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GUINEE:
CONAKRY,
le 16-06-2010.
Interview de Dadis
Après six
mois d'absence et de silence, le président de la
république a décidé de rompre avec le silence en prélude
aux élections du 27 juin prochain.
Nous vous proposons de lire donc, l’intégralité de
l’interview que le président de la république, le
capitaine Moussa Dadis Camara a accordé à la rédaction
de la radio Familia...
Caleb Kolié : Excellence Monsieur le président
bonsoir!
Le président : Bonsoir!
Caleb Kolié : Depuis près de six mois vous
êtes à Ouagadougou pour poursuivre votre convalescence,
est ce que le peuple de Guinée peut savoir aujourd’hui
dans quel état vous vous trouvez?
Le président : Je vous remercie de cette
opportunité, mais en même tant je me dois le devoir de
remercier la communauté internationale, l’Union
Européenne, l’Union Africaine et le président Blaise
Compaoré le médiateur, le royaume Chérifien et le
Général Sekouba Konate d’avoir mis en œuvre ce grand
programme d’élections qui est en cours. En ce qui
concerne mon état de santé, je me porte très bien, je me
sens très bien à l’aise et je n’ai aucune inquiétude.
Caleb Kolié : Monsieur le président, vous savez
que vous êtes là dans le cadre des accords de Ouaga, qui
sont entrain d’être matérialisé sur le terrain en Guinée
et ces accords ont été signés par vous trois;
c'est-à-dire vous le président de la république de
Guinée et l’intérim qui est assuré actuellement par le
Général Sékouba Konaté, ainsi que le médiateur de la
crise, le président Blaise Compaoré et quels sont vos
rapports actuellement vous trois, le président Dadis et
votre ami le Général Sékouba et aussi le président
Blaise Compaoré?
Le président : Nos rapports entre le président
Baise et moi, sont des rapports de frères, des rapports
de fraternités; quant au frère Sékouba compagnon d’arme,
ce sont des rapports très sincères; parce que, nous
avons pris le pouvoir ensemble. Alors les rapports sont
vraiment très sincères et très fidèles et ce qui
concerne les élections du 27 juin conformément aux
accords de Ouaga.
Caleb Kolié : Voila, par rapport à ces élections,
quel regard vous portez aujourd’hui sur la
matérialisation sur le terrain en Guinée et quel
appréciations vous faites sur cette transition dans
notre pays?
Le président: Je puisse dire que le visage
politique Guinéen, tant bien même il y a eu des rumeurs;
mais je ne tiens pas compte des rumeurs pour dire que
les élections n’auront pas lieu et la CENI a démentit;
pour moi, je compte sur l’engagement de la communauté
internationale, de l’Union Européenne, de l’Union
Africaine et du Général Sékouba Konaté et aussi de tous
nos sympathisants qui ont déjà compris que les élections
peuvent avoir lieu. Ce qui est important aujourd’hui
c’est d’élire un président qui soit accepté de tous.
Caleb Kolié: Est-ce qu’aujourd’hui vous apportez
votre soutien à l’un des candidats engagé dans la course
au fauteuil présidentiel?
Le président : Pratiquement je puisse dire que ce
serait prématuré de soutenir un candidat à l’heure ou je
suis. IL faut d’abord voir comment le candidat a évolué
et le deuxième tour, ça sera un élément très important
pour la Guinée et en ce moment, on pourra se faire une
idée. Si vous avez le temps de venir au deuxième tour,
je crois qu’en ce moment je pourrai donner mon point de
vu. Mais pour le moment c’est anticiper de le dire.
Caleb Kolié : Monsieur le président, certaines
informations qui nous parvenaient en Guinée faisaient
allusions à votre prétendu soutien a certains
groupuscules pour désétatiser la forêt, pour empêcher
les leaders d’y aller pour faire leur campagne. Quand
n’est-il aujourd’hui?
Le président : Vous savez que très généralement
les gens ont des plumes faciles et l’originalité des
faits; les gens peuvent imaginer, ils formulent ce qui
n’est pas réel. Moi je ne suis pas cet homme là, qui a
pris le pouvoir sans effusion de sang et qui a accepté
de donner librement le pouvoir à mon compagnon d’armes
et de revenir encore former des groupuscules contre le
même régime. Je crois que c’est un peu tomber par la
tête et c’est pourquoi je me suis mis au dessus de tout.
Pour moi ce sont des aberrations; je ne considère pas.
C’est la preuve aujourd’hui, tout ce qui sont parti en
forêt et qui sont entrain de faire la campagne, personne
n’a été menacé en forêt, on nous aurait dit qu’il y a
tel groupe qui a attaqué tel leader, mais jusqu'à
présent, tel n’est pas le cas.
Caleb Kolié : Monsieur le président est ce que vous
regrettez quelque peu que ce soit les accords
d’Ouagadougou?
Le président : Je puisse dire que je n’ai aucun
regret, parce que j’ai toujours dit que ce n’est pas le
nombre d’années qui importe. Il ne s’agit pas de faire
plus de cinquante ans au pouvoir, mais il suffit de
laisser quelque chose, il suffit de faire quelque chose
qui puisse te faire immortaliser ce qui est important.
Ce n’est pas le pouvoir qui m’intéresse, ce qui est
important pour moi, que le peuple aille aux élections et
je crois au fil du temps, les nouvelles générations
pourront s’apercevoir, qui a fait quoi et qui n’a pas
fait quoi. Donc je ne regrette nulle part, en aucun cas
pour dire que les six mois que j’ai fait loing de mon
pays que je le regrette, je n’ai aucun regret parce que
je n’ai é pas té forcé.
Caleb Kolié : Voila vous n’avez pas été forcé et
l’autre question que les Guinéens se posent à quand le
retour de Dadis en Guinée?
Le président : C’est après ma convalescence, je
suis en état de convalescence et je rentrerais au pays
au moment opportun, après les élections je pourrai
rentrer au pays quand mon état sera vraiment confortable
et puisque je me sens vraiment à l’aise je pourrais
rentrer au pays.
Caleb Kolié : Monsieur le président il y a certaines
informations qui font allusions de votre déplacement;
vous allez de camp en camp, de fois on vous met en état
de surveillance quand n’est-il vraiment?
Le président : Non ce sont des aberrations, c’est
de la bassesse et je pense bien que le facilitateur le
président Blaise Compaoré a mis tous les moyens à ma
disposition. Je peux faire l’excursion et ces excursions
peuvent être vers les villes, mais pas un jour je suis
allé dans un camp, je suis là avec ma petite famille et
pour la simple raison, vous êtes venus vous avez trouvé
là ou je suis avec ma petite famille.
Caleb Kolié : Monsieur le président d’autres
question qu’on se pose, c’est par rapport aux actions
que vous avez engagé quand vous étiez encore en Guinée;
est ce que aujourd’hui vous regrettez que ces actions ne
soient pas poursuivis par vos successeurs?
Le président : Oui, c’est par rapport aux
problèmes qui reste toujours très crucial, le problème
d’eau et d’électricité; puisque j’avais commencé à
envoyer les groupes électrogènes et je crois que c’est
un problème fondamental. Pour tout développement, il
faut de l’électricité, il faut de l’eau potable.
Caleb Kolié : Quel sera votre avenir politique en
Guinée?
Le président : L’avenir politique, d’abord je
dirai que je n’ai jamais été politicien, c’est le
pouvoir qui a fait de moi un homme politique parce
c’était une nécessite à un moment donné, il fallait se
saisir du pouvoir pour essayer de libérer le pays. Ici
je suis à ce stade, je me dis que mon avenir politique,
c’est pas ce qui est important au contraire je dirai que
quand je me retournerai au pays je demanderais que je
sois un citoyen libre. Je ne compterai plus rester au
niveau de l’armée. Parce qu’un ancien président à son
statut, n’a plus besoins de rester au camp; qu’est-s’il
va faire au camp? Et donc mon avenir politique tout
dépendra de Dieu.
Caleb Kolié : Monsieur le président, quels sont vos
rapports avec les grandes puissances comme la France et
les États-Unis?
Le président : Je pense que c’est trop, un homme
du point de vu relation, je pense que je n’ai pas de
problème avec la France, parce que d’abord la France a
colonisé la Guinée et nos prédécesseurs et elle est très
avancée, c’est une grande nation. C’est comme les
États-Unis; donc je pense bien que ce sont des pays qui
ont de très bons rapports avec la Guinée et qui ont des
expériences. J’ai des rapports avec certains Américains
et même certains Français et les États-Unis
entretiennent les rapports avec la Guinée et même avec
la France. Donc mes rapports personnels sont différent
des rapports entre nation et nation. C’est comme par
exemple l’Allemagne, c’est comme les autres pays; alors
je puisse dire que pour le moment entre ces pays les
États-Unis et la France, ce sont des relations
séculaires qui ont toujours existé et c’est ce qui est
primordial.
Caleb Kolié : Monsieur le président aujourd’hui nous
sommes en période de campagne dans notre pays; qu’est ce
que vous avez à dire aux Guinéens par rapport à cette
campagne et surtout par rapport au vote du 27 juin?
Le président : C’est vraiment de se retenir, je
demande aux Guinéens de faire de la retenue et de ne pas
faire de cette campagne une campagne de guerre,
d’animosité, je demande à tous les Guinéens de se lier
et de se tenir, c’est ce que je peux demander aux
Guinéens. Et s’ils s’opposent entre eux même, supposons
qu’ils sont des ennemis entre eux, le pays ne pourra pas
avancer. Puisque la démocratie ne demande pas ça, la
démocratie demande l’alliance; c’est ce que je demande
aux Guinéens.
Caleb Kolié : S’il arrivait aujourd’hui qu’on
reporte ces élections; quelle position adopterez vous?
Le président : C’est quelque chose que je
n’imagine pas. C’est d’ailleurs là je remercie mon
compagnon d’armes le Général Sékouba parce qu’il a
vraiment insisté pour les élections du 27 juin, l’accord
de Ouaga, alors il ne vient pas dans mon idée pour dire
que les élections seront reportées, pour moi il faut
aller aux élections pour que la Guinée sorte de
l’ornière, c’est cela le fondamental?
Caleb Kolié : Monsieur le président, est ce que
vous pouvez nous expliquez un peu comment vous êtes
occupez durant toute la journée?
Le président : Toute la journée, je fais le sport
avec la canne qui est là et puis après le sport je
m’occupe de la lecture, la lecture peut être sur
n’importe quel ouvrage, ça peut être la lecture
biblique, alors je m’occupe de ça.
Caleb Kolié : Est-ce que vous recevez
régulièrement de la visite ici?
Le président : Oui par fois je reçois de la
visite, il y a des personnes qui viennent me dire
bonjour, qui ont une bonne moralité et m’encourager
d’avantage.
Caleb Kolié : Est-ce que la situation actuelle vous a
donné beaucoup à réfléchir vous avez murir d’avantage
dans votre vie?
Le président : Oui ça m’a donné beaucoup
d’expériences et je crois que cette m’a donné beaucoup à
réfléchir, c’est pourquoi je dis que si le nouveau
président me le demande de lui donner certains conseils,
ce qui m’est arrivé ne lui arrive pas; donc j’ai eu
suffisamment d’expériences dans ma vie.
Caleb Kolié : Et avec la famille comment ça se
passe, vous êtes dans une villa et alors qu’à Conakry au
palais présidentiel, il n’y avait pas du tout de temps
pour la famille; comment ça se passe avec ce changement?
Le président : Et voila c’est pourquoi je dis que
le pouvoir aussi parfois ça use, tu es parfois coupé de
ta famille. Actuellement j’ai la chance d’être avec mes
enfants de les suivre et puis nous sommes ensemble, donc
les gens pensent que le pouvoir est le plus grand
bonheur qui puisse exister; mais un moment donné tu peux
être coupé de ta famille sans pourtant le savoir, mais
actuellement je me sens à l’aise, parce que j’ai
maintenant ma petite famille qui est auprès de moi et
les gens viennent me rendre visite. Pendant que j’étais
à Conakry c’était un peu difficile que je sois avec ma
famille et donc il fallait s’occuper des problèmes
d’États; je pouvais passer toute la nuit assis avec mon
ami Sékouba jusqu’au matin sans dormir, entrain
d’analyser de réfléchir avec certains ministres, entrain
de réfléchir.
Caleb Kolié : Votre mot de fin Monsieur le
président!
Le président : Je termine tout en remerciant la
communauté internationale, la France, les États-Unis, la
Russie, la Chine et tous les pays qui ont les relations
sincères avec la Guinée et qui ont toujours aidé la
Guinée, je les adresse tous mes
remerciements, en fin qu’ils puissent nous apporter de
l’aide pour aller aux élections; en remerciant aussi le
président par intérim, le Général Sékouba, le président
de la CENI et toutes les institutions républicaines, le
premier ministre chef du gouvernement et vous-même
également; tous ceux de près ou de loing ont toujours
pensé à moi et demander aux Guinéens que cette élection
ne soit pas une élection de bagarre, qu’ils se tiennent
les mains pour aller aux élections, choisir librement
leur candidat dans la quiétude et dans la paix. Je
vous remercie
Caleb Kolié : Merci Monsieur le président!
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