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COTE
D'IVOIRE:
ABIDJAN, le
29-03-2010.
Lumière sur le choc KOULIBALY –KONAN
Insolite et brutale cette passe d’arme entre Koulibaly
et Konan, le Nord et le Sud, autour d’un terme Alibi «
l’ivoirité ». Il faut faire la lumière sur cette passe
d’arme, sur l’ivoirité en passant en revue les
reproches.
I) LUMIERE SUR LA MOTIVATION DE KOULIBALY
Quelle est la motivation de l’acte de Koulibaly? Que
veut Mamadou Koulibaly ? Pourquoi s’attaque-t-il à
Venance Konan ? Quels résultats veut-il atteindre ?
C’est monsieur Edmond William Atteby qui nous apporte la
clé du problème. Venance a acquis une grande audience et
une notoriété au-delà des frontières ivoiriennes. Ce que
confirme Koulibaly quand il dit : « Vous avez fait
des émules qui continuent aujourd'hui de vous rendre
hommage alors que vous prétendez avoir tourné casaque.
Combien sont-ils aujourd'hui ceux qui au FPI, au RDR et
ailleurs cherchent à vous égaler, voire à vous surpasser
?» Mais le péché de Venance c’est qu’il est un
adversaire de Laurent Gbagbo. Koulibaly veut l’anéantir.
Koulibaly veut démontrer que Venance est en pratique un
intellectuel limité et en soi une mauvaise personne. Les
deux points visés sont des points vitaux.
En
démontrant ces deux choses il va ruiner la réputation de
Venance et le rendre inoffensif. C’est ainsi qu’il va
dépeindre un autre Venance auprès des lecteurs. Ces
derniers doivent abandonner l’image qu’ils ont de
Venance et retenir que Venance est un populiste, un
intellectuel sans conviction, un thuriféraire de l'Ivoirité
bon teint et surtout un homme qui a donné l’alibi aux
Rebelles de prendre les armes contre la Côte d’Ivoire.
(Les Refondateurs se confondent avec la Côte d’Ivoire
tout comme les présidents Africains confondent leurs
fesses avec le fauteuil présidentiel qui devient leur
propriété) Venance est tellement nocif qu’il a contaminé
des braves militants du FPI qui sont devenus
ivoiritaires.
La
Motivation de Koulibaly est claire. Il veut détruire
Venance en le présentant comme un criminel digne des
tribunaux et un faux intellectuel sans conviction
incapable de manipuler les outils intellectuels. Il ne
s’agit pas d’un combat pour la Côte d’Ivoire mais pour
la Refondation. Il s’agit de détruire un intellectuel
ivoirien dont la réputation est entrain se s’installer
dans le monde. Voilà le travail de Koulibaly.
Que penser
d’un tel travail ? Je pense qu’il est inutile et même
nuisible gratuitement. C’est du très mauvais travail car
il s’agit de discréditer un intellectuel ivoirien,
quelqu’un qui va peupler l’olympe de nos enfants qui
n’ont pas de référence comme nous qui en avons eu et
avons voulu les imiter et les dépasser. Je veux être
fier de Koulibaly, de Tiburce , de Venance, de Tanela
Bony, de Zady Zaourou, d’Appia etc. comme nous le fûmes
de Memel Fotê.
Professeur
c’est un acte criminel avec préméditation visant à
détruire par la calomnie et le sophisme un intellectuel
car jugé opposant au FPI. Je trouve que c’est un projet
d’assassinat. Il faut l’abandonner car cela ne peut se
justifier.
Venance a
des convictions et il produit des idées, des idées qui
plaisent. Il faut contribuer à sa promotion et non à son
assassinat. Je trouve indigne d’un intellectuel cette
démarche. Tous ceux qui critique la Refondation et qui
vont jusqu’à produire la liste de milliardaire respecte
Koulibaly et souhaite qu’il fasse des émules. Ce n’est
ni Blé Goudé ni Wattao qui vont meubler l’olympe de nos
enfants. Tu gagnerais à sortir de cette lutte partisane
« intellectuel-cide » pour recenser des intellectuels
soucieux du devenir de la Côte d’ivoire et ouvrir une
réflexion constructive sur notre Pays.
En effet,
la Côte d’Ivoire a besoin de réflexion et d’idée pour
avancer et non d’un combat de gladiateur dans les
poubelles des controverses stériles. La tâche est grande
et cette agression pernicieuse doit prendre fin. Que des
politiciens tuent des intellectuels cela peut se
comprendre car il est difficile souvent de réconcilier
savoir et pouvoir. Mais qu’un intellectuel
détruise un autre pour des raisons politiciennes est
insupportable et condamnable au plus haut point.
II LES REPROCHES DE KOULIBALY
1 REPENTANCE 60, 291812 63, 62
Venance à l’entrée de son livre fait acte de repentance.
Il bat sa coulpe et va jusqu’à une certaine réparation,
Koulibaly rejette cette repentance. Pour lui «Les propos
tenus ont expliqué en partie le coup d'Etat de 99.
Les erreurs de jugement d'un intello ont fait des dégâts
dans la cohésion sociale. » Koulibaly s’interroge en ces
termes : « Les erreurs viennent elles des méthodes de
l'intello ou de ses doctrines ? » « Lequel des
Venance Konan est lui-même, le vrai ? Comment comprendre
ces discours et leur évolution dans le temps ? ».
Koulibaly
comprend aisément que par ma fonction de guide spirituel
surtout de Kokhav, je ne puis condamner la repentance.
Car c’est le seul moyen donné par l’Elohim de la
Miséricorde à l’homme pour commencer à corriger une
faute. C’est la porte du Salut, du Paradis. Je ne puis
demander à Venance d’être parfait ou infaillible avant
de commencer à agir comme semble soutenir Koulibaly. Il
doit se tromper pour se parfaire. On ne peut pas dire :
« Comme tu t’es trompé hier alors on ne te fait
plus confiance. Celui qui se trompe en toi et que tu
viens de démasquer est ton moi véritable qui ne peut
jamais changer ». Voilà le discours que tient
Koulibaly en soutenant qu’il a foi dans l’homme. Je
voulais rappeler à Koulibaly son silence sur un fait aux
conséquences plus graves que celui de Venance et lui
demander pourquoi il a un silence sélectif ?
Guéi a changé nuitamment le « Ou » par « Et » en
trompant tout le monde sauf le FPI. La constitution qui
a gagné le referendum a été remplacé par une fausse. Le
FPI est au pouvoir grâce à ce faux, à cette fausse
constitution. Marcoussis a corrigé la faute de Guéi et
ramené la vraie. C’est L’assemblée Nationale sous la
conduite de Koulibaly qui a combattu cette vraie
constitution. L’action de Guéi pervertissant un
referendum a eu des conséquences gravissimes. Le vrai
texte aurait arrêté l’ivoirité défendue par Venance.
Vous
Refondateurs, avez, par une structure de refondation,
accédé au pouvoir et instauré un gouvernement de
prédateurs. L’impact de cette façon de conquérir le
pouvoir sur le programme de la refondation qui est
rejeté, sur la vie de la Côte d’Ivoire et son apport à
la naissance de la Rébellion semble n’avoir pas fait
chez vous l’objet d’une étude. Si cette étude avait été
faite par les intellectuels du FPI, on n’accuserait pas
Venance et on ne s’amuserait pas à conduire la Côte
d’Ivoire dans la voie des élections tel que le FPI veut
le faire maintenant. Ton intuition d’intellectuel
perçoit le danger pour la Côte d’Ivoire et le FPI et tu
l’exprime bien à Koumassi en ces termes : « Les
rebelles disent qu’ils ont pris les fusils à cause de
papiers. Or jusqu’à aujourd’hui, les rebelles n’ont pas
déposé les armes. Va-t-on continuer avec ces problèmes
de papiers sans les résoudre ? Si on va aux élections
dans ces conditions, est-ce qu’on aura la paix après ?
(…) mais il faut que le président élu travaille dans la
paix. Et je souhaite que le président élu soit Laurent
Gbagbo. Je battrai campagne pour cela. Mais je ne
voudrais pas que le président pour lequel je vais battre
campagne, se retrouve handicapé après son élection par
d’autres tentatives de coups d’Etat, de guerre civile et
nous passerons encore 8 ans à ne pas travailler.»
C’est cette conviction, cette vérité qui, pour moi,
reste un chantier plus important à expliquer à tes
camarades du FPI que de t’adresser à Venance qui en
véritable ivoiritaire repenti (qui produit les fruits de
sa repentance) t’a apporté son soutient et qui parce que
n’ayant pas le pouvoir ne peut rien. Non la bataille tu
l’as ratée. Tu as abandonné la proie pour son ombre.
2) LES DECLARATIONS ANTITHETIQUES
Venance n’innove pas. La classe intellectuelle
ivoirienne est coutumière de ce genre de reniement dans
le but d’acquérir et/ou de sauvegarder une position
sociale acquise. Il y a chez nos intellectuels une
difficulté de marier les positions intellectuelles et
les positions politiques. Je vais prendre trois exemples
:
En 1987,
Jean Noël Loucou écrit : «Au moment où l’on pose
inlassablement la question du «comment peut-on être
ivoirien»? Une appréciation sereine de l’histoire du
peuplement peut faire éviter les écueils du tribalisme
et du chauvinisme» Dix ans après, devenu directeur de
cabinet du président Henri Konan Bédié, Jean Noël Loucou
sera l’un des théoriciens les plus prolixes de l’ivoirité.
En mai
2000, le professeur Sery Bailly, écrivait que «la
politique de l’ivoirité et toutes ses conséquences font
« évoluer » la Côte d’Ivoire du registre sémantique de
l’oppression à celui de l’exclusion»… Le
samedi 08 juillet 2000, écoutons le même Sery Bailly
ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche
scientifique : « Les statistiques (30-40%
d'étrangers), comme le sentiment d'être envahis et
l'évocation des monopoles économiques sont des appels
lancés par un peuple qui ne demande qu'à être rassuré.
Ceux qui crient à la xénophobie et à l'exclusion,
entendent-ils cet appel des ivoiriens qui veulent que
l'intégration ne soit pas leur dissolution ou leur
exclusion à eux ?».
Laurent
Gbagbo dit : « Ce code électoral est mauvais parce qu’il
va contre le bon sens. D’abord, il organise la tricherie
ouvertement. Mais aussi, il est xénophobe. En plus ce
code électoral n’est pas de bon sens parce qu’il
saucissonne la citoyenneté. Et un pays qui saucissonne
sa citoyenneté en première, deuxième ou troisième
catégorie, est un pays qui va à la mort. C’est ce que
les nazis ont fait en Allemagne. C’est ce que les
Fascistes ont fait en Italie. . Nous ne voulons
pas que notre pays saucissonne sa citoyenneté. Nous
voulons que chaque Ivoirien, reconnu comme tel, ait le
même droit, le même devoir que les autres. PUIS
FINALEMENT, NOUS NE POUVONS PAS ACCEPTER LES
MESQUINERIES QUI VISENT A ECARTER LE RDR DES ELECTIONS.
C’est un combat d’arrière garde. Nous nous battons
pour que ce code électoral ne soit pas appliqué. Nous
avons encore neuf mois pour y arriver, et nous mènerons
la bataille jusqu’au dernier jour (…..) Non nous ne
voulons pas de guerre civil par la faute des gens qui
font des combines. Le FPI refuse d’entrer dans les
combines.
Pourquoi
tant d’agitation, autour d’Alassane Ouattara, un an
avant les élections présidentielles ? Pourquoi tant de
bruit autour d’Alassane ? Quand on va aux élections, il
y a un peuple qui tranche. Le régime de Bédié s’excite
parce qu’il a quelque chose à se reprocher, quelque
chose cacher. Nous refusons de suivre des gens qui
cachent des choses. Qu’on cesse de nous distraire avec
des affaires d’étranger. Car en réalité, en Côte
d’Ivoire, les problèmes sociaux à régler sont multiples…
(…) Et puis, je dois dire qu’on en a marre. Dès que les
arachides coûtent cher, Alassane est étranger ! Dès que
gombo coûtent cher, Alassane est étranger ! Dès que les
étudiants sont en grève Alassane est étranger ! On en a
assez ! Dans un pays démocratique, ces questions ne font
pas l’objet d’un débat. Elle résolues une fois pour
toutes »
Le 29
février 2000, Laurent Gbagbo qui a fait ces brillantes
réflexions sur l’exclusion d’Alassane dira contre toute
mémoire et toute cohérence, en se confiant à
l’hebdomadaire Jeune Afrique ceci: « Alassane
Ouattara est ivoirien au regard de notre code de
nationalité. Il peut se présenter à l’élection
présidentielle (…).Le problème(…), ce n’est pas la
nationalité de Ouattara, mais le fait de savoir si
quelqu’un comme lui qui à occupé de très hautes fonction
dans un pays étranger, est il éligible à la présidence
de la République (…) Je suis choqué que quelqu’un qui a
été vice-gouverneur de la BCEAO au titre de la Haut
Volta et fonctionnaire au FMI au titre de la Haute
Volta, après avoir occupé ses fonctions pour un autre
Etat (sic) soit candidat ici »
Aujourd’hui Gbagbo est au pouvoir pour déclarer candidat
Alassane par l’article 48 quand ce dernier a son nom sur
la liste des Ivoiriens. Quand Gbagbo lui-même dit : « «
Alassane Ouattara est ivoirien au regard de notre code
de nationalité. Il peut se présenter à l’élection
présidentielle » Frère ce n’est pas du côté de Venance
qu’il faut chercher l’intelligence folle, inconséquente
qui n’a pas une maitrise d’elle-même. C’est du côté de
ton candidat. Aujourd’hui il est contre la limitation
des mandats et le multipartisme. La Côte d’Ivoire est
devenu un Etat épileptique. Je crois que si cette
méthode était appliquée à Gbagbo Il laisserait
énormément de plumes.
Laissons
Laurent Gbagbo et venons au FPI lui-même. Voici ton
propre constat devant les femmes de Beoumi à Koumassi :
« Souvenez-vous, on avait dit qu’on ne voulait pas de
rebelles au gouvernement, ils sont entrés. On a dit
qu’on ne voulait pas de Soro comme Premier ministre, il
est Premier ministre. Et nous sommes contents et nous
disons qu’il travaille bien. On a dit qu’on ne voulait
pas d’élection sans désarmement. Moi-même, j’ai soutenu
cela. J’ai dit jamais d’élection sans désarmement. Mais,
on va aller aux élections sans désarmement. Si vous
regardez bien, toujours on dit qu’on ne veut pas et
après on le fait. » (…) Moi, je suis fatigué de cette
crise, je suis fatigué de cette guerre, je suis épuisé
par ces aller-retour, je n’en peux plus. (…) J’en ai
ras-le-bol. » Si on doit mesurer le FPI et Laurent
Gbagbo avec la mesure que tu utilise pour Venance, alors
on peut se demander où est le FPI ? Où se trouve le vrai
Gbagbo ? La Parole d’un président peut-elle être si
légère ? Peut-on être intellectuel et vivre au FPI
aujourd’hui ? La question a tout son sens. Le FPI semble
avoir opté pour une guerre par archive.
Je dis que
Laurent de 1982 à 1995 est différent de Laurent de 2002
à 2010. La mutation se fait entre 1995 et 2000. Même
Harris Memel Fotê a condamné cette mutation. Le
Professeur Samba parlera de démocratie zébrée. Venance
est une expérimentation de cette guerre par archive. Je
vous le dis net : Abandonnez ce cheval. Il n’est pas bon
pour vous. Le « souvenez-vous » de la campagne de
Laurent face à Houphouët est dépassé. Il est dangereux
pour ce pays de fouiller les généalogies et les
poubelles. Nous sommes une terre d’immigration et de
brassage. Aujourd’hui il y a beaucoup de cadavres dans
le placard. Abandonnez cette voie.
3) LES BIAIS ET LES POURCENTAGES DE TEXTE
Koulibaly écrit : « La seconde phase (…) est plus courte
que la première phase. Cependant dans cette seconde
phase Mr Konan sélectionne volontairement 84 textes
soit33% plus de textes que dans la première pourtant
plus longue et dans laquelle il ne sélectionne que 56
textes. (6ans pour 56 textes et 5ans pour 84 textes).
Ici aussi il y a un biais politique. »
Ici Koulibaly tombe dans son péché mignon: La maladie
des chiffres. On peut parler plus en une heure que
pendant cinq heures. Koulibaly ajoute 10 textes ce qui
nous ramène à 66 contre 84 et le rapport n’est pas
changé Il y a toujours plus de textes dans un temps
court. Les dix textes partent car ils sont liés à l’ivoirité.
Si Venance avait produit 100 textes les 100 auraient la
même infirmité car ils partent de la même vision. Cela
Koulibaly doit le comprendre facilement puisqu’il
demande à Venance ceci : « N`oubliez pas que les
conditions initiales jouent un rôle essentiel dans la
trajectoire des nations. » Quand on énonce une
telle loi on ne peut pas refuser de l’appliquer sans
tomber dans le biais que nous condamnons nous-mêmes. Les
chiffres ne sont que des chiffres, des outils de mesure
et ne valent rien s’ils ne sont pas dans une matrice
cohérente. Tu ajoutes : « Il y a dans l'attitude de Mr
Konan un biais politique qu'il ne peut avouer. Mr Konan
tente de dissimuler ses chroniques sataniques dont il a
peut être honte aujourd'hui. Mais pourquoi donc ? »
Comment
voulez-vous que quelqu’un qui reconnaît une erreur de
jugement conserve cette erreur ? Que devient l’acte de
repentance ? Il est le premier à se culpabiliser et à
indiquer que ces textes existent. Celui qui les veut
peut lui demander. La preuve toi tu les as trouvés. On
ne peut pas lui demander dans une sélection de retenir
ce que son esprit a jugé et condamné. Que Koulibaly
demande pourquoi Venance a abandonné ce qu’il condamne
devient étonnant et inquiétant.
III LUMIERE SUR L’IVOIRITE
Mamadou Koulibaly se réfère à l’ivoirité. Pour sortir le
débat de la logique du meurtre et de l’assassinat
d’intellectuel, il faut s’arrêter sur le concept de l’ivoirité
pour l’éclairer. L’ivoirité est le nom singulier d’une
chose plurielle. Dans le terme ivoirité se trouve deux
termes « Ivoirité culturelle » et « Ivoirité Electorale
». On doit parler des « Ivoirités »
1) L’IVOIRITE CULTURELLE
Le terme « ivoirité » est employé pour la première fois
par l'artiste et écrivain, « grioticien », Dieudonné
Niangoran Porquet, dans un article intitulé « Ivoirité
et authenticité » paru en 1974 dans Fraternité Matin.
Pour Dieudonné Niangoran Porquet, il s'agit d'une
synthèse culturelle originale entre la savane et la
forêt afin de produire une culture ivoirienne
authentique. Ce néologisme refait surface en octobre
1995 lors de la convention du PDCI-RDA à Yamoussoukro.
Dans le discours programme de Henri Konan Bédié. Il
s'agit de définir des repères, des valeurs culturelles à
partir desquelles les Ivoiriens et les non Ivoiriens se
reconnaîtront. Ce concept est identifiant,
personnalisant. Il rassemble tout ce qui ivoirien et lui
donne une existence par rapport à ce qui ne l’est pas
pour ensuite déterminer une relation entre ce qui est
ivoirien et ce qui ne l’est pas. C’est une étape
obligatoire, utile pour la formation et la construction
d’une Nation.
L’ivoirité
culturelle est l’équivalent de la Judaïté, de la
Francité, de la sénégalité de la chretienneté, de la
congolité. L’ivoirité est la nature de ce qui est
ivoirien. Si la Côte d’Ivoire doit devenir une nation,
elle doit avoir une âme, une identité et cette identité
c’est l’ivoirité. C’est une identification pour ensuite
entrer en contact avec l’environnement ayant défini le
lien entre les éléments de l’ensemble. Identification et
contre de l’immigration sont deux actes utiles. Cette
ivoirité, ce nationalisme prend sa racine avant les
indépendances car la Côte d’Ivoire est une terre
d’immigration. Elle préexiste à Niangoran Porquet.
On
trouve dès les années 30 avec l’ADIACI (Association de
Défenses des Intérêts des Autochtones de Côte d’Ivoire)
la trace de ce nationalisme. Cette structure a été créée
pour protester auprès des autorités contre le fait que
les Sénégalais et les Dahoméens occupaient une trop
grande place dans les emplois publics.
En 1958, il
s’exprima de manière violente à l’encontre des Dahoméens
et Togolais. Il se manifeste d’une manière paisible, en
1966, lorsque Houphouët-Boigny proposa à l’Assemblée
Nationale que les ressortissants du Conseil de l’Entente
(Haute-Volta, Niger, Dahomey) puissent bénéficier
légalement d’une double nationalité; l’Assemblée
Nationale refusa. La politique d’ivoirisation de la
fonction publique entreprise à partir du milieu des
années 70. et en 1990, le retrait de la possibilité de
vote accordée aux étrangers sont dans le même registre.
La
question du nationalisme, dans ce qu’elle implique de
mise à distance des ‘‘étrangers’’ et de mise en question
de ce qui les amènerait à devenir de ‘‘vrais’’ citoyens
ivoiriens, fut une figure récurrente de l’histoire
coloniale et postcoloniale.
En 1994
avec l’avènement de la politique de l’«ivoirité» mise en
place par le régime du Président Bédié, cette question
du nationalisme cultivée par les gouvernements
postérieurs met en exergue le problème de la nationalité
et partant de la définition de l’identité nationale en
Côte d’Ivoire et des droits et prérogatives en
découlant. Cette ivoirité n’est jamais morte car elle au
cœur de toute nation qui n’a pas disparu Des
intellectuels se sont regroupés autour de Konan Bédié
pour en faire l’objet de leur recherche. Bédié a faillit
l’institutionnaliser comme témoigne le Professeur
Bernard Zadi Zaourou: « le président Bédié (…) a voulu
créer un Haut Conseil de l’Ivoirité. C’est moi qui l’ai
mis en garde contre ce projet. Je lui ai dit que puisque
les politiciens ont récupéré ce concept, cela risquait
d’être vu comme une institutionnalisation de l’ivoirité.
Il m’a écouté. »
Les
intellectuels qui ont eu à charge cette question d’ivoirité
n’en ont pas fait un concept d’exclusion car ce concept
ne peut pas se prêter à une telle utilisation.
L’ethno-sociologue feu Georges Niangoran Bouah pense que
« l’Ivoirité est l’ensemble des données
socio-historiques, géographiques qui permettent de dire
qu’un individu est citoyen de la Côte d’ivoire ou
Ivoirien. Ce terme peut aussi désigner les habitudes de
vie, c'est à dire la manière d'être et de se comporter
des habitants de Côte d'Ivoire et enfin, il peut aussi
s’agir d'un «étranger» qui possède des manières
ivoiriennes par cohabitation ou par imitation». Pour
Bédié « l’ivoirité était un concept d’intégration
culturelle et les Ivoiriens et les autres Africains qui
vivent en Côte d’Ivoire doivent travailler jusqu’à ce
qu’il y ait une symbiose qui se réalise. Cette synthèse
culturelle devait permettre à la Côte d’Ivoire de faire
un bond en avant dans tous les domaines. »
Cette
ivoirité est un concept fédérateur, rassembleur et qui
prône à juste titre la préférence nationale. Pour le
vivre ensemble, il faut réveiller ce concept et lui
donner son juste contenu. Il n’est pas blâmable. Un tel
concept ne peut que conjurer la division et la guerre
fratricide. Il est évident qu’en parlant d’ivoirité
défendue par Venance, le Professeur Mamadou Koulibaly ne
fait pas allusion à cette ivoirité quoiqu’ à la vérité
seule l’ivoirité culturelle mérite le nom d’ivoirité.
2) IVOIRITE ELECTORALE
Il existe une forme d’ivoirité qui n’apparait que dans
le contexte électoral. Il s’agit de trouver et isoler
les Ivoiriens, parmi des Ivoiriens c'est-à-dire
identifier les « Ivoiriens des Ivoiriens ». Si le
premier concept rassemble celui-là divise, hiérarchise
et exclut. Les deux concepts aux objectifs antithétiques
portent le même nom et se pratiquent dans le même pays,
par les mêmes intellectuels et le même pouvoir
politique. On ne peut pas dire que les Politiques ont
dévié un concept. Non ! Bédié est un intellectuel et son
gouvernement était celui des intellectuels. Il n’y a pas
eu de dérapage. Il y a eu gestion de deux situations
différentes par des intellectuels. Une relation
externe qui prend en compte la formation de la Nation et
une situation interne qui prend en compte la gestion du
pouvoir. Le concept qui a géré les deux problèmes
s’appelle « Ivoirité ».
L’ivoirité
électorale est à son apogée avec Konan Bédié. Ses traces
sont indiscutables Nous allons les relever. Le 25 avril
1990, introduisant une intervention à la télévision
nationale, L’historien Pierre Kipré, se présente comme
suit à ses compatriotes Ivoiriens «…Je suis
ivoirien non pas par adoption mais par les fibres les
plus multiséculaires de ma famille. Je ne suis pas
devenu ivoirien et sur tout ce qui touche les problèmes
de mon pays, j’ai le droit, en tout cas même si on me
l’ôtait, je m’arroge le droit de donner mon point de
vue».
Il y a deux
cercles. Le lieu Saint et le lieu très Saint ou le Saint
des Saints. Lui Kipré est originaire du Saint des
Saints. La classification de la population en Ivoiriens
de souche et en Ivoiriens de circonstance est en marche.
Elle est permanente chez les intellectuels théoriciens
de l'ivoirité. Un autre historien, Jean-Noël Loucou,
systématisera cette théorie. Il soutiendra que: «
Alassane Ouattara est le porte flambeau des musulmans ».
L’historien Gbagbo devenu président tiendra le même
discours : « Ça ne sert à rien de la cacher ! Nos
voisins africains ont beau jeu de nous critiquer alors
que nous avons des problèmes parce que leurs
ressortissants sont chez nous. ALASSANE EST DEVENU LE
SYMBOLE DES ETRANGERS. IL Y A D’AILLEURS BEAUCOUP
D’IMMIGRES PARMI SES PARTISANS. » Ce sont les
mêmes intellectuels qui ont en charge la gestion des
deux concepts d’Ivoirité. L’ivoirité va donner naissance
à une revue au nom évocateur, Racines. Cette revue est
créée par un groupe d'intellectuels eux même membres de
la Curdiphe (Cellule Universitaire de Recherche et de
Diffusion des Idées du Président Henri Konan Bédié).
Un livre
d'histoire au programme scolaire parlant de
l'installation des populations Mandé pendant la période
précoloniale, emploie l'expression « envahisseurs ». Le
tout sera couronné par une loi adoptée par le PDCI-RDA
le 23 novembre 1994, une nouvelle loi portant code
électoral. Dans ce texte, les articles 49 et 50 sont
sans équivoque: - Article 49 « Nul ne peut être élu
président de la république s'il n'est âgé d'au moins
quarante ans révolus et s'il n'est Ivoirien de
naissance, né de père et de mère eux mêmes Ivoiriens (…)
Fologo défend l’ivoirité électorale en ces termes : «
Jamais un non ivoirien, celui qui ne remplit pas les
conditions d’éligibilité votées par l’Assemblée
Nationale, ne pourra gouverner la Côte d’Ivoire. Les
étrangers sont avec nous, travaillent avec nous. Nous
respectons, leur « étrangéité » mais nous avons notre «
ivoirité ». (…)Peut-on gouverner un pays qu’on ne
connaît pas ? Bédié est un homme qui connait la Côte
d’Ivoire du sol jusqu’au sommet des arbres »
Le discours que Konan Bédié tient à Djéni Kobinan à
Daoukro est édifiant: « Toi, un akan 100% qu’est-ce que
tu cherche avec ces étrangers ? Alassane Ouattara, c’est
un Mossi, je le lui ai dit. Laisse tomber cette histoire
de RDR. Ménage ta santé, pense à toi-même, un peu. Si tu
veux aller te reposer à l’étranger, je ferai le
nécessaire. Concernant ton problème (de nationalité), ce
n’est rien. On verra… » En mai 1999 dans son livre
autobiographique «les chemins de ma vie» Henri Konan
Bédié dit à propos d'Alassane. D. Ouattara, son
principal adversaire politique que «de toute façon, il
était Burkinabé par son père et il possédait toujours
une nationalité du Burkina-Faso, il n'avait pas à se
mêler de nos affaires de succession » Le General Robert
Guéi pour sa part estime que «les Ivoiriens ont pris
conscience de leur identité», «un peu partout, on m'a
demandé ce que je pensais de ce problème. J’ai répondu
qu’il faut être sincère et objectif en n'oubliant pas ce
que nous sommes. La France ne peut être construite que
par les français et l'Afrique que par les africains.
Mais l’Afrique est un ensemble. Aimer la Côte d'Ivoire
est réellement l'affaire des ivoiriens. Le Sénégal c'est
l'affaire des Sénégalais. Donc, le concept d'Ivoirité,
je vous le dis est un bon concept».
Sous Guéi, L’ivoirité électorale est nette. Cela se
passe entre Ivoiriens. On a les Ivoiriens. On les classe
en « Ivoiriens OU » et « en Ivoiriens ET ».
C’est cette Ivoirité qui est constitutionalisée avec
l’article 35 puis spiritualisée avec Simone Ehivet
Gbagbo. Cette Ivoirité, même si elle est une exclusion
qui fait des Ivoiriens des étrangers, elle n’est pas une
xénophobie puisque qu’elle ne s’adresse pas aux
étrangers. Jusque-là, elle est une « Boréophobie » la
peur des gens du Nord qui passe d’Ivoiriens à étrangers
sans être rapatriés. C’est un problème sérieux. C’est un
problème vieux qui remonte aux années 40 et qui prend
l’allure d’un long complot contre les Nordistes.
Cissé
Bacongo écrit : « Au cours des débats, suite à la
contribution magistrale lors du séminaire national
organisé les 22 et 25 juillet 1999 sur l’ouvrage du
Président Henri Konan Bédié « les chemins de ma vie »,
Harris Memel Fotê révélait que des cercles secrets de
réflexion animés par des intellectuels, universitaires
pour la plupart, se réunissent régulièrement, depuis
1949 environs, pour concevoir une stratégie politique
qui permette de protéger les Ivoiriens contre les
étrangers, une politique de « préférence nationale » Au
titre des constats, ces intellectuel révélaient que les
Ivoiriens du Nord occupent tous les secteurs de
l’économie nationale, les hauts postes dans
l’administration publique et privée, ainsi que toutes
les terres de culture du Centre, de l’Est et du Sud. Sur
la base de ce constat, ces Ivoiriens originaires du Nord
du pays, qu’on présente sous l’appellation générique de
dyula, leur apparaissent comme des envahisseurs, des
étrangers. La stratégie politique qui est alors conçue
va s’appuyer sur un discours haineux, tribaliste et
xénophobe. Il doit permettre de convaincre que CES
IVOIRIENS SONT D’AUTHENTIQUES ETRANGERS, DANS UN PAYS
QUI EST LE LEUR, mais également susciter en eux le
complexe d’être effectivement d’authentiques étrangers
et adopter les attitudes et les réflexes correspondants.
A terme,
l’objectif poursuivi consiste à les déloger de toutes
les positions qu’ils occupent, à les chasser et les
repousser vers leurs zones ou territoires d’origine.
Funeste projet, dont les concepteurs et les
propagandistes, des philosophes, historiens, juristes,
hommes de lettre et journalistes, méritent d’être
connus, pour l’histoire : feu Niangoran Bouah, Feu Jean
Marie Adiaffi, Feu Assoi Adiko, Jean-Noël Loucou, Kipré
Pierre, Niamké Koffi, Faustin Kouamé, Sacanoud Benoît,
Raphael Atta Koffi, Sahiri Patrice, Michel Canbonnoux ;
Etc ».
Ce texte inquiète car il met en évidence un complot
contre le Nord depuis 1949. C’est à ce niveau qu’il faut
marquer le pas et faire des précisions importantes.
Bédié dont le règne se situe entre 1993 et 1999 ne peut
pas être considéré comme le père du concept de l’ivoirité
électorale ou « Boréophobie ». Sous la plume du
professeur Samba Diarra, on voit Houphouët Boigny
utiliser cette sorte d’ivoirité pour contrecarrer Lamine
Diabaté en 1956-1957 après le congrès de l’UGEECI. Déjà
à cette époque, pour des raisons électorales, on a
l’appellation « d’Ivoiriens authentiques ». Houphouët
Boigny traite Lamine Diabaté de « griot sans famille »
et Gabriel D’arboussier de « métis Djavando ». Houphouët
enfante l’ivoirité. Bédié le fait sortir de sa cage.
Guéi le constitutionalise. Laurent Gbagbo en fait une
utilisation large pendant que sa femme Simone
spiritualise le concept. Dans cette logique, l’ivoirité
est un héritage de l’Houphouëtisme. Cette ivoirité
ressemble au concept forgé par Gnangoran Porquet mais
elle est plus vieille et plus laide que le concept de
Porquet. Il faut éviter l’amalgame.
Quand
on parle « d’Ivoiriens authentiques » en 1957 et «
d’Ivoiriens multiséculaires » ou « d’Ivoiriens de
seconde zone » en 1994, on n’est dans la même ivoirité
mais pas dans le concept de Porquet. L’ivoirité dont a
été victime Djéni Kobinan, Soumah Yadi puis Alassane n’a
rien de culturel. C’est le concept auquel Lamine a fait
face en 1956-1957. Nous sommes avant Gnangoran Porquet.
Le professeur Samba Diarra nous donne une main forte
quand il écrit au sujet des évènements de 1957 ceci :
«Le facteur xénophobe n’est rien d’autre que
l’accusation portée contre les étudiants ressortissants
du nord du pays d’être responsable de la radicalisation
du mouvement étudiant et des prises de position
défavorables à Houphouët Boigny. Ceci sont considérés
comme des APATRIDES, des NON-IVOIRIENS » Ailleurs le
professeur écrit : « L’ethnocentrisme et la xénophobie
se développent très rapidement, au sein de l’AEECIF.
L’idéologue de ce courant est un étudiant originaire de
Bouaké, qui fait valoir que seuls les Ivoiriens «
authentiques » doivent être membres de L’AEECIF. Est
Ivoirien « authentique », pour ce dernier, celui qui est
natif, non d’une ville mais d’un village de Côte
d’Ivoire. Cruelle Ironie, le tribalisme naît des
universitaires, c'est-à-dire ceux là même qui ne
devraient point le faire »
3) LA PHOBIE DU NORD IVOIRIEN : UNE BOREOPHOBIE
L’ivoirité électorale cache à la vérité une «
Boréophobie » identique à la « négrophobie » qui a
entrainé l’apartheid en Afrique du Sud. Ce n’est pas une
xénophobie. C’est la peur des Ivoiriens du Nord.
Eclairons cette Boréophobie.
LE PROBLEME QUE POSE LE NORD IVOIRIEN
Le Nord Ivoirien effraie par sa puissance qu’elle tire
d’un ensemble d’éléments. Au plan démographique, le Nord
connaît le taux de croissance démographique le plus
élevé. Ce qui est un atout pour prendre le pouvoir par
les élections dans les Villes et même le pouvoir d’Etat.
Les Dioulas originaires du Nord contrôlent les circuits
financiers et détiennent le pouvoir économique. L’islam,
leur religion en passe de devenir la religion dominante,
ne se confine plus au seul Nord. Il fait des percées
fulgurantes au Sud, à l’Ouest et surtout à l’Est
notamment à Bondoukou, la ville aux « mille mosquées ».
Leur langue, le Dioula fait quasiment office de langue
nationale. Ils ont des bases arrières (Mali, Burkina,
Guinée) en cas de difficulté. Compte tenu de
l’orientation de notre économie, ces Nordistes
descendent au sud et cela fait une pression sur une
population adossée à une barrière naturelle : l’océan.
Ce sud se sent étouffé. Ce nord apparaît comme une
entité cohérente ayant une langue, une religion et un
répertoire patronymique, un mode vestimentaire. Les
nordistes sont facilement identifiables. Ce qui échappe
à ces Nordistes, c’est le pouvoir politique et
militaire. Le Sud vit dans la hantise du transfert de ce
pouvoir au Nord. Pour les Sudistes, l’enjeu, c’est la
défense coûte que coûte de ce qu’ils considèrent comme
leur droit naturel, celui de gouverner la Côte d’Ivoire,
le seul droit qui leur reste et qu’il faut sauvegarder
face à un Nord de plus en plus accapareur.
Ecoutons
Jean Noel Loukou. Il a vécu le problème et il l’exprime
correctement. «la plupart de ces étrangers-la sont
musulmans. Les maliens, les Burkinabés, ceux du Niger,
ceux du Nigeria même, ils sont de religion musulmane.
Ils ont formé une élite qui a fait des études dans les
universités arabes, etc.… Donc c’est un islam qui s’est
modernisé et qui est beaucoup plus visible du point de
vue social. MAINTENANT, LE PROBLEME C’EST QUE C’EST UNE
REVENDICATION POLITIQUE. IL NE FAUT PAS QU’ON SE CACHE
LE PROBLEME. Derrière tout le problème de
Ouattara…Ouattara n’a été qu’un porte-drapeau de cette
revendication DES MUSULMANS QUI ESTIMENT QUE MAINTENANT
ILS ONT LE POUVOIR ECONOMIQUE, IL NE LEUR RESTE QUE LE
POUVOIR POLITIQUE. C’EST ÇA LE PROBLEME». Sery Bally
exprime la Crainte la phobie qu’a le sud pour le Nord :
« Les STATISTIQUES (30-40% d'étrangers), comme le
sentiment d'être envahis et L'EVOCATION DES MONOPOLES
ECONOMIQUES sont des appels lancés par un peuple qui ne
demande qu'à être rassuré. Ceux qui crient à la
xénophobie et à l'exclusion, entendent-ils cet appel des
Ivoiriens qui VEULENT QUE L'INTEGRATION NE SOIT PAS LEUR
DISSOLUTION OU LEUR EXCLUSION A EUX ?».
L’Eglise
Catholique devant la saignée que lui fait subir la
progression Protestante voit le Nord comme une menace de
L’Islam et ne veut pas de président venant du Nord :
Pour le cardinal Bernard Agré, l'Ivoirité peut, en
effet, être pris positivement en tant que cri du cœur
d'un peuple qui dit: « Nous voulons exister en tant que
peuple d’abord. Nous voulons être nous-mêmes, nous
voulons être chez nous. Et alors nous pourrons
accueillir en toute sérénité, nos frères et sœurs qui
viennent d’ailleurs ». »
Guéi
prête ces paroles à Monseigneur Agré : « Ce dernier m'a
dit qu'il n'est pas sûr que Alassane Ouattara devenu
Président de la République continuera d'accorder
entièrement à l'église Catholique ivoirienne la ligne
budgétaire qui lui a toujours été consentie chaque année
et par conséquent, selon lui, il vaut mieux qu'un
Chrétien soit Président, mais surtout pas un Musulman ».
Agré, de
passage au Burkina Faso, dans sa lutte contre la
candidature d’Alassane, déclare dans le journal Sidwaya
: « Il Y a des monopoles professionnels d’étrangers que
les Ivoiriens n’accepteront pas » Les musulmans sentent
l’exclusion et l’expriment : « Pour nous, cadres de la
communauté musulmane de Côte d’Ivoire, ADO reste un
symbole. Nous sommes en effet convaincus que n’importe
lequel des cadres du Nord qui aurait eu la même
prétention à la magistrature suprême, aurait été
combattu avec le même acharnement et la même haine
tribale. Nous ne doutons à aucun instant que ces
nouveaux théologiens, de l’ivoirité que sont ces
distingués universitaires, Pierre Kipré, Niangoran Boa,
Jean Marie Adiaffi, Jean Noël Loukou, ou l’Avocat Me
Faustin Kouamé auraient à coup sûr découvert dans
l’ascendance de celui-ci un embryon circonstanciel
génétiquement suffisant pour l’éliminer. Tout comme
Adolphe Hitler qui défendait la suprématie de la race
aryenne alors qu’il n’en était pas lui-même un, ces
chantres de l’ivoirité sont-ils sûrs de leur ivoirité ?
Les déclarations du 20 mars 2000 montrent cette phobie
du Nord. Le 20 mars 2000, le FPI dans un nouveau mariage
avec le PDCI initiait une conférence de presse coanimé
par un collectif hétéroclite, dit « front patriotique »,
pour dit-on dénoncer la « fraude sur la nationalité »
Laurent Dona Fologo du PDCI déclarait : « il serait
regrettable que la générosité de la Côte d’Ivoire se
retourne contre elle ». Le président du PIT, il
s’indignait en ces termes : « Nous ne pouvons pas aller
à des élections où n’importe qui peut élire n’importe
qui » Enfin le secrétaire général de L’USD avertissait :
« Jamais nous ne laisseront la Côte d’Ivoire être
vendue. » Au total, ce que nous appelons improprement
ivoirité est une « Boréophobie »
COMMENT HOUPHOUET BOIGNY FIT-IL FACE A CETTE
BOREOPHOBIE ?
Houphouët Boigny a pratiqué l’exclusion de plusieurs
façons : L’exclusion brutale est exprimée par Samba
Diarra : « J’ai frappé le nord dans ce qu’il a de
meilleur. J’enterrerai tout ceux qui rêvent de prendre
ma place, comme ceux s’avisent d’attenter à ma vie et
les témoins de l’histoire (…) Vous croyez que ce sont
les fils d’éleveurs de poulets comme vous qui aller me
succéder ? Jamais ! C’est un des miens qui me succèdera
» La seconde exclusion est plus subtile. C’est
la répartition des tâches, la répartition des rôles.
Gardant pour lui l’armée et le pouvoir et il créa par
l’alliance l’axe Centre-Nord, après avoir maté du Sanwi
pour capturer de l’Agni. En face de l’axe Centre-Nord,
il y a l’Ouest, (le pays Bété) marginalisé et qui joue
l’opposition. Il a pris soin de capturer les Bété de
Daloa.
Les
Nordistes avaient dans ce système, la possibilité de
mener en paix leurs activités économiques. Leur rôle est
celui des prières pour le Président et surtout la
fonction de bétail électoral. Les marginalisés sont les
Bété auxquels s’ajoutent l’opposition des enseignants
qui sont confiés aux Forces de l’ordre. Pion de
l’impérialisme international, surveillés par les canons
Français, Houphouët s’est assuré une longévité
politique. Le Nord n’a pas produit de candidat face à
Houphouët Boigny. En mourant le sage a confié le parti
au Nord à Laurent Dona Fologo afin que le nord continue
sa vocation de bétail électoral. Il a remit le pouvoir à
Henri Konan Bédié, et l’armé à Guéi pour assurer la
protection du système.
Le conflit
Bédié Alassane et le conflit Bédié Guéi va créer l’UDPCI,
LE RDR et LE PDCI Le système éclate et Bédié doit faire
face à la menace nordiste. Les Nordistes ont un candidat
sérieux pour conquérir le pouvoir. La seule réponse de
Bédié fut le vieux remède de l’exclusion du nordiste de
la gestion du pays et une forte akanisation du pouvoir
surtout qu’il avait en face l’axe Bété-Dioula dans Le
front republicain. Mais dans le souterrain il y avait un
rapprochement Bédié-Gbagbo pour marginaliser le RDR et
gouverner tour à tour. Après Les Akan c’est le tour des
Bété. C’est l’une des vérités qui a mis à mal la
confiance dans le RHDP entre le PDCI et le RDR. Bédié va
utiliser l’ivoirité électorale qui est l’exclusion.
C’est le problème du nord qui vient de se réveiller
brutalement au FPI avec le faux problème Mambé.
L’épuration des listes est une Boréophobie. La bataille
des Forces Nouvelles est juste. S’ils n’avaient pas fait
d’autres fils du nord la feraient. Les étrangers sont
des Nordistes. C’est à cette période si grave que toi
Koulibaly tu te trompes de combat pour attaquer un
ivoiritaire repenti et garder le silence devant ceux qui
se sont réveillés et qui sont très actifs. Est-t-il plus
urgent de faire face à un volcan éteint qu’à un volcan
actif ? Aucun homme sérieux, connaissant le drame
que vit notre pays et dont tes parents seront les
victimes ne peut te suivre dans ta sortie de route, dans
ta diversion et digression. Il faut revenir au cœur du
débat trouver un remède à la Boréophobie qui empêche
l’installation de la démocratie chez nous et qui est
source de nos problèmes depuis la mort de Félix
Houphouët Boigny. Sery Bailly a identifié le problème et
l’a exprimé clairement. Il Y a une peur du Nord. Ceux
qui ont peur ont besoin d’être rassurés exactement comme
dans l’Afrique du Sud de l’apartheid.
La
Situation des Refondateurs est plus difficile. A la peur
de la perte du pouvoir s’ajoute la crainte du TPI et de
la réduction drastique du train de vie. Les Nordistes
souffrent de l’exclusion et n’en peuvent plus.
Aujourd’hui en Côte d’Ivoire on a les éléments d’un
affrontement pouvant conduire à la Sécession. Toi
Koulibaly qui vis les deux problèmes, tu es mieux placé
pour le comprendre et ouvrir une réflexion sur le sujet.
Les Intellectuels du Sud se sont regroupés pour trouver
une solution à leur peur, leur Phobie du nord. Ils ont
trouvé l’exclusion, l’ivoirité. Tu sais toi-même qu’ils
ont peur et que leur solution ne marchera pas et qu’elle
va enflammer le pays. Tu l’as dis clairement et
courageusement à Koumassi. « Il ne faut pas qu’on
ait peur des listes électorales. Il ne faut pas qu’on
ait peur des étrangers. Tout compte fait, ils sont là.
L’Onuci, ce sont des étrangers. La France, Sarkozy c’est
l’étranger. Le facilitateur, c’est un étranger.
Réfléchissons, si on veut que le pays avance, c’est le
conseil que je donne. »
Lève-toi
frère pour mettre en place une cellule de réflexion sur
le problème au lieu de te livrer à une bataille stérile
et improductive. Tous, Venance, Tiburce, Atteby, Océane
etc. sont prêts à une telle réflexion salvatrice pour
notre Pays.
Je remercie
William Atteby qui lance un véritable cri de cœur aux
Intellectuels : « J'invite tous les intellectuels
ivoiriens, à ce débat pour le salut de notre société ;
la société ivoirienne qui se meure. » Cette
Bataille est plus urgente que ta lutte contre la France.
Quand la Côte d’Ivoire naitra comme une nation, elle
pourra faire face au défi extérieur. Il faut qu’on le
sache : Ce n’est pas Bédié qui a crée le problème (La
peur du Nord ou Boréophobie) et le remède (L’exclusion
ou Ivoirité). Il hérite du problème et du remède. Mais
avec l’évolution du mal et la mauvaise analyse des
intellectuels qui l’entourent, le remède dépassé ne
tient pas la route. Il produit un coup d’Etat avec
lui et une rébellion avec Gbagbo.
Si un homme
vient au pouvoir sans le résoudre comme veut faire
Gbagbo, il va briser ce pays et produire une sécession
que je ne souhaite pas pour mon pays. Avant, il
fallait exclure le candidat. Aujourd’hui le FPI doit
exclure des militants. La guerre civile rode autour
de la Côte d’Ivoire il faut prendre garde. Les élections
ne sont pas une porte de sortie de crise chez nous mais
un temps pour exacerber la « Boréophobie ».
Shalom
Kokhav Koné Abou Bakary Sidick
Porte Parole de la Kehila des
Limmoudim de Rabbi Ieshoua ha Mashiah
07/80/48/76
konesidick@yahoo.fr
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