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GUINEE:
N'ZEREKORE,
le 31-1-2008.
Quand
les symboles de souveraineté disparaissent les uns après les
autres.
Après
l’accession de la Guinée à l’indépendance, le 2 Octobre
1958, le premier régime avait à l’esprit de relever les défis
du développement face aux colons français, anciens maîtres
d’hier. Il construisait alors des écoles, des usines, des hôpitaux,
des villes, des édifices publics, des centres de recréation etc.
Parmi eux, citons le Palais du peuple sis à l’entrée de la
presqu’île du Kaloum, à Conakry. Le Jardin du 2 0ctobre situé
juste en face de ce Palais. Un peu plus loin, dans la commune de
Dixinn, sont
somptueusement implantés l’université Gamal Abdel Nasser
(UGANC) qui porte le nom du leader égyptien Nasser, et le stade
du 28 Septembre.
A
N’Zérékoré, on nota l’implantation de la Scierie au sud-est
de la ville, sur la route qui mène au célèbre lycée Alpha Yaya
Diallo (AYD) et à Yomou. L’hôpital régional, la Poste(ou
sotelgui), l’Inspection d’académie, le Commissariat central,
le Marché central, l’école Mamadou Konaté, sont domiciliés
dans le grand quartier de Momou. La préfecture, construite par
Teliwell Diallo, alors administrateur à N’zérékoré est
l’un des plus beaux bâtiments de la ville sans compter la résidence
du préfet actuel, logée à la bouche du quartier Tilépoulou et
celle du gouverneur située à la rentrée de N'Zérékoré sur la
nationale No.1. Sur la même route en
direction du grand marché
de N'Zérékoré,
il ya le stade qui a prit le fameux nom "stade du 3 avril", et
la maison du parti d'alors qui a aussi changé
de nom.
Pour s’y rendre à partir du centre ville, vous traversez
obligatoirement le marigot Tilé dont les rives abritent le camp
militaire Béhanzin. Le lycée Félix Roland Moumier quant à lui,
est implanté à Gonia, l’un des quartiers chauds de l’ouest
de la ville.
Tous
ces symboles sont de nos jours éprouvés, s’ils n’ont
d’ailleurs pas disparus, par les intempéries de la nature ou
par la négligence du pouvoir public. Parlons concrètement de la
Scierie de N’Zérékoré. Autre fois, fierté de toute une
province, la Scierie dont les groupes électrogènes
alimentaient toute la ville, a cessé de répondre aux nombreux
besoins des populations locales depuis belle lurette. On y
confectionnait des contreplaqués et beaucoup d’autres produits
destinés à la consommation locale, régionale et même
sous-régionale. Ses
travailleurs qui exprimaient à la fois un symbole urbain et une
fierté, ont longtemps été remerciés ou compressés par
l’administration quelques annees après la prise du pouvoir par
l'armée.
Les
grumiers ou camions de cette usine qui caracolaient chaque jour
sur les routes de la région ont disparus et avec eux des
chauffeurs qui, ont soit crevé sous le poids de la pauvreté et
du stress, soit suite à des maladies bénignes qu’ils n’ont
pu traiter par manque de moyens financiers.
Aujourd’hui,
quand vous vous
promenez vers les portes de cette usine, vous êtes frappés par
la mutation. Il semble que des chinois avaient tenté de reprendre
que dire, de réhabiliter ce joyau. Mais les choses ont été plus
compliquées… L’usine est donc entrain de s’étioler. Elle
meurt à petits feux.
Autre
symbole fort que l’on ne voit plus dans la ville, c’est la
sonnerie de cette usine,
qui annonçait le début et la fin de la journée des
travailleurs. Oui, cette sonnerie utile a
aussi disparu du quotidien des N’zérékorékas.
Dans
l’ensemble, les symboles de souveraineté implantés par
l'ancien régime pendant 26 ans, meurent les uns après
les autres. De nos jours, les routes, autrefois
carrossables, se sont transformées en des tombeaux
ouverts. La belle ville de N’Zérékoré est envahie par la
poussière.
Le
dynamique maire
Gbouo-Cé Loua et ses conseillers doivent agir. N’Zérékoré
affectueusement appelée par les visiteurs ‘’petit Paris ou
encore gbèrèssèdougou Paris’’, a vite besoin de retrouver son
lustre d’antan, sa splendeur, sa beauté. Les routes ont grand
besoin de restauration. Les édifices n’attendent que le coup de
pinceaux pour
briller. Les vieux groupes électrogènes sollicitent un punch du
gouvernement pour vrombir. Les fils de la région aussi ne
devraient pas croiser les bras partout où ils se trouvent. Quand
la patrie est en danger, il faut la sauver, entend-on dire. Alors il est temps de sortir la capitale de la Guinée
forestière des oubliettes des différents régimes guinéens.
Le
coup d’envoi de la journée ‘’ville propre’’
donné par les autorités locales en Novembre dernier, est un
signe annonciateur de la volonté de changement. Cela devrait se
poursuivre et se répéter pour que cette ville, synthèse de la
Guinée, soit la vitrine du sud.
Cé Mamy
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