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CONAKRY, le 08-06-2009.
Guinée- Côte D’Ivoire : une revanche
manquée
La Côte D’Ivoire a confirmé sa
suprématie sur la Guinée ce dimanche à Conakry en
s’imposant sur le Syli National 2 buts à 1, dans le
cadre de la deuxième journée du troisième tour des
éliminatoires combinées CAN/Coupe du Monde.
Au delà de l’orgueil patriotique, peu de supporteurs se
faisaient des illusions sur une éventuelle victoire du
Syli National sur les Eléphants de Côte D’Ivoire. Au
contraire, chacun redoutait une humiliation comme celle
subie au Ghana en 2008.
Pourtant cet après-midi, toutes les conditions étaient
réunies pour le Syli pour faire un bon résultat : un
temps clément, un ciel bleu et un public sorti nombreux
pour soutenir le Syli. Mais ces facteurs n’ont pas
suffit pour arrêter la machine ivoirienne capable
d’écraser quiconque qui se mettrait sur son chemin vers
le mondial.
Deux contre-attaques ivoiriennes ont suffit pour venir à
bout des hommes de Nouzaret qui étaient pourtant sortis
pour leur revanche.
D’abord, après un jeu égal et équilibré pendant près de
40 minutes de la première mi-temps, sur un contre
favorable développé sur le coté droit, Baki Koné
(Marseille, France) se présentera seul devant Kémo
Camara et ouvre le score à la 45e minute. Deux minutes
plus tard l’arbitre conduit les 22 protagonistes dans
les vestiaires pour la pause.
Ensuite, à la reprise, les guinéens prendront d’assaut
le camp ivoirien et obtiendront l’égalisation à la 61e
minute par Sambegou Bangoura. Ce but égalisateur
revigorera la bande à Feindouno et tout le monde pensait
désormais que le miracle était possible. Tous les
Guinéens se roueront à l’attaque à la recherche du but
de la victoire et dégarniront complètement
l’arrière-garde en oubliant que les Eléphants pétris
d’expérience, procèdent souvent aux contres pour dominer
leur sujet.
C’est ainsi que les poulains de l’entraîneur franco
bosniaque, Holilhodzic, développeront, comme ils savent
le faire, leur deuxième contre-attaque sur le coté
gauche et N’Dri Romaric (Séville, Espagne) trompe le «
goal keeper » guinéen à la 70e minute. A 2 buts à 1, la
cause était déjà entendue. Malgré la légère domination
des Guinéens dans le dernier quart d’heure de la
rencontre, le score restera inchangé jusqu’au coup de
sifflet final de l’arbitre égyptien.
Comme la Côte D’Ivoire, le Burkina a fait le plein (6
points possibles) dans le groupe E grâce à sa seconde
victoire consécutive obtenu samedi en déplacement à
Blantyre face au Malawi (0-1). Ce succès faisant suite à
celui obtenu aux dépens de la Guinée (4-2) lors de la
première journée place les Etalons du Burkina à la tête
du groupe E en compagnie des Eléphants de Côte D’Ivoire.
Sauf surprise, la qualification pour l’Afrique du Sud
2010 se jouera entre la Côte D’Ivoire et le Burkina dans
leur double confrontation à Ouaga le 21 juin et à
Abidjan le 10 octobre 2009, avec un léger avantage pour
les Eléphants. Quant aux Guinéens et Malawites, ils
devront désormais se battre pour une place pour l’Angola
2010.
Autant dire que malgré cette deuxième défaite en deux
sorties, la qualification du Syli pour la Coupe
d’Afrique n’est pas encore compromise. Il suffit de
prendre les 3 points de la rencontre contre le Malawi le
21 juin prochain, battre le Burkina le 6 septembre lors
de la quatrième journée à domicile, aller glaner des
points au Malawi le 10 octobre avant de se présenter
devant le rouleau compresseur ivoirien à Abidjan le 15
novembre prochain.
Le bon sens voudrait qu’après une telle défaite, au lieu
de chercher des boucs émissaires, en accusant le
gouvernement, le ministère, la fédération ou les
joueurs, il vaut mieux prendre un peu de recul pour
réfléchir sur le pourquoi ensuite trouver des solutions
qui permettront à la Guinée d’avoir une équipe
compétitive.
C’est pourquoi, ni l’équipe ni les responsables guinéens
ne doivent céder au découragement. Les joueurs doivent
faire l’autocritique, se comporter en véritables
professionnels et respecter les règles disciplinaires de
l’entraîneur pendant les retraites. Et comme l’a dit le
Président Dadis, d’accepter de mouiller le maillot pour
la patrie avec ou sans prime de match.
Quant à Robert Nouzaret, il lui appartiendra désormais
de colmater les brèches en revoyant sa copie et en
trouvant une combinaison qui pourra tenir la dragée
haute aux adversaires des prochaines rencontres. Pour
cela, il doit tirer les leçons de ces défaites
consécutives, remettre les joueurs en confiance et
détecter toutes les erreurs techniques et tactiques. Car
la défaite de ce dimanche n’est que le résultat d’une
erreur tactique. Sinon sur le plan du jeu, le Syli a
fait étalage d’un beau football et dominait même par
endroit.
A l’issue de cette défaite qui n’honore personne, les
autorités guinéennes doivent investir sans compter et
chercher des investisseurs privés ou publics pour
assurer le développement du sport en général et le
football en particulier car, personne n’ignore que le
football de haut niveau exige des structures solides,
des infrastructures adéquates, des supports matériels,
des ressources humaines et des financements
indispensables à la formation des jeunes.
Désormais les réalisations dans le domaine du sport
deviennent plus qu’une obligation, une nécessité. A
savoir, la construction des centres de formation des
jeunes, des écoles de football et des stades modernes
dans les grandes villes du pays et le développement des
voies de communication (routes, aéroports, chemin de
fer…) entre les villes pour assurer l’organisation d’un
véritable championnat afin d’avoir une équipe locale et
compétitive. Cela nous permettra d’être à l’abri des
caprices de ces professionnels. Aussi envoyer les
anciennes gloires du football guinéen à l’étranger pour
des stages de formation afin qu’ils puissent dans
l’avenir diriger les écoles de football du pays et
entraîner nos différentes équipes nationales au lieu de
payer les expatriés à des centaines de milliers de
dollars qui ne font rien de sorcier.
C’est pour toutes ces raisons que le nouveau ministre
des Sports et de l’Emploi des Jeunes, Fodéba Isto Kéira,
après sa nomination est entrain de se battre pour
redynamiser le sport guinéen. Pour cela des études sont
en cours pour la réintroduction de l’éducation physique
et de l’athlétisme dans les écoles, la reprise des
tournois universitaires et scolaires, la mise en place
des centres de formation des jeunes et des écoles de
football, l’organisation d’un véritable championnat
interclubs et l’organisation d’une vraie coupe
nationale.
A n’en pas douter, avec le tandem Isto Kéira et
Aboubacar Titi Camara, l’actuel directeur technique
national, l’espoir est permis. Seulement il y a lieu de
comprendre, qu’il n’est pas facile de balayer les
structures, les mentalités et les habitudes qui existent
depuis plusieurs dizaines d’années d’un revers de la
main. Il va falloir patienter et donner du temps au
nouveau ministre des Sports qui a plus d’un tour dans
son sac pour sauver le sport en général et le football
guinéen en particulier.
Bangaly Condé « Malbanga »
condebs09@yahoo.com
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