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FRANCE:
PARIS,
le 14-06-2010.
L’Afrique obtiendra-t-elle vraiment « plus » sur le
climat ?
Auteur : Emmanuel Martin
Alors que les négociations sur le climat reprenaient
le 31 mai à la conférence de Bonn en Allemagne, à Nice,
en France, le Président Sarkozy recevait nombre de
dirigeants africains (les 31 mai et 1er juin) pour,
entre autres, faire avancer l’accord sur le climat. Le
texte proposé à Nice évoque « un système de financement
à long terme permettant de passer à un financement de
100 milliards de dollars par an à partir de 2020 »,
après les 30 milliards sur 2010-2012. A côté du «
renforcement des marchés carbone » le texte propose
aussi « le principe d'une taxe sur les transactions
financières internationales ». Outre la lutte pour
l’environnement, ces mesures entendent promouvoir le
développement. Ces deux objectifs seront-ils atteints ?
La thèse du GIEC est-elle toujours valide tout d’abord ?
Question essentielle puisqu’un débat a en effet émergé
fin 2009 sur la toute jeune et imprécise science du
réchauffement climatique (notamment grâce à la «
rebellion » des Professeurs Courtillot et Allègre en
France). Ensuite, il y a eu des révélations sur des
manipulations de données visant à « montrer » un
réchauffement et sur des pressions pour empêcher la
publication de travaux sceptiques du réchauffement, (le
fameux climategate). Enfin, trois hivers plus rigoureux
suivent une décennie de stabilisation des températures,
sans corrélation statistique significative entre
températures et émissions de CO2. Pourtant, le Président
Sarkozy, instigateur du Grenelle
de l’environnement mais qui confondait encore en
septembre dernier trou dans la couche d’ozone et effet
de serre, s’accroche comme beaucoup d’autres à l’idée
que la parole du GIEC vaut vérité, alors que le doute
s’est très largement installé.
Si la thèse du réchauffement d’origine anthropique
conduisant à des bouleversements majeurs paraît de moins
en moins probable, les conséquences des mesures mises en
place pour lutter contre le supposé fléau sont elles
assez certaines. Du point de vue de l’environnement en
général, il faut rappeler tout d’abord qu’interdire les
centrales thermiques ne laisse comme seule alternative
crédible que le nucléaire. Est-il sage de nucléariser le
tiers-monde avec les risques majeurs que cela implique
dans de tels pays ? La réponse paraît assez évidente.
Même si le secteur du nucléaire se frotte les mains.
Ensuite, orienter les ressources vers la lutte contre le
réchauffement climatique qui n’est ni certain ni avéré,
signifie moins de financements pour des problèmes
environnementaux certains et avérés, comme le traitement
des déchets. Si le principe de précaution doit jouer,
autant ne pas inverser les priorités.
La mise en place d’une taxe carbone aux frontières, qui
était promise dans les négociations de Copenhague,
limitera durablement la possibilité des pays émergents
d’accéder facilement aux marchés des pays du « Nord »
protégés, ralentissant donc le développement du « Sud ».
Certains producteurs du Nord ont un intérêt évident à la
limitation de la concurrence internationale. Par
ailleurs, la mise en place et le plafonnement de marchés
carbone verra les grosses multinationales des pays
riches se ruer pour acheter leurs droits à polluer dans
les pays pauvres, mécaniquement faire augmenter les prix
de ces valeurs climatiques et rendre ainsi prohibitifs
les coûts de production de possibles concurrents locaux
(devant acheter leur droit à polluer) dans les pays du
tiers-monde. Ici encore le développement des nations
émergeantes pourra être freiné. Mais la finance verte,
dont fait partie Monsieur Al Gore, et qui spécule sur
les valeurs climatiques, en profitera.
Enfin, le système de compensation carbone alimenterait
un fond censé bénéficier aux Africains. Mais quels
Africains ? Comme en témoigne un demi-siècle de
corruption, de gabegie, d’oppression, alimentées en
partie par un système d’aide internationale largement
inefficace, on ne peut être que très pessimiste sur
l’utilisation des ressources de ce fond : l’Africain
moyen ne verra pas grand’ chose. Si ces compensations
promettent un développement durable, c’est bien celui
des autocrates au-dessus des lois qui savent jouer sur
la corde sensible pour négocier toujours plus de fonds
en leur faveur, mais aussi celui des bureaucraties
internationales telles que le Banque mondiale ou le Fond
Monétaire International, qui se battent pour arracher
une part de ce nouveau gâteau. Ces mesures permettront
en revanche la décroissance pour 4 milliards d’êtres
humains.
Ces accords ne résoudront pas les vrais problèmes
environnementaux, et encore moins les problèmes de
développement de l’Afrique. Bien au contraire.
L’africain moyen n’obtiendra donc pas « davantage » sur
le climat, et verra
sacrifiées ses opportunités d’améliorer son niveau de
vie.
Emmanuel Martin est analyste sur
<http://www.UnMondeLibre.org>
www.UnMondeLibre.org.
Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org
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