Guineemoderne.com

République de Guinée

 

 

 

Accueil Société | AnnonceCulture Sport | Archives | Contact

 

 
 

 

ACTUALITES

 

INTERNATIONALES

 

 

   

COTE D'IVOIRE: ABIDJAN, le 29-03-2010. Lumière sur le choc KOULIBALY –KONAN


Insolite et brutale cette passe d’arme entre Koulibaly et Konan, le Nord et le Sud, autour d’un terme Alibi « l’ivoirité ». Il faut faire la lumière sur cette passe d’arme, sur l’ivoirité en passant en revue les reproches.

I) LUMIERE SUR LA MOTIVATION DE KOULIBALY


Quelle est la motivation de l’acte de Koulibaly? Que veut Mamadou Koulibaly ? Pourquoi s’attaque-t-il à Venance Konan ? Quels résultats veut-il atteindre ?


C’est monsieur Edmond William Atteby qui nous apporte la clé du problème. Venance a acquis une grande audience et une notoriété au-delà des frontières ivoiriennes. Ce que confirme Koulibaly quand il dit : « Vous avez fait des émules qui continuent aujourd'hui de vous rendre hommage alors que vous prétendez avoir tourné casaque. Combien sont-ils aujourd'hui ceux qui au FPI, au RDR et ailleurs cherchent à vous égaler, voire à vous surpasser ?» Mais le péché de Venance c’est qu’il est un adversaire de Laurent Gbagbo. Koulibaly veut l’anéantir. Koulibaly veut démontrer que Venance est en pratique un intellectuel limité et en soi une mauvaise personne. Les deux points visés sont des points vitaux.

 

En démontrant ces deux choses il va ruiner la réputation de Venance et le rendre inoffensif. C’est ainsi qu’il va dépeindre un autre Venance auprès des lecteurs. Ces derniers doivent abandonner l’image qu’ils ont de Venance et retenir que Venance est un populiste, un intellectuel sans conviction, un thuriféraire de l'Ivoirité bon teint et surtout un homme qui a donné l’alibi aux Rebelles de prendre les armes contre la Côte d’Ivoire. (Les Refondateurs se confondent avec la Côte d’Ivoire tout comme les présidents Africains confondent leurs fesses avec le fauteuil présidentiel qui devient leur propriété) Venance est tellement nocif qu’il a contaminé des braves militants du FPI qui sont devenus ivoiritaires.

 

 La Motivation de Koulibaly est claire. Il veut détruire Venance en le présentant comme un criminel digne des tribunaux et un faux intellectuel sans conviction incapable de manipuler les outils intellectuels. Il ne s’agit pas d’un combat pour la Côte d’Ivoire mais pour la Refondation. Il s’agit de détruire un intellectuel ivoirien dont la réputation est entrain se s’installer dans le monde. Voilà le travail de Koulibaly.

 

Que penser d’un tel travail ? Je pense qu’il est inutile et même nuisible gratuitement. C’est du très mauvais travail car il s’agit de discréditer un intellectuel ivoirien, quelqu’un qui va peupler l’olympe de nos enfants qui n’ont pas de référence comme nous qui en avons eu et avons voulu les imiter et les dépasser. Je veux être fier de Koulibaly, de Tiburce , de Venance, de Tanela Bony, de Zady Zaourou, d’Appia etc. comme nous le fûmes de Memel Fotê.

 

Professeur c’est un acte criminel avec préméditation visant à détruire par la calomnie et le sophisme un intellectuel car jugé opposant au FPI. Je trouve que c’est un projet d’assassinat. Il faut l’abandonner car cela ne peut se justifier.

 

Venance a des convictions et il produit des idées, des idées qui plaisent. Il faut contribuer à sa promotion et non à son assassinat. Je trouve indigne d’un intellectuel cette démarche. Tous ceux qui critique la Refondation et qui vont jusqu’à produire la liste de milliardaire respecte Koulibaly et souhaite qu’il fasse des émules. Ce n’est ni Blé Goudé ni Wattao qui vont meubler l’olympe de nos enfants. Tu gagnerais à sortir de cette lutte partisane « intellectuel-cide » pour recenser des intellectuels soucieux du devenir de la Côte d’ivoire et ouvrir une réflexion constructive sur notre Pays.

 

En effet, la Côte d’Ivoire a besoin de réflexion et d’idée pour avancer et non d’un combat de gladiateur dans les poubelles des controverses stériles. La tâche est grande et cette agression pernicieuse doit prendre fin. Que des politiciens tuent des intellectuels cela peut se comprendre car il est difficile souvent de réconcilier savoir et pouvoir. Mais qu’un intellectuel détruise un autre pour des raisons politiciennes est insupportable et condamnable au plus haut point.

II LES REPROCHES DE KOULIBALY


1 REPENTANCE  60, 291812 63, 62


Venance à l’entrée de son livre fait acte de repentance. Il bat sa coulpe et va jusqu’à une certaine réparation, Koulibaly rejette cette repentance. Pour lui «Les propos tenus ont expliqué en partie le coup d'Etat de 99. Les erreurs de jugement d'un intello ont fait des dégâts dans la cohésion sociale. » Koulibaly s’interroge en ces termes : « Les erreurs viennent elles des méthodes de l'intello ou de ses doctrines ? » « Lequel des Venance Konan est lui-même, le vrai ? Comment comprendre ces discours et leur évolution dans le temps ? ».

 

Koulibaly comprend aisément que par ma fonction de guide spirituel surtout de Kokhav, je ne puis condamner la repentance. Car c’est le seul moyen donné par l’Elohim de la Miséricorde à l’homme pour commencer à corriger une faute. C’est la porte du Salut, du Paradis. Je ne puis demander à Venance d’être parfait ou infaillible avant de commencer à agir comme semble soutenir Koulibaly. Il doit se tromper pour se parfaire. On ne peut pas dire : « Comme tu t’es trompé hier alors on ne te fait plus confiance. Celui qui se trompe en toi et que tu viens de démasquer est ton moi véritable qui ne peut jamais changer ». Voilà le discours que tient Koulibaly en soutenant qu’il a foi dans l’homme. Je voulais rappeler à Koulibaly son silence sur un fait aux conséquences plus graves que celui de Venance et lui demander pourquoi il a un silence sélectif ?


Guéi a changé nuitamment le « Ou » par « Et » en trompant tout le monde sauf le FPI. La constitution qui a gagné le referendum a été remplacé par une fausse. Le FPI est au pouvoir grâce à ce faux, à cette fausse constitution. Marcoussis a corrigé la faute de Guéi et ramené la vraie. C’est L’assemblée Nationale sous la conduite de Koulibaly qui a combattu cette vraie constitution. L’action de Guéi pervertissant un referendum a eu des conséquences gravissimes. Le vrai texte aurait arrêté l’ivoirité défendue par Venance.

 

Vous Refondateurs, avez, par une structure de refondation, accédé au pouvoir et instauré un gouvernement de prédateurs. L’impact de cette façon de conquérir le pouvoir sur le programme de la refondation qui est rejeté, sur la vie de la Côte d’Ivoire et son apport à la naissance de la Rébellion semble n’avoir pas fait chez vous l’objet d’une étude. Si cette étude avait été faite par les intellectuels du FPI, on n’accuserait pas Venance et on ne s’amuserait pas à conduire la Côte d’Ivoire dans la voie des élections tel que le FPI veut le faire maintenant. Ton intuition d’intellectuel perçoit le danger pour la Côte d’Ivoire et le FPI et tu l’exprime bien à Koumassi en ces termes : « Les rebelles disent qu’ils ont pris les fusils à cause de papiers. Or jusqu’à aujourd’hui, les rebelles n’ont pas déposé les armes. Va-t-on continuer avec ces problèmes de papiers sans les résoudre ? Si on va aux élections dans ces conditions, est-ce qu’on aura la paix après ? (…) mais il faut que le président élu travaille dans la paix. Et je souhaite que le président élu soit Laurent Gbagbo. Je battrai campagne pour cela. Mais je ne voudrais pas que le président pour lequel je vais battre campagne, se retrouve handicapé après son élection par d’autres tentatives de coups d’Etat, de guerre civile et nous passerons encore 8 ans à ne pas travailler.» C’est cette conviction, cette vérité qui, pour moi, reste un chantier plus important à expliquer à tes camarades du FPI que de t’adresser à Venance qui en véritable ivoiritaire repenti (qui produit les fruits de sa repentance) t’a apporté son soutient et qui parce que n’ayant pas le pouvoir ne peut rien. Non la bataille tu l’as ratée. Tu as abandonné la proie pour son ombre.

2) LES DECLARATIONS ANTITHETIQUES


Venance n’innove pas. La classe intellectuelle ivoirienne est coutumière de ce genre de reniement dans le but d’acquérir et/ou de sauvegarder une position sociale acquise. Il y a chez nos intellectuels une difficulté de marier les positions intellectuelles et les positions politiques. Je vais prendre trois exemples :

 

En 1987, Jean Noël Loucou écrit : «Au moment où l’on pose inlassablement la question du «comment peut-on être ivoirien»? Une appréciation sereine de l’histoire du peuplement peut faire éviter les écueils du tribalisme et du chauvinisme» Dix ans après, devenu directeur de cabinet du président Henri Konan Bédié, Jean Noël Loucou sera l’un des théoriciens les plus prolixes de l’ivoirité.

 

En mai 2000, le professeur Sery Bailly, écrivait que «la politique de l’ivoirité et toutes ses conséquences font « évoluer » la Côte d’Ivoire du registre sémantique de l’oppression à celui de l’exclusion»… Le samedi 08 juillet 2000, écoutons le même Sery Bailly ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique : « Les statistiques (30-40% d'étrangers), comme le sentiment d'être envahis et l'évocation des monopoles économiques sont des appels lancés par un peuple qui ne demande qu'à être rassuré. Ceux qui crient à la xénophobie et à l'exclusion, entendent-ils cet appel des ivoiriens qui veulent que l'intégration ne soit pas leur dissolution ou leur exclusion à eux ?».

 

Laurent Gbagbo dit : « Ce code électoral est mauvais parce qu’il va contre le bon sens. D’abord, il organise la tricherie ouvertement. Mais aussi, il est xénophobe. En plus ce code électoral n’est pas de bon sens parce qu’il saucissonne la citoyenneté. Et un pays qui saucissonne sa citoyenneté en première, deuxième ou troisième catégorie, est un pays qui va à la mort. C’est ce que les nazis ont fait en Allemagne. C’est ce que les Fascistes ont fait en Italie. . Nous ne voulons pas que notre pays saucissonne sa citoyenneté. Nous voulons que chaque Ivoirien, reconnu comme tel, ait le même droit, le même devoir que les autres. PUIS FINALEMENT, NOUS NE POUVONS PAS ACCEPTER LES MESQUINERIES QUI VISENT A ECARTER LE RDR DES ELECTIONS. C’est un combat d’arrière garde. Nous nous battons pour que ce code électoral ne soit pas appliqué. Nous avons encore neuf mois pour y arriver, et nous mènerons la bataille jusqu’au dernier jour (…..) Non nous ne voulons pas de guerre civil par la faute des gens qui font des combines. Le FPI refuse d’entrer dans les combines.

 

Pourquoi tant d’agitation, autour d’Alassane Ouattara, un an avant les élections présidentielles ? Pourquoi tant de bruit autour d’Alassane ? Quand on va aux élections, il y a un peuple qui tranche. Le régime de Bédié s’excite parce qu’il a quelque chose à se reprocher, quelque chose cacher. Nous refusons de suivre des gens qui cachent des choses. Qu’on cesse de nous distraire avec des affaires d’étranger. Car en réalité, en Côte d’Ivoire, les problèmes sociaux à régler sont multiples… (…) Et puis, je dois dire qu’on en a marre. Dès que les arachides coûtent cher, Alassane est étranger ! Dès que gombo coûtent cher, Alassane est étranger ! Dès que les étudiants sont en grève Alassane est étranger ! On en a assez ! Dans un pays démocratique, ces questions ne font pas l’objet d’un débat. Elle résolues une fois pour toutes »
 

Le 29 février 2000, Laurent Gbagbo qui a fait ces brillantes réflexions sur l’exclusion d’Alassane dira contre toute mémoire et toute cohérence, en se confiant à l’hebdomadaire Jeune Afrique ceci: « Alassane Ouattara est ivoirien au regard de notre code de nationalité. Il peut se présenter à l’élection présidentielle (…).Le problème(…), ce n’est pas la nationalité de Ouattara, mais le fait de savoir si quelqu’un comme lui qui à occupé de très hautes fonction dans un pays étranger, est il éligible à la présidence de la République (…) Je suis choqué que quelqu’un qui a été vice-gouverneur de la BCEAO au titre de la Haut Volta et fonctionnaire au FMI au titre de la Haute Volta, après avoir occupé ses fonctions pour un autre Etat (sic) soit candidat ici »


Aujourd’hui Gbagbo est au pouvoir pour déclarer candidat Alassane par l’article 48 quand ce dernier a son nom sur la liste des Ivoiriens. Quand Gbagbo lui-même dit : « « Alassane Ouattara est ivoirien au regard de notre code de nationalité. Il peut se présenter à l’élection présidentielle » Frère ce n’est pas du côté de Venance qu’il faut chercher l’intelligence folle, inconséquente qui n’a pas une maitrise d’elle-même. C’est du côté de ton candidat. Aujourd’hui il est contre la limitation des mandats et le multipartisme. La Côte d’Ivoire est devenu un Etat épileptique. Je crois que si cette méthode était appliquée à Gbagbo Il laisserait énormément de plumes.

 

Laissons Laurent Gbagbo et venons au FPI lui-même. Voici ton propre constat devant les femmes de Beoumi à Koumassi : « Souvenez-vous, on avait dit qu’on ne voulait pas de rebelles au gouvernement, ils sont entrés. On a dit qu’on ne voulait pas de Soro comme Premier ministre, il est Premier ministre. Et nous sommes contents et nous disons qu’il travaille bien. On a dit qu’on ne voulait pas d’élection sans désarmement. Moi-même, j’ai soutenu cela. J’ai dit jamais d’élection sans désarmement. Mais, on va aller aux élections sans désarmement. Si vous regardez bien, toujours on dit qu’on ne veut pas et après on le fait. » (…) Moi, je suis fatigué de cette crise, je suis fatigué de cette guerre, je suis épuisé par ces aller-retour, je n’en peux plus. (…) J’en ai ras-le-bol. » Si on doit mesurer le FPI et Laurent Gbagbo avec la mesure que tu utilise pour Venance, alors on peut se demander où est le FPI ? Où se trouve le vrai Gbagbo ? La Parole d’un président peut-elle être si légère ? Peut-on être intellectuel et vivre au FPI aujourd’hui ? La question a tout son sens. Le FPI semble avoir opté pour une guerre par archive.

 

Je dis que Laurent de 1982 à 1995 est différent de Laurent de 2002 à 2010. La mutation se fait entre 1995 et 2000. Même Harris Memel Fotê a condamné cette mutation. Le Professeur Samba parlera de démocratie zébrée. Venance est une expérimentation de cette guerre par archive. Je vous le dis net : Abandonnez ce cheval. Il n’est pas bon pour vous. Le « souvenez-vous » de la campagne de Laurent face à Houphouët est dépassé. Il est dangereux pour ce pays de fouiller les généalogies et les poubelles. Nous sommes une terre d’immigration et de brassage. Aujourd’hui il y a beaucoup de cadavres dans le placard. Abandonnez cette voie.

3) LES BIAIS ET LES POURCENTAGES DE TEXTE


Koulibaly écrit : « La seconde phase (…) est plus courte que la première phase. Cependant dans cette seconde phase Mr Konan sélectionne volontairement 84 textes soit33% plus de textes que dans la première pourtant plus longue et dans laquelle il ne sélectionne que 56 textes. (6ans pour 56 textes et 5ans pour 84 textes). Ici aussi il y a un biais politique. »
Ici Koulibaly tombe dans son péché mignon: La maladie des chiffres. On peut parler plus en une heure que pendant cinq heures. Koulibaly ajoute 10 textes ce qui nous ramène à 66 contre 84 et le rapport n’est pas changé Il y a toujours plus de textes dans un temps court. Les dix textes partent car ils sont liés à l’ivoirité. Si Venance avait produit 100 textes les 100 auraient la même infirmité car ils partent de la même vision. Cela Koulibaly doit le comprendre facilement puisqu’il demande à Venance ceci : « N`oubliez pas que les conditions initiales jouent un rôle essentiel dans la trajectoire des nations. » Quand on énonce une telle loi on ne peut pas refuser de l’appliquer sans tomber dans le biais que nous condamnons nous-mêmes. Les chiffres ne sont que des chiffres, des outils de mesure et ne valent rien s’ils ne sont pas dans une matrice cohérente. Tu ajoutes : « Il y a dans l'attitude de Mr Konan un biais politique qu'il ne peut avouer. Mr Konan tente de dissimuler ses chroniques sataniques dont il a peut être honte aujourd'hui. Mais pourquoi donc ? »

 

Comment voulez-vous que quelqu’un qui reconnaît une erreur de jugement conserve cette erreur ? Que devient l’acte de repentance ? Il est le premier à se culpabiliser et à indiquer que ces textes existent. Celui qui les veut peut lui demander. La preuve toi tu les as trouvés. On ne peut pas lui demander dans une sélection de retenir ce que son esprit a jugé et condamné. Que Koulibaly demande pourquoi Venance a abandonné ce qu’il condamne devient étonnant et inquiétant.

III LUMIERE SUR L’IVOIRITE


Mamadou Koulibaly se réfère à l’ivoirité. Pour sortir le débat de la logique du meurtre et de l’assassinat d’intellectuel, il faut s’arrêter sur le concept de l’ivoirité pour l’éclairer. L’ivoirité est le nom singulier d’une chose plurielle. Dans le terme ivoirité se trouve deux termes « Ivoirité culturelle » et « Ivoirité Electorale ». On doit parler des « Ivoirités »

1) L’IVOIRITE CULTURELLE


Le terme « ivoirité » est employé pour la première fois par l'artiste et écrivain, « grioticien », Dieudonné Niangoran Porquet, dans un article intitulé « Ivoirité et authenticité » paru en 1974 dans Fraternité Matin. Pour Dieudonné Niangoran Porquet, il s'agit d'une synthèse culturelle originale entre la savane et la forêt afin de produire une culture ivoirienne authentique. Ce néologisme refait surface en octobre 1995 lors de la convention du PDCI-RDA à Yamoussoukro. Dans le discours programme de Henri Konan Bédié. Il s'agit de définir des repères, des valeurs culturelles à partir desquelles les Ivoiriens et les non Ivoiriens se reconnaîtront. Ce concept est identifiant, personnalisant. Il rassemble tout ce qui ivoirien et lui donne une existence par rapport à ce qui ne l’est pas pour ensuite déterminer une relation entre ce qui est ivoirien et ce qui ne l’est pas. C’est une étape obligatoire, utile pour la formation et la construction d’une Nation.

 

L’ivoirité culturelle est l’équivalent de la Judaïté, de la Francité, de la sénégalité de la chretienneté, de la congolité. L’ivoirité est la nature de ce qui est ivoirien. Si la Côte d’Ivoire doit devenir une nation, elle doit avoir une âme, une identité et cette identité c’est l’ivoirité. C’est une identification pour ensuite entrer en contact avec l’environnement ayant défini le lien entre les éléments de l’ensemble. Identification et contre de l’immigration sont deux actes utiles. Cette ivoirité, ce nationalisme prend sa racine avant les indépendances car la Côte d’Ivoire est une terre d’immigration. Elle préexiste à Niangoran Porquet.

 

 On trouve dès les années 30 avec l’ADIACI (Association de Défenses des Intérêts des Autochtones de Côte d’Ivoire) la trace de ce nationalisme. Cette structure a été créée pour protester auprès des autorités contre le fait que les Sénégalais et les Dahoméens occupaient une trop grande place dans les emplois publics.

 

En 1958, il s’exprima de manière violente à l’encontre des Dahoméens et Togolais. Il se manifeste d’une manière paisible, en 1966, lorsque Houphouët-Boigny proposa à l’Assemblée Nationale que les ressortissants du Conseil de l’Entente (Haute-Volta, Niger, Dahomey) puissent bénéficier légalement d’une double nationalité; l’Assemblée Nationale refusa. La politique d’ivoirisation de la fonction publique entreprise à partir du milieu des années 70. et en 1990, le retrait de la possibilité de vote accordée aux étrangers sont dans le même registre.

 

 La question du nationalisme, dans ce qu’elle implique de mise à distance des ‘‘étrangers’’ et de mise en question de ce qui les amènerait à devenir de ‘‘vrais’’ citoyens ivoiriens, fut une figure récurrente de l’histoire coloniale et postcoloniale.

 

En 1994 avec l’avènement de la politique de l’«ivoirité» mise en place par le régime du Président Bédié, cette question du nationalisme cultivée par les gouvernements postérieurs met en exergue le problème de la nationalité et partant de la définition de l’identité nationale en Côte d’Ivoire et des droits et prérogatives en découlant. Cette ivoirité n’est jamais morte car elle au cœur de toute nation qui n’a pas disparu Des intellectuels se sont regroupés autour de Konan Bédié pour en faire l’objet de leur recherche. Bédié a faillit l’institutionnaliser comme témoigne le Professeur Bernard Zadi Zaourou: « le président Bédié (…) a voulu créer un Haut Conseil de l’Ivoirité. C’est moi qui l’ai mis en garde contre ce projet. Je lui ai dit que puisque les politiciens ont récupéré ce concept, cela risquait d’être vu comme une institutionnalisation de l’ivoirité. Il m’a écouté. »

 

Les intellectuels qui ont eu à charge cette question d’ivoirité n’en ont pas fait un concept d’exclusion car ce concept ne peut pas se prêter à une telle utilisation. L’ethno-sociologue feu Georges Niangoran Bouah pense que « l’Ivoirité est l’ensemble des données socio-historiques, géographiques qui permettent de dire qu’un individu est citoyen de la Côte d’ivoire ou Ivoirien. Ce terme peut aussi désigner les habitudes de vie, c'est à dire la manière d'être et de se comporter des habitants de Côte d'Ivoire et enfin, il peut aussi s’agir d'un «étranger» qui possède des manières ivoiriennes par cohabitation ou par imitation». Pour Bédié « l’ivoirité était un concept d’intégration culturelle et les Ivoiriens et les autres Africains qui vivent en Côte d’Ivoire doivent travailler jusqu’à ce qu’il y ait une symbiose qui se réalise. Cette synthèse culturelle devait permettre à la Côte d’Ivoire de faire un bond en avant dans tous les domaines. »

 

Cette ivoirité est un concept fédérateur, rassembleur et qui prône à juste titre la préférence nationale. Pour le vivre ensemble, il faut réveiller ce concept et lui donner son juste contenu. Il n’est pas blâmable. Un tel concept ne peut que conjurer la division et la guerre fratricide. Il est évident qu’en parlant d’ivoirité défendue par Venance, le Professeur Mamadou Koulibaly ne fait pas allusion à cette ivoirité quoiqu’ à la vérité seule l’ivoirité culturelle mérite le nom d’ivoirité.

2) IVOIRITE ELECTORALE


Il existe une forme d’ivoirité qui n’apparait que dans le contexte électoral. Il s’agit de trouver et isoler les Ivoiriens, parmi des Ivoiriens c'est-à-dire identifier les « Ivoiriens des Ivoiriens ». Si le premier concept rassemble celui-là divise, hiérarchise et exclut. Les deux concepts aux objectifs antithétiques portent le même nom et se pratiquent dans le même pays, par les mêmes intellectuels et le même pouvoir politique. On ne peut pas dire que les Politiques ont dévié un concept. Non ! Bédié est un intellectuel et son gouvernement était celui des intellectuels. Il n’y a pas eu de dérapage. Il y a eu gestion de deux situations différentes par des intellectuels.  Une relation externe qui prend en compte la formation de la Nation et une situation interne qui prend en compte la gestion du pouvoir. Le concept qui a géré les deux problèmes s’appelle « Ivoirité ».

 

 L’ivoirité électorale est à son apogée avec Konan Bédié. Ses traces sont indiscutables Nous allons les relever. Le 25 avril 1990, introduisant une intervention à la télévision nationale, L’historien Pierre Kipré, se présente comme suit à ses compatriotes Ivoiriens «…Je suis ivoirien non pas par adoption mais par les fibres les plus multiséculaires de ma famille. Je ne suis pas devenu ivoirien et sur tout ce qui touche les problèmes de mon pays, j’ai le droit, en tout cas même si on me l’ôtait, je m’arroge le droit de donner mon point de vue».

 

Il y a deux cercles. Le lieu Saint et le lieu très Saint ou le Saint des Saints. Lui Kipré est originaire du Saint des Saints. La classification de la population en Ivoiriens de souche et en Ivoiriens de circonstance est en marche. Elle est permanente chez les intellectuels théoriciens de l'ivoirité. Un autre historien, Jean-Noël Loucou, systématisera cette théorie. Il soutiendra que: « Alassane Ouattara est le porte flambeau des musulmans ». L’historien Gbagbo devenu président tiendra le même discours : « Ça ne sert à rien de la cacher ! Nos voisins africains ont beau jeu de nous critiquer alors que nous avons des problèmes parce que leurs ressortissants sont chez nous. ALASSANE EST DEVENU LE SYMBOLE DES ETRANGERS. IL Y A D’AILLEURS BEAUCOUP D’IMMIGRES PARMI SES PARTISANS. » Ce sont les mêmes intellectuels qui ont en charge la gestion des deux concepts d’Ivoirité. L’ivoirité va donner naissance à une revue au nom évocateur, Racines. Cette revue est créée par un groupe d'intellectuels eux même membres de la Curdiphe (Cellule Universitaire de Recherche et de Diffusion des Idées du Président Henri Konan Bédié).

 

Un livre d'histoire au programme scolaire parlant de l'installation des populations Mandé pendant la période précoloniale, emploie l'expression « envahisseurs ». Le tout sera couronné par une loi adoptée par le PDCI-RDA le 23 novembre 1994, une nouvelle loi portant code électoral. Dans ce texte, les articles 49 et 50 sont sans équivoque: - Article 49 « Nul ne peut être élu président de la république s'il n'est âgé d'au moins quarante ans révolus et s'il n'est Ivoirien de naissance, né de père et de mère eux mêmes Ivoiriens (…) Fologo défend l’ivoirité électorale en ces termes : « Jamais un non ivoirien, celui qui ne remplit pas les conditions d’éligibilité votées par l’Assemblée Nationale, ne pourra gouverner la Côte d’Ivoire. Les étrangers sont avec nous, travaillent avec nous. Nous respectons, leur « étrangéité » mais nous avons notre « ivoirité ». (…)Peut-on gouverner un pays qu’on ne connaît pas ? Bédié est un homme qui connait la Côte d’Ivoire du sol jusqu’au sommet des arbres »


Le discours que Konan Bédié tient à Djéni Kobinan à Daoukro est édifiant: « Toi, un akan 100% qu’est-ce que tu cherche avec ces étrangers ? Alassane Ouattara, c’est un Mossi, je le lui ai dit. Laisse tomber cette histoire de RDR. Ménage ta santé, pense à toi-même, un peu. Si tu veux aller te reposer à l’étranger, je ferai le nécessaire. Concernant ton problème (de nationalité), ce n’est rien. On verra… » En mai 1999 dans son livre autobiographique «les chemins de ma vie» Henri Konan Bédié dit à propos d'Alassane. D. Ouattara, son principal adversaire politique que «de toute façon, il était Burkinabé par son père et il possédait toujours une nationalité du Burkina-Faso, il n'avait pas à se mêler de nos affaires de succession » Le General Robert Guéi pour sa part estime que «les Ivoiriens ont pris conscience de leur identité», «un peu partout, on m'a demandé ce que je pensais de ce problème. J’ai répondu qu’il faut être sincère et objectif en n'oubliant pas ce que nous sommes. La France ne peut être construite que par les français et l'Afrique que par les africains. Mais l’Afrique est un ensemble. Aimer la Côte d'Ivoire est réellement l'affaire des ivoiriens. Le Sénégal c'est l'affaire des Sénégalais. Donc, le concept d'Ivoirité, je vous le dis est un bon concept».


Sous Guéi, L’ivoirité électorale est nette. Cela se passe entre Ivoiriens. On a les Ivoiriens. On les classe en « Ivoiriens OU » et « en Ivoiriens ET ». C’est cette Ivoirité qui est constitutionalisée avec l’article 35 puis spiritualisée avec Simone Ehivet Gbagbo. Cette Ivoirité, même si elle est une exclusion qui fait des Ivoiriens des étrangers, elle n’est pas une xénophobie puisque qu’elle ne s’adresse pas aux étrangers. Jusque-là, elle est une « Boréophobie » la peur des gens du Nord qui passe d’Ivoiriens à étrangers sans être rapatriés. C’est un problème sérieux. C’est un problème vieux qui remonte aux années 40 et qui prend l’allure d’un long complot contre les Nordistes.

 

Cissé Bacongo écrit : « Au cours des débats, suite à la contribution magistrale lors du séminaire national organisé les 22 et 25 juillet 1999 sur l’ouvrage du Président Henri Konan Bédié « les chemins de ma vie », Harris Memel Fotê révélait que des cercles secrets de réflexion animés par des intellectuels, universitaires pour la plupart, se réunissent régulièrement, depuis 1949 environs, pour concevoir une stratégie politique qui permette de protéger les Ivoiriens contre les étrangers, une politique de « préférence nationale » Au titre des constats, ces intellectuel révélaient que les Ivoiriens du Nord occupent tous les secteurs de l’économie nationale, les hauts postes dans l’administration publique et privée, ainsi que toutes les terres de culture du Centre, de l’Est et du Sud. Sur la base de ce constat, ces Ivoiriens originaires du Nord du pays, qu’on présente sous l’appellation générique de dyula, leur apparaissent comme des envahisseurs, des étrangers. La stratégie politique qui est alors conçue va s’appuyer sur un discours haineux, tribaliste et xénophobe. Il doit permettre de convaincre que CES IVOIRIENS SONT D’AUTHENTIQUES ETRANGERS, DANS UN PAYS QUI EST LE LEUR, mais également susciter en eux le complexe d’être effectivement d’authentiques étrangers et adopter les attitudes et les réflexes correspondants.

 

A terme, l’objectif poursuivi consiste à les déloger de toutes les positions qu’ils occupent, à les chasser et les repousser vers leurs zones ou territoires d’origine. Funeste projet, dont les concepteurs et les propagandistes, des philosophes, historiens, juristes, hommes de lettre et journalistes, méritent d’être connus, pour l’histoire : feu Niangoran Bouah, Feu Jean Marie Adiaffi, Feu Assoi Adiko, Jean-Noël Loucou, Kipré Pierre, Niamké Koffi, Faustin Kouamé, Sacanoud Benoît, Raphael Atta Koffi, Sahiri Patrice, Michel Canbonnoux ; Etc ».


Ce texte inquiète car il met en évidence un complot contre le Nord depuis 1949. C’est à ce niveau qu’il faut marquer le pas et faire des précisions importantes. Bédié dont le règne se situe entre 1993 et 1999 ne peut pas être considéré comme le père du concept de l’ivoirité électorale ou « Boréophobie ». Sous la plume du professeur Samba Diarra, on voit Houphouët Boigny utiliser cette sorte d’ivoirité pour contrecarrer Lamine Diabaté en 1956-1957 après le congrès de l’UGEECI. Déjà à cette époque, pour des raisons électorales, on a l’appellation « d’Ivoiriens authentiques ». Houphouët Boigny traite Lamine Diabaté de « griot sans famille » et Gabriel D’arboussier de « métis Djavando ». Houphouët enfante l’ivoirité. Bédié le fait sortir de sa cage. Guéi le constitutionalise. Laurent Gbagbo en fait une utilisation large pendant que sa femme Simone spiritualise le concept. Dans cette logique, l’ivoirité est un héritage de l’Houphouëtisme. Cette ivoirité ressemble au concept forgé par Gnangoran Porquet mais elle est plus vieille et plus laide que le concept de Porquet. Il faut éviter l’amalgame.

 

 Quand on parle « d’Ivoiriens authentiques » en 1957 et « d’Ivoiriens multiséculaires » ou « d’Ivoiriens de seconde zone » en 1994, on n’est dans la même ivoirité mais pas dans le concept de Porquet. L’ivoirité dont a été victime Djéni Kobinan, Soumah Yadi puis Alassane n’a rien de culturel. C’est le concept auquel Lamine a fait face en 1956-1957. Nous sommes avant Gnangoran Porquet. Le professeur Samba Diarra nous donne une main forte quand il écrit au sujet des évènements de 1957 ceci : «Le facteur xénophobe n’est rien d’autre que l’accusation portée contre les étudiants ressortissants du nord du pays d’être responsable de la radicalisation du mouvement étudiant et des prises de position défavorables à Houphouët Boigny. Ceci sont considérés comme des APATRIDES, des NON-IVOIRIENS » Ailleurs le professeur écrit : « L’ethnocentrisme et la xénophobie se développent très rapidement, au sein de l’AEECIF. L’idéologue de ce courant est un étudiant originaire de Bouaké, qui fait valoir que seuls les Ivoiriens « authentiques » doivent être membres de L’AEECIF. Est Ivoirien « authentique », pour ce dernier, celui qui est natif, non d’une ville mais d’un village de Côte d’Ivoire. Cruelle Ironie, le tribalisme naît des universitaires, c'est-à-dire ceux là même qui ne devraient point le faire »

3) LA PHOBIE DU NORD IVOIRIEN : UNE BOREOPHOBIE


L’ivoirité électorale cache à la vérité une « Boréophobie » identique à la « négrophobie » qui a entrainé l’apartheid en Afrique du Sud. Ce n’est pas une xénophobie. C’est la peur des Ivoiriens du Nord. Eclairons cette Boréophobie.

LE PROBLEME QUE POSE LE NORD IVOIRIEN


Le Nord Ivoirien effraie par sa puissance qu’elle tire d’un ensemble d’éléments. Au plan démographique, le Nord connaît le taux de croissance démographique le plus élevé. Ce qui est un atout pour prendre le pouvoir par les élections dans les Villes et même le pouvoir d’Etat. Les Dioulas originaires du Nord contrôlent les circuits financiers et détiennent le pouvoir économique. L’islam, leur religion en passe de devenir la religion dominante, ne se confine plus au seul Nord. Il fait des percées fulgurantes au Sud, à l’Ouest et surtout à l’Est notamment à Bondoukou, la ville aux « mille mosquées ». Leur langue, le Dioula fait quasiment office de langue nationale. Ils ont des bases arrières (Mali, Burkina, Guinée) en cas de difficulté. Compte tenu de l’orientation de notre économie, ces Nordistes descendent au sud et cela fait une pression sur une population adossée à une barrière naturelle : l’océan. Ce sud se sent étouffé. Ce nord apparaît comme une entité cohérente ayant une langue, une religion et un répertoire patronymique, un mode vestimentaire. Les nordistes sont facilement identifiables. Ce qui échappe à ces Nordistes, c’est le pouvoir politique et militaire. Le Sud vit dans la hantise du transfert de ce pouvoir au Nord. Pour les Sudistes, l’enjeu, c’est la défense coûte que coûte de ce qu’ils considèrent comme leur droit naturel, celui de gouverner la Côte d’Ivoire, le seul droit qui leur reste et qu’il faut sauvegarder face à un Nord de plus en plus accapareur.

 

Ecoutons Jean Noel Loukou. Il a vécu le problème et il l’exprime correctement. «la plupart de ces étrangers-la sont musulmans. Les maliens, les Burkinabés, ceux du Niger, ceux du Nigeria même, ils sont de religion musulmane. Ils ont formé une élite qui a fait des études dans les universités arabes, etc.… Donc c’est un islam qui s’est modernisé et qui est beaucoup plus visible du point de vue social. MAINTENANT, LE PROBLEME C’EST QUE C’EST UNE REVENDICATION POLITIQUE. IL NE FAUT PAS QU’ON SE CACHE LE PROBLEME. Derrière tout le problème de Ouattara…Ouattara n’a été qu’un porte-drapeau de cette revendication DES MUSULMANS QUI ESTIMENT QUE MAINTENANT ILS ONT LE POUVOIR ECONOMIQUE, IL NE LEUR RESTE QUE LE POUVOIR POLITIQUE. C’EST ÇA LE PROBLEME». Sery Bally exprime la Crainte la phobie qu’a le sud pour le Nord : « Les STATISTIQUES (30-40% d'étrangers), comme le sentiment d'être envahis et L'EVOCATION DES MONOPOLES ECONOMIQUES sont des appels lancés par un peuple qui ne demande qu'à être rassuré. Ceux qui crient à la xénophobie et à l'exclusion, entendent-ils cet appel des Ivoiriens qui VEULENT QUE L'INTEGRATION NE SOIT PAS LEUR DISSOLUTION OU LEUR EXCLUSION A EUX ?».

 

 L’Eglise Catholique devant la saignée que lui fait subir la progression Protestante voit le Nord comme une menace de L’Islam et ne veut pas de président venant du Nord : Pour le cardinal Bernard Agré, l'Ivoirité peut, en effet, être pris positivement en tant que cri du cœur d'un peuple qui dit: « Nous voulons exister en tant que peuple d’abord. Nous voulons être nous-mêmes, nous voulons être chez nous. Et alors nous pourrons accueillir en toute sérénité, nos frères et sœurs qui viennent d’ailleurs ». »

 

 Guéi prête ces paroles à Monseigneur Agré : « Ce dernier m'a dit qu'il n'est pas sûr que Alassane Ouattara devenu Président de la République continuera d'accorder entièrement à l'église Catholique ivoirienne la ligne budgétaire qui lui a toujours été consentie chaque année et par conséquent, selon lui, il vaut mieux qu'un Chrétien soit Président, mais surtout pas un Musulman ».

 

Agré, de passage au Burkina Faso, dans sa lutte contre la candidature d’Alassane, déclare dans le journal Sidwaya : « Il Y a des monopoles professionnels d’étrangers que les Ivoiriens n’accepteront pas » Les musulmans sentent l’exclusion et l’expriment : « Pour nous, cadres de la communauté musulmane de Côte d’Ivoire, ADO reste un symbole. Nous sommes en effet convaincus que n’importe lequel des cadres du Nord qui aurait eu la même prétention à la magistrature suprême, aurait été combattu avec le même acharnement et la même haine tribale. Nous ne doutons à aucun instant que ces nouveaux théologiens, de l’ivoirité que sont ces distingués universitaires, Pierre Kipré, Niangoran Boa, Jean Marie Adiaffi, Jean Noël Loukou, ou l’Avocat Me Faustin Kouamé auraient à coup sûr découvert dans l’ascendance de celui-ci un embryon circonstanciel génétiquement suffisant pour l’éliminer. Tout comme Adolphe Hitler qui défendait la suprématie de la race aryenne alors qu’il n’en était pas lui-même un, ces chantres de l’ivoirité sont-ils sûrs de leur ivoirité ? Les déclarations du 20 mars 2000 montrent cette phobie du Nord. Le 20 mars 2000, le FPI dans un nouveau mariage avec le PDCI initiait une conférence de presse coanimé par un collectif hétéroclite, dit « front patriotique », pour dit-on dénoncer la « fraude sur la nationalité » Laurent Dona Fologo du PDCI déclarait : « il serait regrettable que la générosité de la Côte d’Ivoire se retourne contre elle ». Le président du PIT, il s’indignait en ces termes : « Nous ne pouvons pas aller à des élections où n’importe qui peut élire n’importe qui » Enfin le secrétaire général de L’USD avertissait : « Jamais nous ne laisseront la Côte d’Ivoire être vendue. » Au total, ce que nous appelons improprement ivoirité est une « Boréophobie »

COMMENT HOUPHOUET BOIGNY FIT-IL FACE A CETTE BOREOPHOBIE ?


Houphouët Boigny a pratiqué l’exclusion de plusieurs façons : L’exclusion brutale est exprimée par Samba Diarra : « J’ai frappé le nord dans ce qu’il a de meilleur. J’enterrerai tout ceux qui rêvent de prendre ma place, comme ceux s’avisent d’attenter à ma vie et les témoins de l’histoire (…) Vous croyez que ce sont les fils d’éleveurs de poulets comme vous qui aller me succéder ? Jamais ! C’est un des miens qui me succèdera » La seconde exclusion est plus subtile. C’est la répartition des tâches, la répartition des rôles. Gardant pour lui l’armée et le pouvoir et il créa par l’alliance l’axe Centre-Nord, après avoir maté du Sanwi pour capturer de l’Agni. En face de l’axe Centre-Nord, il y a l’Ouest, (le pays Bété) marginalisé et qui joue l’opposition. Il a pris soin de capturer les Bété de Daloa.

 

Les Nordistes avaient dans ce système, la possibilité de mener en paix leurs activités économiques. Leur rôle est celui des prières pour le Président et surtout la fonction de bétail électoral. Les marginalisés sont les Bété auxquels s’ajoutent l’opposition des enseignants qui sont confiés aux Forces de l’ordre. Pion de l’impérialisme international, surveillés par les canons Français, Houphouët s’est assuré une longévité politique. Le Nord n’a pas produit de candidat face à Houphouët Boigny. En mourant le sage a confié le parti au Nord à Laurent Dona Fologo afin que le nord continue sa vocation de bétail électoral. Il a remit le pouvoir à Henri Konan Bédié, et l’armé à Guéi pour assurer la protection du système.

 

Le conflit Bédié Alassane et le conflit Bédié Guéi va créer l’UDPCI, LE RDR et LE PDCI Le système éclate et Bédié doit faire face à la menace nordiste. Les Nordistes ont un candidat sérieux pour conquérir le pouvoir. La seule réponse de Bédié fut le vieux remède de l’exclusion du nordiste de la gestion du pays et une forte akanisation du pouvoir surtout qu’il avait en face l’axe Bété-Dioula dans Le front republicain. Mais dans le souterrain il y avait un rapprochement Bédié-Gbagbo pour marginaliser le RDR et gouverner tour à tour. Après Les Akan c’est le tour des Bété. C’est l’une des vérités qui a mis à mal la confiance dans le RHDP entre le PDCI et le RDR. Bédié va utiliser l’ivoirité électorale qui est l’exclusion.


C’est le problème du nord qui vient de se réveiller brutalement au FPI avec le faux problème Mambé. L’épuration des listes est une Boréophobie. La bataille des Forces Nouvelles est juste. S’ils n’avaient pas fait d’autres fils du nord la feraient. Les étrangers sont des Nordistes. C’est à cette période si grave que toi Koulibaly tu te trompes de combat pour attaquer un ivoiritaire repenti et garder le silence devant ceux qui se sont réveillés et qui sont très actifs. Est-t-il plus urgent de faire face à un volcan éteint qu’à un volcan actif ?  Aucun homme sérieux, connaissant le drame que vit notre pays et dont tes parents seront les victimes ne peut te suivre dans ta sortie de route, dans ta diversion et digression. Il faut revenir au cœur du débat trouver un remède à la Boréophobie qui empêche l’installation de la démocratie chez nous et qui est source de nos problèmes depuis la mort de Félix Houphouët Boigny. Sery Bailly a identifié le problème et l’a exprimé clairement. Il Y a une peur du Nord. Ceux qui ont peur ont besoin d’être rassurés exactement comme dans l’Afrique du Sud de l’apartheid.

 

La Situation des Refondateurs est plus difficile. A la peur de la perte du pouvoir s’ajoute la crainte du TPI et de la réduction drastique du train de vie. Les Nordistes souffrent de l’exclusion et n’en peuvent plus. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire on a les éléments d’un affrontement pouvant conduire à la Sécession. Toi Koulibaly qui vis les deux problèmes, tu es mieux placé pour le comprendre et ouvrir une réflexion sur le sujet. Les Intellectuels du Sud se sont regroupés pour trouver une solution à leur peur, leur Phobie du nord. Ils ont trouvé l’exclusion, l’ivoirité. Tu sais toi-même qu’ils ont peur et que leur solution ne marchera pas et qu’elle va enflammer le pays. Tu l’as dis clairement et courageusement à Koumassi. « Il ne faut pas qu’on ait peur des listes électorales. Il ne faut pas qu’on ait peur des étrangers. Tout compte fait, ils sont là. L’Onuci, ce sont des étrangers. La France, Sarkozy c’est l’étranger. Le facilitateur, c’est un étranger. Réfléchissons, si on veut que le pays avance, c’est le conseil que je donne. »

 

 Lève-toi frère pour mettre en place une cellule de réflexion sur le problème au lieu de te livrer à une bataille stérile et improductive. Tous, Venance, Tiburce, Atteby, Océane etc. sont prêts à une telle réflexion salvatrice pour notre Pays.

 

Je remercie William Atteby qui lance un véritable cri de cœur aux Intellectuels : « J'invite tous les intellectuels ivoiriens, à ce débat pour le salut de notre société ; la société ivoirienne qui se meure. » Cette Bataille est plus urgente que ta lutte contre la France. Quand la Côte d’Ivoire naitra comme une nation, elle pourra faire face au défi extérieur. Il faut qu’on le sache : Ce n’est pas Bédié qui a crée le problème (La peur du Nord ou Boréophobie) et le remède (L’exclusion ou Ivoirité). Il hérite du problème et du remède. Mais avec l’évolution du mal et la mauvaise analyse des intellectuels qui l’entourent, le remède dépassé ne tient pas la route. Il produit un coup d’Etat avec lui et une rébellion avec Gbagbo.

 

Si un homme vient au pouvoir sans le résoudre comme veut faire Gbagbo, il va briser ce pays et produire une sécession que je ne souhaite pas pour mon pays. Avant, il fallait exclure le candidat. Aujourd’hui le FPI doit exclure des militants. La guerre civile rode autour de la Côte d’Ivoire il faut prendre garde. Les élections ne sont pas une porte de sortie de crise chez nous mais un temps pour exacerber la « Boréophobie ».


Shalom
Kokhav Koné Abou Bakary Sidick
Porte Parole de la Kehila des
Limmoudim de Rabbi Ieshoua ha Mashiah
07/80/48/76
konesidick@yahoo.fr
 

 
   

Copyright©guineemoderne 2007,  tous droits réservés.