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GUINEE:
CONAKRY, le
11-03-2010.
Conseil
National de Transition ou Conseil National de
Tractations?
Il y a
des comportements qui révèlent l’intention profonde du
leadership des organisations sociales. Telle est
l’omission calculée de Dr Faya Millimouno et de M.
Aboubacar Balde de la liste du Conseil National de
Transition (CNT).
Rappelons que ces deux compatriotes ont été désignés par
consensus par les associations guinéennes des Etats-Unis
pour représenter les guinéens des Etats-Unis au sein du
CNT. Leur désignation a été fonction de leurs
compétences, de leur intégrité, de leur expérience et de
leur dévouement pour la cause de leurs compatriotes et
de leur pays. Ils sont tous deux leaders de communautés
guinéennes aux USA. Leur liste et leurs CV ont été
envoyés officiellement aux autorités guinéennes le 31
août, 2009, par Son Excellence M. Mory Karamoko Kaba,
Ambassadeur de Guinée à Washington.
Comme on le voit, le non respect du choix porté sur Dr.
Millimouno et M. Balde, comme délégués légitimes de la
Diaspora guinéenne des Etats-Unis au sein CNT, constitue
une violation flagrante des principes d’égalité de
chance et de respect de la légitimité chers à tout Etat
de droit.
La question que l’on peut se poser est de savoir quels
critères ont été utilisés pour éliminer de la liste des
membres du CNT M. Balde et Dr. Millimouno ? Les
décideurs de Conakry doivent se rendre à l’évidence que
la mathématique politique ne suit pas les principes de
l’analyse combinatoire algébrique. L’analyse
combinatoire politique obéit à l’esprit de sa logique
qui a pour objectif cardinal l’efficacité. Retenons que
le Conseil National de Transition est chargé de
l’élaboration d’un projet social et politique. Il est
particulièrement important de souligner que le CNT à la
charge, comme l’Athénien Solon au 594 AVJC, de réviser
la constitution Guinéenne pour en faire l’assise de la
démocratisation du pouvoir en Guinée. Si la
reformulation de la constitution est bâclée, le CNT aura
raté sa mission. Vu sous la perspective de gestion de
projets, l’efficacité managériale s’obtient à partir de
la combinaison de ressources qualifiées dont
prioritairement le choix judicieux des hommes.
Certains Guinéens rétorquent que le choix s’est fait sur
la base de qualifications académiques. Si cette
information est vraie, les décideurs auraient causé du
tord aux commanditaires de la Diaspora. En effet, pour
prendre l’exemple de Dr. Millimouno, il faut dire qu’il
est titulaire d’un Ph.D. en Administration de
l’Education de l’Université de Montréal, au Canada. Il
détient aussi un diplôme de leadership de l’Institut de
Leadership de Washington, DC.
En plus, Dr. Millimouno a dirigé pendant quatre mois le
groupe de guinéens des Etats-Unis qui ont travaillé sur
le projet de reformulation de la constitution guinéenne.
Ce groupe était à l’image du groupe « Nimba » qui a fait
des travaux similaires pour le compte de la Diaspora
guinéenne en Europe. Ceci était en prélude à la
transition politique en Guinée, bien avant la
conceptualisation du CNT. Pendant quatre mois, Dr.
Millimouno a démontré sa maitrise du mécanisme de
régimes démocratiques. En outre, il a démontré son sens
de leadership en gérant ce groupe composite sur le plan
ethno-régional, académique et professionnel. Cette
expérience prédisposait Dr. Millimouno, autant que les
autres—sinon mieux, à apporter sa contribution notoire
aux travaux du CNT.
Outre la dimension portant sur la qualification,
certains Guinéens estiment que les décideurs de Conakry
en prenant deux peuhls et un Malinké ont négligé la
dynamique ethno-régionale qui est pourtant une réalité
dans un pays reparti en quatre régions naturelles et
culturelles distinctes. Il semble évident que leurs
réactions auraient été les mêmes si on n’avait pris que
deux forestiers et un Peuhl, ou deux malinkés et un
forestier. La pluralité ethnique qui prévaut en Guinée
est une réalité qu’il faut savoir ménager. C’est
pourquoi, il est impérieux d’assurer l’équilibre de la
représentation ethno-régionale au sein des institutions
nationales. En fait, l’esprit de la démocratie
présuppose la représentation de toutes les composantes
du tissu social national au sein d’un organe de
délibérations tel que le CNT.
En définitive, la mise à l’ écart de Dr. Millimouno et
de Monsieur Baldé qui pourtant valent mieux que la
plupart de ceux-là que les décideurs ont choisi, révèle
un problème profond qui paralyse la société guinéenne.
Dans ce pays, la méritocratie n’est qu’un mot que les
uns et les autres utilisent pour « charmer »
l’auditoire. En fait, combien de Baldet, Camara, Fofana,
Guilavogui, Kamano et Manemou capables, comme Dr.
Millimouno, sont ainsi été écartés quotidiennement?
Combien de guinéens qui pourraient apporter leurs
contributions à l’édification de notre société sont
écartés pour des raisons aussi futiles que leur origine
ethnique, leur appartenance religieuse ou politique?
Combien de guinéennes compétentes sont écartées de la
définition du cours de notre destin collectifs parce
qu’elles sont femmes? Cette combine d’exclusion des uns
ou des autres a enfoncé les différents régimes qui se
sont succédé en Guinée dans la médiocrité. Dans le cas
présent, le Conseil National de Transition (CNT) qui a
la charge historique de jouer le rôle d’organe
législateur pendant la transition de l’état d’exception
à un état démocratique, devrait comporter en son sein
les meilleurs des guinéens. C’est cette élite qui
devrait édifier la nouvelle constitution qui sortira la
Guinée de ce bourbier où elle est enterrée depuis plus
d’un demi-siècle. Il est évident qu’une organisation ne
faut que ce que valent les hommes et les femmes qui la
composent. Aussi, le CNT ne vaudra que ce que valent ses
membres et son leadership.
Tirant leçons du passé de la Guinée, il ressort que les
tentatives d’oppression des citoyens du Fouta, et celle
d’écarter les malinkés, sous les régimes antérieurs
n’ont fait qu’élargir la problématique ethno-régionale
qui fissure notre société. Les récentes manœuvres
politiciennes de Conakry qui ont réussi à manipuler le
Capitaine Dadis contre les Peuhls à, à un cheveu près,
conduit le pays à la guerre civile.
C’est pourquoi, la nouvelle Guinée, qui se veut
progressiste, devrait œuvrer à l’utilisation des talents
de tous les Guinéens sans considérations irrationnelles.
Le processus de la démocratisation du leadership doit
passer par la démocratisation du processus de
transformation du régime guinéen. Restreindre la
participation au moulage du destin collectif de la
Guinée à un groupe choisi sur la base d’appartenance
ethnique ou religieuse catalyserait la discorde
multidimensionnelle qui couve dans le pays.
En résumé,
au vue de nombre de faits qui se passent en Guinée, on
est enclin à croire que ceux qui ont accédé jusque-là
aux hiérarchies de l’état sont régis par une
programmation mentale négative. C’est cette mentalité
rétrograde qui les empêche, malgré les ressources
naturelles et humaines du pays, de conduire la Guinée
sur le chemin du progrès et du bonheur collectif. Le
problème de la Guinée réside dans la gaucherie des
preneurs de décisions nationales. Le CNT sera-t-il le
Conseil National de Transition ou se muera-t-il en
Conseil National de Tractations stériles ? La suite des
événements élucidera les Guinéens.
Massada Akoï 2 Sovogui
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