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USA:
WASHINGTON DC,
le 16-06-2010.
Environnement et pauvreté en Afrique: Défits du
Millénaire
La Journée mondiale de l'environnement, célébrée
tous les ans au mois de juin, est un des principaux
véhicules par lesquels les ONG et les Institutions
Internationales sensibilisent l'opinion mondiale aux
problèmes environnementaux et suscitent l'attention et
l'action politiques. Elle est une occasion pour ces
organisations de donner une dimension humaine aux
questions de l'environnement ; de donner à chacun les
moyens d'avoir un rôle dans le développement durable et
équitable ; de promouvoir l'idée que les communautés
jouent un rôle primordial en ce qui concerne le
changement d'attitude envers les problèmes de
l'environnement ; et de prôner des partenariats qui
garantiront, à tous les pays et à tous les peuples, un
avenir plus sûr et plus prospère.
Pour répondre aux objectifs du millénaire, le continent
africain par le billet des décideurs doit nécessairement
se fixer des objectifs très précis.
Ces objectifs du Millénaire pour le développement, qui
vont de la réduction de la moitié de l’extrême pauvreté
à l’éducation primaire pour tous, en passant par l’arrêt
de la propagation du VIH/sida, et ce à l’horizon 2015,
constituent un schéma directeur pour l’avènement d’un
monde meilleur.
1- La réduction de l'extrême pauvreté et de la faim qui
est la réalité quotidienne de 1 milliard d’êtres humains
qui vivent avec moins de 1 dollar par jour. Disette et
malnutrition se répartissent presque également : plus de
800 millions de personnes dans le monde n’ont pas assez
à manger pour satisfaire leurs besoins quotidiens
d’énergie.
Dans le cas des jeunes enfants, ce déficit peut être
dangereux parce qu’il retarde leur développement
physique et mental et menace leur survie. Plus du quart
des enfants de moins de 5 ans des pays en développement
sont mal nourris. Il est bien possible de surmonter la
pauvreté et la faim.
2 - Assurer l'éducation primaire pour tous, c’est
l’éducation qui permet de choisir la vie que l’on mènera
et de s’exprimer avec confiance dans ses relations
personnelles, son milieu et son travail. Les 115
millions d’enfants d’âge à être scolarisés dans le
primaire qui ne sont pas scolarisés se voient refuser
l’exercice d’un droit fondamental. Il s’agit surtout
d’enfants de familles pauvres, dont la mère, le plus
souvent, n’a pas fréquenté l’école non plus.
3 - Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation
des femmes, l’égalité des sexes, qui est inscrite dans
les droits de l’homme, est au cœur de la réalisation des
objectifs du Millénaire pour le développement. Sans
elle, on ne pourra vaincre ni la faim, ni la pauvreté,
ni la maladie.
C’est dire que l’égalité doit être réelle à tous les
niveaux de l’enseignement et sur tous les lieux de
travail, et que la maîtrise des ressources et la
représentation dans la vie publique et politique doivent
être également partagées. Parvenir à la parité dans
l’enseignement à l’école primaire et au-delà est une
condition préalable à la pleine participation des femmes
à la vie sociale et à l’économie mondiale.
Donner aux femmes un pouvoir égal d’intervention dans
les décisions qui influent sur leur vie, du sein de la
famille aux instances les plus élevées du gouvernement,
c’est leur donner la clef de leur autonomie. Or, bien
que leur représentation dans les parlements nationaux
augmente régulièrement depuis 1990, elles n’occupent
encore que 16 % des sièges parlementaires dans le monde.
4- Réduire la mortalité infantile, La mort d’un enfant
est toujours un événement tragique. Près de 11 millions
d’enfants meurent chaque année (c’est-à-dire 30 000 par
jour) avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Ils vivent pour
la plupart dans des pays en développement et meurent
d’une maladie ou d’un ensemble de maladies qui auraient
pu être prévenues ou guéries à peu de frais avec les
moyens dont on dispose déjà. Parfois, ces décès sont dus
simplement au manque d’antibiotiques pour soigner une
pneumonie, ou de sels de réhydratation pour mettre fin à
une diarrhée.
La malnutrition est présente dans plus de la moitié des
cas. La mortalité des enfants est étroitement liée à la
pauvreté : les progrès des taux de survie des enfants de
moins d’un an et de ceux de moins de 5 ans sont les plus
lents dans les pays pauvres et dans les tranches les
plus pauvres de la population des pays riches.
La solution du problème passe par l’amélioration des
services de santé publique, notamment les équipements
d’adduction d’eau et d’assainissement. L’enseignement,
notamment quand il touche les filles et les mères, est
aussi un moyen de sauver des vies d’enfant.
5 - Améliorer la santé maternelle, Une naissance devrait
être un motif de réjouissance mais plus d’un
demi-million de femmes meurent tous les ans pendant la
grossesse ou l’accouchement. Elles sont 20 fois plus
nombreuses à être atteintes de lésions ou d’invalidités
graves qui, si elles ne sont pas soignées, peuvent être
sources de douleurs et d’humiliations pour le restant de
leurs jours.
La mort d’une mère peut être particulièrement tragique
pour les enfants qu’elle laisse plus exposés à la
pauvreté et à l’exploitation. Les pays qui affichaient
déjà des taux de mortalité maternelle faibles ont fait
encore des progrès. Cela ne suffit pas. Faire baisser
ces taux dans les pays où il sont le plus élevés exige
des ressources supplémentaires pour que la majorité des
accouchements se fasse en présence de médecins,
d’infirmières ou de sages-femmes capables de prévenir et
de déceler les complications obstétriques et d’y faire
face le moment venu.
Lorsqu’un problème se présente, il faut que la mère
puisse gagner à temps un centre médical bien équipé.
L’universalisation des soins de santé génétique, y
compris de la planification familiale, est le premier
préalable à la santé maternelle.
Il est particulièrement important de pourvoir aux
besoins des jeunes gens, qui sont 1,3 milliard à entrer
dans la phase reproductive de leur vie. À l’heure
actuelle, 200 millions de femmes manquent de services de
contraception sûrs et efficaces.
6 - Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres
maladies, Depuis le premier cas de sida, il y a 25 ans,
le virus est devenu la cause principale des décès
prématurés en Afrique subsaharienne, et la quatrième
cause de décès dans le monde. Plus de 20 millions de
personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie et
on estime à 39 millions le nombre de personnes vivant
avec le VIH à la fin de 2004. Outre les souffrances
impossibles à chiffrer qu’elle a imposées, l’épidémie a
effacé des décennies de développement dans les pays les
plus touchés.
Les pays qui ont échappé au fléau sont très rares. Mais
il y a des pays qui se battent, et qui gagnent. La
Thaïlande et l’Ouganda ont montré que la volonté des
dirigeants et une vision stratégique du problème
permettaient de faire reculer les taux d’infection. Ils
sont des exemples pour les autres pays qui sont la proie
du virus.
7 - Assurer un environnement durable, signifie exploiter
intelligemment les richesses naturelles et protéger les
écosystèmes complexes dont dépend la survie de
l’humanité.
Cet objectif ne peut être atteint avec les schémas de
consommation et d’exploitation d’aujourd’hui : les
terres se dégradent à un rythme alarmant; les espèces
animales et végétales disparaissent en nombre record;
les climats changent, entraînant des risques de hausse
du niveau des mers et d’aggravation des sécheresses et
des inondations; les poissons et la ressource marine
sont surexploités.
Les populations rurales pauvres sont les plus
directement touchées par ces phénomènes parce que leur
vie quotidienne et leurs moyens de subsistance dépendent
souvent des ressources que fournit leur milieu. Si
l’exode vers les villes a réduit la pression qui
s’exerçait sur les terres arables, il a grossi la
population qui vit dans des taudis insalubres et
surpeuplés.
Dans les villes et en dehors, des milliards de gens
n’ont ni source sûre d’eau potable ni sanitaires.
L’élimination de ces obstacles et la solution des autres
problèmes écologiques supposent que l’on s’intéresse
davantage au sort des populations pauvres et que l’on
renforce la coopération mondiale à un niveau sans
précédent.
Les initiatives prises pour empêcher la couche d’ozone
de continuer à s’appauvrir montrent que les progrès sont
possibles si la volonté politique existe.
8 - Mettre en place un partenariat mondial pour le
développement, l’idée que la lutte contre la pauvreté
est collective et que tous les pays ont intérêt à y
participer est au cœur des objectifs du Millénaire pour
le développement. Ce sont les pays en développement qui
portent la responsabilité de la réalisation des
objectifs, mais le soutien international est crucial
aussi, surtout pour les pays les plus pauvres et ceux
qui souffrent de leur isolement géographique.
Dans une économie mondialisée, il faut également ouvrir
les perspectives qui, en matière d’échanges, de
stabilité financière internationale et de transfert de
technologies permettront aux pays en développement de
saisir les occasions de s’engager dans un développement
soutenu et de l’accélérer.
Pour que ce partenariat ait un sens, il faut qu’il
réponde aussi aux besoins des pays en développement en
matière de technologie, de moyens médicaux et d’emplois,
notamment à l’intention des cohortes de jeunes de plus
en plus nombreuses.
Amadou S Diallo(Washington DC.)
diallongr@yahoo.com
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