diamants sales du Zimbabwe
Un rapport accablant dénonçant la corruption et les abus
dans les mines de diamants au Zimbabwe demande à l’ONU
d'intervenir pour bannir ou restreindre le commerce des
pierres issues de ce pays. Le Processus de Kimberley,
censé garantir le commerce de diamants "propres", montre
une fois de plus ses limites.
Le processus de Kimberley, un système de certification
qui vise depuis 2003 à éliminer du marché mondial les
diamants dits "de la guerre" est décrié par ceux-là
mêmes qui l’ont créé. Un rapport accablant, publié en
anglais en mars 2009 et intitulé Le Zimbabwe, les
diamants et le mauvais côté de l’histoire dénonce la
corruption et les graves exactions dans les mines de ce
pays qui ne serait plus en mesure de gérer son industrie
du diamant en conformité avec le respect des droits de
l’homme.
Les auteurs du rapport, deux ONG de renom – Partenariat
Afrique Canada (PAC) et Global Witness – appellent "le
Conseil de sécurité des Nations unies à intervenir,
comme il l’a fait dans le cas des diamants du sang en
Angola, en Sierra Leone, au Liberia et en Côte d’Ivoire,
et à imposer un embargo sur les diamants zimbabwéens
jusqu`à ce qu’on ait instauré une gouvernance légitime
et compétente". Ils décrivent dans le détail et chiffres
à l’appui les horreurs et la misère grandissante
qu’engendre l'exploitation des diamants au Zimbabwe,
"devenus un important facteur dans la tentative
désespérée de Robert Mugabe de conserver le pouvoir. La
contrebande des diamants s’est généralisée et des
douzaines de mineurs ont été assassinés par les
militaires qui contrôlent désormais les principales
mines du pays."
Inertie et démission
Le rapport affirme aussi que le Processus de Kimberley,
l’initiative internationale de réglementation du
commerce des diamants bruts, réunissant 47 pays ainsi
que l’Union européenne afin de mettre un terme au
commerce des diamants de guerre, n’a "ni la volonté ni
l’intérêt de s’attaquer au problème".
Écœure par cette inertie, Ian Smillie, coordinateur de
recherche au PAC et représentant de l’ONG au Processus
de Kimberley, vient d’annoncer sa démission. Un rude
coup pour l’image du diamant. L’économiste canadien est
l’un des principaux architectes de cet accord dont il
dénonce aujourd'hui les limites. "J’étais convaincu en
2003 que nous avions créé un mécanisme efficace, nous
a-t-il expliqué au téléphone. C’est bien le cas, mais
nous l’avons laissé déraper. Toutes ces années, les
États parties au Processus de Kimberley n’ont pas su
faire face à des cas graves de contrebande au Brésil, en
Côte d’Ivoire, au Ghana, au Venezuela, au Zimbabwe, en
Guinée, au Liban." "Pendant que les gouvernements
discutent sans fin sur l’opportunité ou non d’aborder la
question des droits de l’homme, les crimes se
poursuivent sur place, poursuit-il. Je ne veux plus
cautionner cela."
Après la publication du rapport, contenant plusieurs
témoignages sur des exactions dans la région de Marangue,
au Zimbabwe, où des petits mineurs ont été évincés de
force, la Fédération mondiale des bourses de diamants (WFDB)
a prononcé une interdiction de vendre les pierres issues
de l’est du pays. "C’est quand même un comble que nous
(Kimberley, Ndlr) soyons à la traîne par rapport à
l’industrie du diamant qui prend les mesures adéquates",
s'indigne Ian Smillie. L’économiste déplore aussi que
les ONG soient obligées d’effectuer les enquêtes à la
place des équipes de Kimberley.
Déjà en Côte d'Ivoire
Déjà en 2006, la sonnette d’alarme avait été tirée, à la
suite d'un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU qui
révélait la présence sur le marché de "diamants du sang"
en provenance de Côte d’Ivoire. "Non seulement, le
Processus de Kimberley se révélait incapable de cerner
le problème, mais cela montrait aussi que les lacunes
dans les contrôles de quelques gouvernements pouvaient
mettre en péril tout le système", explique l’économiste
canadien.
Ian Smillie reconnaît toutefois que le système de
certification a permis de mettre sur pied un commerce
propre dans beaucoup de pays, notamment sur des plaques
tournantes comme la Belgique et la Suisse. "Il y a
encore dix ans, toutes sortes de diamants de provenance
obscure arrivaient sur les ports francs des aéroports de
Zurich ou Genève, et en repartaient avec des étiquettes
suisses. Cela n’est plus possible à présent",
affirme-t-il.
En ce qui concerne le Zimbabwe, de nombreux indices
laissent à penser que d’importantes fuites ont lieu au
départ tandis que l’économie nationale continue de
plonger.
(Syfia/InfoSud Suisse)
Source: syfia.info
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