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GUINEE:
CONAKRY, le
9-03-2010.
Ma réaction
au communiqué du grand Konia
Je suis du Konia et même descendant de Fonikaman le
fondateur même de ce qu’on appelle le Konia.
Damaro (dans Kérouané), Gbèssoba (dans Beyla), Kouankan
(dans Macenta), Djamoulo au(Liberia), Séguéla dans (la
côte d'ivoire) etc., sont des capitales des Diomandés,
c’est à dire de tous les Camara qui se réclament du Roi
Fonikaman et de son frère Kossamba.
Bien que très fier de cette épopée de nos ancêtres,
aujourd’hui nous devons être de véritables militants de
la république et notre combat doit s'inscrire dans cette
logique. Cependant, je constate qu'il y a un vide en ce
qui concerne l'histoire du
grand Konia. Ceux qui assimilent le Konia a des entités
comme le Sankaran ou le Woulada etc. dans le Manding
démontrent une méconnaissance totale de l’histoire et de
la géographie a propos du Konia.
Moussadou l’un des plus vieux villages de toute la
Guinée, a été fondé par Moussa le Guerzé, mais a été
élevé par Fonikaman Camara et son frère Konsaba au rang
de capitale de leur royaume le Koniaba.
Ce Koniaba qui existe depuis le 13eme siècle a englobé
le Simandou, le Koninko, le Mandou, le Konokoro, le
Moidou, le Gbè, le Kolibirama, le Maou, le Boussé, le
Worodou, le Maana, le Koudou, le Gboni et le Bassando.
Géographiquement parlant ce Konia couvre les aires comme
Kouankan dans Macenta, le tout Beyla, Simandou, Koninko
et Mandou dans Kérouané, Djamoulo au Liberia, Séguéla et
Ogéné en Cote d’ivoire etc. Bien que dérivé du Manding
pour l’essentiel, le Konia est un peuple a part entière
avec ses spécificités linguistiques et culturelles. (Le
Coucou, le Diagba, et le Goumbé) sont quelques preuves
de la concrétisation de cette réalité culturelle qui
nous est propre.
Le Konia est comme le Bâté (Kankan) l’exemple parfait de
l’intégration entre manding originaux Camara, Conde,
Keita, Kanté devenu Doré et Kané et les Sarakolés
commerçants Souaré qui ont fondé la sous préfecture de
Gnonsonmorydou, les Doukourés fondateurs de Doukouréla
l’un des 5 premiers villages du Konia, Donzo et autres
Fofana
Malgré cette richesse particulière de notre identité,
l’on continue de nous considérer comme une minorité
mandingue qui peut être représenté par KOUROUSSA, KANKAN
OU SIGUIRI quand il s’agit de représentativité
nationale. Notre paradoxe est que nous sommes accusés et
persécutés quand les malinkés le sont et oubliés quand
il s’agit de leur en donner. Par nos patronymes les
Koniakés sont très vite associés a la fameuse
nomenklatura PDGISTE bien que personne ne se souvient du
nom d’un seul ministre de cette contrée.
Sans pour autant essayé d’être politiquement correcte
j’aurai dit autrement ce qui a été dit dans ce
communiqué avec moins de subjectivité et plus de sang
froid. Cela dit, Il faut replacer cette revendication
dans son contexte. Ce n’est que le
résultat d’une frustration que les koniakés ressentent
depuis l’indépendance. Ce groupe ethnique s’est senti
marginalisé dans la représentativité au niveau des
postes de décision dans l’administration centrale. Je
pense que c’est humain et cela
se passe même dans les grandes démocraties. Les
américains d’origine espagnole ont particulièrement
remercié le président Obama pour avoir choisi Sonia
Sotomayor une des leurs comme l’un des juges de la cour
suprême des USA. Et les américains d’origine asiatique
revendiquent la prochaine vacance à cette même cour.
C’est donc légitime que les koniakés revendiquent une
représentativité dont ils ont été sevrés depuis
cinquante ans. Il n’y a de raison a cette exclusion que
le mépris que les hommes du pouvoir ont eues pour les
gens de ce terroir. Sinon comment expliquer qu’en
cinquante ans qu’il n’y est aucun responsable
significatif de Kérouané et de Beyla dans la sphère de
l’état guinéen ? Un manque de cadre ne peut le
justifier. Administrativement Beyla est l’un des
premiers postes administratifs de la guinée
française.(1905). L’école y est encore plus vieille.
L’école de Damaro par exemple a été créée en 1939 par
mon grand père et le célèbre Mamadou Traore « Reotra »
en a été le premier instituteur. Mon grand père lui-même
était sortant de l’école des fils de chefs de Katy au
Mali depuis 1901. Qu’on ne s’y trompe pas donc cette
partie de la guinée n’a aucune leçon de patriotisme à
recevoir de qui que ça soit. Qu’on arrête de nous
chanter le refrain de cette unité nationale au nom de
laquelle nous avons été toujours relégués à l’arrière.
Beaucoup ont trouve par exemple le gouvernement Jean
Mari Dore « équilibré » . Et bien sous bien des angles
et comme toujours il n’y a aucun de Konia. Nous savons
nous battre quand il le faut. Le Konia a non seulement
engendré Samory Touré, mais n’était pas en reste dans la
conquête de l’indépendance du pays.
La prise de conscience de la nécessité de s’organiser
par les koniakés ne date pas de ce communiqué. Déjà il
existe une coordination du Konia qui été créée sous
l’égide de feu El hadj Mory « Peryssac » Kourouma et qui
est présidée de nos jours par l’ex commandant Moriba
Kourouma a Conakry. Une réunion du Konia a été organisée
a Moussadou en octobre 1998 qui a connu quand même la
participation de 3762 délégués venus de partout. Ce
communiqué a incontestablement des imperfections que
l’éthique de la démocratie ne peut tolérer. Cependant il
s’inscrit parfaitement dans la logique d’une démarche
que le Konia a entreprise pour se faire entendre autant
faire se peut de manière unitaire pendant et après le
prochain joutes électoral.
Merci
Amadou Damaro Camara
Atlanta USA
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